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DÉTOURNEMENT à KHOMBOLE : Le gérant du crédit mutuel aux arrêts

Après avoir écouté les parties dans le détournement d’argent à Khombole, les juges ont mis l’affaire en délibéré.

Source Le Soleil
Après avoir écouté les parties dans le détournement d’argent à Khombole, les juges ont mis l’affaire en délibéré.

La somme emportée est estimée à plus de 7 millions de francs. Ce qui porte un sacré coup à l’institution financière et, par ricochet, à ses clients. Lors de sa comparution, Lamine Faye a servi un discours truffé de contre-vérités.

Le délit est grave, très grave même, a laissé entendre le président du tribunal, qui a rappelé que ce même délit est réprimé par l’article 152 du code pénal. Depuis le 6 février 2004, le désormais ex-gérant du crédit mutuel de Khombole est en taule. Il en est ressorti pour quelques heures, le temps d’éclairer la lanterne des juges.

C’est à deux jours de la célébration de la Tabaski ou fête du mouton que Lamine a eu à faire un appel de fonds sous prétexte d’alimenter les caisses du crédit mutuel. La somme demandée était de 7 millions de francs. Elle était destinée, selon l’ex-gérant, à payer les salaires des employés. Il reçoit le pactole et contacte le caissier pour la remise des clefs du coffre-fort afin d’y garder le fric. C’est le lendemain également que notre bonhomme a pris ses cliques et ses claques pour se rendre à Ndiaganiao, son village natal, aux fins d’y passer la fête. À son retour, le mis en cause déclare au personnel que le coffre est totalement vide. Les 7 briques avaient mystérieusement disparu, selon toujours ses allégations. La nouvelle tombe dans l’oreille de son chef de service. Lequel alerta les pandores de la brigade de Khombole pour constater de visu si effectivement le coffre avait subi une effraction. Ces derniers, une fois sur les lieux, font état d’absence de traces d’effraction. Par ailleurs, la porte d’entrée n’a pas du tout été endommagée. Simulacre ou vol avéré ? En tout cas, la première thèse fut la plus plausible pour les hommes en bleu qui placèrent l’ex-gérant en garde à vue avant de le déférer au parquet pour détournement de deniers publics. C’est également par ordonnance de renvoi du magistrat instructeur du premier cabinet qu’il a été présenté au tribunal pour le même délit. Cependant, le prévenu n’a toujours pas varié dans ses propos. Il a toujours déclaré que son coffre a été fracturé. Par qui ? Mystère.

Cependant, pour le ministère public comme pour le président, rien n’est clair dans les déclarations du prévenu qu’ils n’ont pas hésité à prendre avec des pincettes. Pour eux, le prévenu n’avait pas droit à cette autorisation d’appel de fonds de 7 millions puisque l’enveloppe est fixée à 5 millions. C’est cela la grande nébuleuse. Ensuite, il y a que le coffre en question a été trouvé intact. Par ailleurs, l’agent n’a pas du tout servi à payer les bénéficiaires, encore moins les salaires comme l’a toujours prétendu l’ex-gérant. Toutes choses qui ont fait penser à un simulacre de vol. Même un spécialiste requis pour confirmer ou infirmer l’assertion avancée par le prévenu a pu constater que le coffre n’a pas du tout été endommagé. La brèche fut ouverte pour Me Kane de la partie civile qui soutient fortement que le prévenu a bel et bien détourné le pactole. « C’est un plan qui a été mûrement réfléchi », avance-t-il. Le conseiller de la partie civile a réclamé la totalité de la somme détournée et 3 millions de francs à titre de dommages et intérêts.

Quant à Me Alioune Sène, il affirme que cette affaire est entourée d’incertitudes.

Selon lui, un problème de sécurité s’est toujours posé au niveau de la mutuelle implantée sur une superficie de 6 00 m2 sans un mur de clôture. Pour étayer ses propos, il rappelle la série de cambriolages perpétrés dans d’autres mutuelles de la région et ailleurs. Reconnaissant toutefois la faute professionnelle commise par son client, Me Sène demande, sur la base de l’article 457, sa relaxe au bénéfice du doute. Affaire à suivre.


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