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DETTES IMPAYEES PAR L’ORGANISATION DU FESMAN Vers une révolte internationale

Un groupe d’hôtel de 150 chambres réclame ses 125 millions

La société chargée du transport confisque 450 œuvres du festival

La commissaire de l’exposition ferme sa page aux mails

C’est la révolte totale chez les artistes et autres créanciers du festival mondial des arts nègres qui s’est tenu à Dakar. Ces derniers ne peuvent plus attendre. L’hôtel qui avait livré 150 chambres aux organisateurs, réclame ses 125 millions, tout comme la société qui avait transporté les œuvres jusqu’à Dakar, pour rentrer dans ses 43 milliards, a confisqué des œuvres d’arts.

125 millions à un groupe d’Hôtel

Le Festival mondial des arts nègres (Fesman) qui s’est déroulé du 10 au 31 décembre 2010 à Dakar, continue de faire parler de lui. Pas pour sa réussite artistique mais, pour sa gestion contestée. Ils sont nombreux, les acteurs, qui réclament encore leur sous. C’est une ardoise de plusieurs milliards que les organisateurs du Fesman doivent aux artistes, aux hôtelleries pour ne citer que ceux-là. Et l’on s’achemine, tout simplement, vers une révolte internationale des créanciers, contre l’Etat du Sénégal. Dans la capitale sénégalaise, à Dakar, on compte encore les ardoises du comité de coordination, dirigé à l’époque par la fille du président Abdoulaye Wade, Sindiély, et dont l’organisation était sous la direction d’Abdoul Aziz Sow. C’est à eux que les différents créanciers réclament plusieurs milliards de francs Cfa. A titre d’exemple, un groupe hôtelier attend toujours le règlement d’une centaine de chambres réservées, au dernier moment. Montant de la facture : 125 millions de FCFA. Cet hôtel court depuis, derrière cet argent qui devrait relancer ses activités.

450 œuvres du festival confisquées

Ce ne sont pas seulement les hôtels qui réclament leur sous aux organisateurs du Festival. La société qui a transporté 450 œuvres exposées au Festival mondial des arts nègres (Fesman) de Dakar, en 2010, n’a toujours pas été payée par le Sénégal. Pour marquer le coup, elle a, tout bonnement, refusé de restituer leurs biens aux artistes. Une situation qui compromet la tenue de la prochaine Biennale d’art de Dakar et qui prend en otage les 117 artistes plasticiens qui y ont participé, car, la société LP art, chargée par les organisateurs de transporter les œuvres, refuse, avec intransigeance, de restituer les œuvres, tant que les organisateurs du Festival n’auront pas payé la facture. « On nous a demandé de récupérer 300 œuvres dans 35 pays différents et de les acheminer au Sénégal, à Dakar, dans le délai ultra court d’un mois. Une mission difficile que nous avons pu réussir, parce que nous y avons mis le prix. En janvier, au moment de nous payer, on nous a demandé de réduire le montant de la facture, ce que nous avons fait. Puis, les organisateurs ont coupé tout contact. Nous avons, alors, fait le choix de garder les œuvres, jusqu’à ce que notre facture de 670 000 euros soit réglée; somme à laquelle, il faut ajouter, maintenant, 39 000 euros, de frais de stockage en douane », explique Jean-Bernard Pret, chef de service Foire internationale à LP art dans jeune Afrique. « La commissaire de l’exposition Florence Alexis, qui a été l’interface entre nous et l’État du Sénégal, ne réagit plus aux mails depuis bien longtemps déjà », se désole l’artiste ivoirien, Ernest Duku, dont cinq des œuvres sont concernées. « Nous avons essayé de joindre Aziz Sow, le délégué général du festival, ainsi que son adjointe, Sindiely Wade, en vain. Celle-ci avait promis d’envoyer une lettre aux artistes pour s’expliquer… nous l’attendons toujours », s’exclame, de son côté, le Franco-Béninois William Wilson.

Sambou BIAGUI


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