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Deux défaites successives à Ziguinchor : Est-ce le chant du cygne pour Robert Sagna ?

S’il y a quelque chose qui préoccupe aujourd’hui les socialistes de Ziguinchor, ou plutôt ceux restés fidèles à l’édile de la capitale du Sud, c’est bien l’avenir politique de Robert Sagna. La pertinence de cette question réside dans les événements politiques qui rythment depuis quelques mois la vie de ce dinosaure politique que d’aucuns placent en ce moment au crépuscule de sa vie politique. Cet homme qui n’a jamais connu de défaite dans son fief de Ziguinchor, durant tout le règne socialiste, court aujourd’hui derrière une victoire qui le fuit depuis 2002. En moins de trois mois, c’est la seconde fois que Robert Sagna essuie une défaite.

Source : Walfadjri

Battu pendant la présidentielle dans sa commune même, avant de l’être dans le département, le chef de file de la coalition Takku Défarat Sénégal subira un second revers face à un Parti démocratique sénégalais plus fort que jamais, et à un homme au début d’une prometteuse carrière politique : Abdoulaye Baldé. Robert Sagna est-il victime de l’alternance ? Il ne serait pas hasardeux de répondre par l’affirmative à cette question. Car, c’est en 2000 que Ziguinchor échappa pour la première fois à cet homme dont le nom reste lié à l’histoire récente de cette ville. A l’épreuve du temps, la capitale du Sud sera secouée par la ‘marée bleue’ qui renverra le vieux Parti socialiste dans l’opposition. La survenance de l’alternance venait de mettre un terme à la suprématie du Ps, et donc, de Robert Sagna à Ziguinchor. Surpris, affaibli et harcelé par les ‘nouveaux maîtres’, l’édile de la capitale du Sud cédera une seconde fois aux élections législatives de 2001.

Face à cette nouvelle donne, fallait-il faire l’expérience de l’opposition ou danser au son de cloche de la transhumance ? Devant ces deux possibilités qui s’offraient aux tenants du désormais ancien régime, Robert Sagna choisira la première option, convaincu qu’il était que la débâcle du 19 mars 2000 n’était qu’un simple incident de parcours. Il réorganisera et remobilisera ses troupes dans la perspective des élections locales. La lutte pour la conservation de la dernière forteresse ‘verte’ fut rude. Mais finalement, Robert Sagna remportera son ultime combat, qui était pour lui et son parti, le combat de la résurrection. Du coup, la mairie de Ziguinchor restera socialiste. Avec cette défaite, les libéraux ratent l’occasion d’en finir avec un adversaire gênant. L’enfant de Brin prend ainsi sa revanche sur les bleus qui ont osé ‘l’humilier’ devant ses administrés en remettant en cause sa toute puissance et perçant son invulnérabilité.

Depuis lors, Robert Sagna cherche la formule la meilleure pour revenir au devant de la scène. Avec des amis, il créera alors le courant ‘ Démocratie et solidarité’ au sein du Parti socialiste. Ce que les observateurs soupçonnaient finit par se concrétiser : le maire de Ziguinchor affronte le suffrage des Sénégalais à l’élection présidentielle. Dans son fief, il fera face à des libéraux qui ont décidé de lui faire regretter sa décision d’affronter leur patron, Abdoulaye Wade. A la tête d’un commando, Abdoulaye Baldé réussira son pari en donnant au candidat de la coalition Sopi 2007 une large victoire à Ziguinchor. Un succès qui prive Robert Sagna de son plus grand plaisir dans ces joutes : gagner chez lui.

Revigorés par cette victoire, les libéraux qui se promènent dans la capitale du Sud comme dans une ville conquise, récidiveront en infligeant un second revers à la coalition Takku Défarat Sénégal de Robert Sagna. Deux défaites en moins de trois mois, n’est-ce pas trop pour un homme politique de cette envergure?, s’interroge-t-on à Ziguinchor. Robert Sagna se présentera-t-il aux prochaines locales ? Si oui, cette élection ne sera-t-elle pas celle de trop ? Un début de réponse a été donné à ces questions pendant son meeting de clôture à la place Bambaya, lorsque l’intéressé lui-même lie son avenir politique à l’issue des élections législatives, en déclarant en substance : ‘Je saurai après ces élections si vous êtes prêts à continuer avec moi cette expérience.’ Si les propos tenus ce jour-là semblaient dessiner cet avenir, il serait prématuré de s’aventurer sur ce terrain mouvant au risque de s’enliser. Reste maintenant à savoir si cet homme ne sacrifiera pas ses convictions et ses principes sur l’autel du pragmatisme et du réalisme pour couronner une riche carrière politique en sortant par la grande porte.


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