28 août, 2014
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Deux questions au directeur de la communication de la SENELEC sur la fraude sur l’électricité « C’est un manque à gagner de 20 milliards…»

Deux questions au directeur de la communication de la SENELEC sur la fraude sur l’électricité « C’est un manque à gagner de 20 milliards…»

Mamadou Diallo se prononce sur le piratage du réseau qui, dit-il, contribue à la détérioration de la qualité de service. Au moment où la société nationale d’électricité fait savoir qu’elle allait commencer à faire des facturations par estimation.


A combien évaluez-vous la fraude sur l’électricité ?


Le SENELEC estime la fraude à 20 milliards. C’est dire que la fraude a atteint un niveau record. Parce que 20 milliards sur le budget d’une société nationale d’électricité, avec toutes les difficultés que la SENELEC a traversées, ces dernières années, en plus de ses contraintes et obligations vis-à-vis de la clientèle, font que la fraude contribue à détériorer la qualité de service. C’est la principale conséquence. Parce qu’elle ne nous permet pas de récupérer l’ensemble des ressources de l’entreprise pour faire face à nos obligations. 20 milliards, c’est une enveloppe assez importante qui aurait dû nous permettre de mieux satisfaire la clientèle, en termes d’approvisionnement en combustible, d’entretien et de maintenance des unités de production et d’investissement. De ce point de vue donc, la fraude impacte très négativement sur l’activité de l’entreprise. Il s’y ajoute que les fraudeurs ne font pas attention à leur consommation. Dans la mesure où ils estiment qu’ils ne paient pas l’électricité. Donc, ils consomment sans gène. Ce qui, au niveau de certaines zones, contribue à déséquilibrer le réseau. Parce que ce sont des consommations qui ne sont pas déclarées et prévues par l’entreprise. Par conséquent, quand ces consommations atteignent un certain niveau et dans certains zones, elles créent des perturbations au niveau du réseau électrique.

Qui sont les fraudeurs et quelles mesures avez-vous prises pour y parer ?

C’est au niveau de l’ensemble de la clientèle qu’on constate la fraude, principalement, les industriels, les Pme Pmi et aussi des clients domestiques, au niveau des foyers. Donc, c’est dire que c’est réparti, en tout cas, sur l’ensemble de la clientèle. Nous les identifions. Parce que nous avons des instruments pour le faire. D’abord, le premier de ces instruments, ce sont les équipes de relève qui les constatent (les fraudes) sur le terrain. Ensuite, nous avons des instruments de mesure, par rapport à ce que les clients déclarent et ce qu’ils consomment réellement, parce nous avons ce qu’on appelle les anomalies et les restitutions de la facturation qui nous permettent, après analyse, de nous rendre compte que le client n’a pas consommé à son niveau normal. A partir de ce moment, nous pouvons mettre en branle des équipes pour aller vérifier sur le terrain, s’il ya effectivement fraude ou non. Donc, nous avons retenu de mettre en place des compteurs électroniques. On a déjà commencé. Il y a un programme qui est en cours. Ces compteurs sont plus sécurisés et inaccessibles aux clients. En plus, il y a la nouvelle norme qui se met en place progressivement, qui permet de mettre le compteur, en dehors du domicile de l’abonné, pour les clients domestiques et de le protéger pour le rendre inaccessible. En dehors de cela, il y a les équipes qui font les vérifications régulières sur le terrain, pour détecter la fraude et en tout cas, entamer la procédure de répression, telle que édictée par le cahier des charges et règlements de SENELEC.

Entretien réalisé par Omar Ndiaye (Rewmi Fm)

REWMI QUOTIDIEN