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DÉVERSEMENT DE PRODUITS TOXIQUES PAR LES RUSSES À SANGALKAM L’UCAD alerte sur une contamination de la nappe phréatique

  • Date : 23 juin 2016

Un fait inédit est train de se passer dans la région de Dakar sans que les autorités ne prennent de sérieuses mesures pour mettre un terme à ce grand banditisme environnemental. Il s’agit d’une usine de transformation halieutique pilotée par des Russes. Selon nos sources, ces derniers, protégés par un groupe d’autorités de ce pays, déversent jour et nuit des déchets toxiques dans un puits traditionnel transformé par l’exploitant en fosse. Le Laboratoire d’analyses et d’essais de l’Ucad, qui a réalisé un test, révèle une forte présence de taux d’azote.
Selon une enquête réalisée par Rewmi Quotidien, auprès de plusieurs personnes de la société AtlantickSea Food, une « bombe » écologique est en train d’être créée sans que personne ne pipe un mot. Un tour aux alentours de l’usine nous a permis de constater les activités malsaines de cette société de transformation halieutique. Cette société, sur les images que nous avons prises, déverse 24/24 ses eaux usées et toxiques dans un petit puits, utilisé comme une fosse septique. Ce puits est rempli, depuis des mois ; pis l’eau toxique qui dégage des odeurs nauséabondes est déversée dans les champs proches de l’usine.Le Laboratoire d’analyses et d’essais, de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), à qui on avait confié l’analyse de ces eaux usées de la société AtlantickSea Food SA, révèle dans son rapport du 15 mars 2016, que l’échantillon présente un fort taux d’azote. Par conséquent, le laboratoire avait recommandé à la direction AtlantickSea Food de faire un pré-traitement avant l’évacuation des eaux sous peine de contaminer la nappe et l’environnement.

La population locale piétinée par des gros bonnets

La sociétéAtlantikSea Food qui se trouve exactement dans le quartier Noflaye, dans la Commune de Sangalkam, a fini de mettre en danger la vie de ses voisins immédiats. À en croire Moustapha Tine, président du Collectif des jeunes de Sangalkam, « il résulte que l’administration d’AtlantickSea Food à décidé de ne pas dépenser de l’argent pour la construction des installations d’épuration et de canalisation et d’évacuation des déchets et des eaux usées directement dans le puits en créant par ses actions un danger non seulement pour l’écologie de Sangalkam mais aussi pour la santé des habitants locaux car les eaux usées peuvent s’infiltrer facilement dans la nappe phréatique et polluer les eaux des puits que les habitants utilisent.»
Le Collectif avait déposé plusieurs plaintes contre les agissements de cette usine, en vain. Pour le président Moustapha Tine, « il ya un du‘’je m’en foutisme’’ dans cette affaire. La question que nous nous posons est la suivante : le profit est-il plus précieux que la vie des gens et sommes-nous prêts à mettre en danger l’environnement pour le gain de qui que ce soit ? Nous appelons les autorités particulièrement le ministre de l’Environnement et du Développement durable, à effectuer des enquêtes nécessaires et situer la responsabilité des individus coupables », peste-t-il.

Les ministres concernés observent le silence

Le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime, Oumar Guèye, par ailleurs Marie de la Commune de Sangalkam, est bel et bien au courant des manquements que l’on reproche à cette usine de transformation des produits halieutiques. Selon le président du Collectif, Moustapha Tine, « plusieurs plaintes ont été déposées aux services qui relèvent de son ministère et jusqu’ici, rien. La direction de l’usine nous a même défiés en disant que cette affaire n’ira nulle part. Car, ils disent qu’ils ont de l’argent et qu’ils connaissent ce pays autant que nous. Puisque nous croyons à la justice de notre pays, nous demandons à cette institution de faire son travail car l’heure est grave ».
Selon nos sources, une plainte a été déposée à la gendarmerie de l’environnement basée au Port de Dakar. Cette unité aurait fini son enquête et a déposé ses conclusions à la Direction de l’environnement qui relève des compétences du ministre Abdoulaye Bibi Baldé. Ce dernier est aussi sous mode silencieuse malgré les rapports des institutions indépendantes. Selon toujours nos sources, la gendarmerie aurait même donné un délai de 45 jours pour que la direction construise des fosses, mais les Russes restent réfractaires malgré la menace de l’autorité militaire.

Maxim Palamarchuk, un des actionnaires

Il était la tête de cette usine, l’une des plus puissantes de l’Afrique de l’Ouest, pendant les travaux, avant de se faire débarquer par le Conseil d’administration. Aujourd’hui, cette société est dirigée par ArtemBektimirove. « C’est à la fin de 2013 que nous avons démarré les travaux. Mais avant fin 2014, ils m’ont fait démissionner de la direction et ils ont démarré les travaux qui du reste sont sans suite. Ils utilisent un puits que la population utilise aussi pour leur fosse. Cela ne répond à aucune norme environnementale. À mon avis, si on veut aider la population, il faut qu’on termine les travaux de l’usine et pour pouvoir employer plusieurs jeunes », confie M. Palamarchuk. Selon lui, il mène, aujourd’hui, un combat humanitaire. Et de renchérir : « Quand nous avons su, nous avons fait appel à un huissier de justice pour faire le constat et nous avons effectué des analyses chimiques qui révèlent, effectivement, qu’il y a un danger réel sur la santé des populations. Il faut que les institutions qui s’occupent de l’environnement fassent attention à cette situation qui risque de coûter cher à la population sénégalaise. Le gérant de l’entreprise est préoccupé, aujourd’hui, par le soucis de gagner de l’argent mais pour ce qui est de la santé de la population locale, il n’en a que faire ».
Difficile d’avoir la version des autoritésde la société incriminée car le dossier est jugé très sensible. Nous avons tenté de les joindre mais ils n’ont pas voulu donner leurs versions des faits. La question qui taraude les esprits est celle de savoir qui protège donc ArtemBektimirove, Directeur général de la société AtlantickSea Food ?

Enquête réalisée par Ibrahima Khalil Diémé

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