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Diagne Fada réclame toujours sa proximité avec Wade

Libéral, l’ancien ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature, il réclame toujours une proximité avec Me Abdoulaye Wade qui constitue son idole et sa référence politique. Mieux, Modou Diagne Fada soutient qu’il ne posera aucun acte allant dans le sens de saborder le quinquennat du président Wade, pour avoir participé à son élection. Aujourd’hui, son défi est de réaffirmer son leadership dans le département de Kébémer, son fief. Et, il compte sur le renvoi d’ascenseur de la part des militants d’Idrissa Seck dont l’amitié lui vaut une traversée du désert depuis deux ans. Mais aussi des frustrés du Pds et autres partisans d’Ousmane Tanor Dieng et de Moustapha Niasse. C’est la preuve que la bataille de Kébémer sera l’une des attractions de ces législatives.
L’actualité politique, c’est la décision prise par une dizaine de présidents de conseil rural du département de Kébémer de soutenir la Coalition “ Sopi 2007 ”. Est-ce que ces départs portent préjudice à la Coalition « Waar-wi » ?

Il faut d’abord confirmer les départs. C’est vrai que la presse a fait cas du départ de certains présidents de communautés rurales qui me soutenaient. Mais, tel n’est pas le cas. Certes, certains ont été reçus par la tête de liste de la Coalition Sopi, seulement ces présidents de conseil rural n’ont jamais été avec moi. Dans le département de Kébémer, nous avons 16 communautés rurales. Et depuis fort longtemps, nous en avons eu quatre ou cinq qui soutenaient l’autre tendance. Mais l’écrasante majorité est restée avec Modou Diagne Fada jusqu’au moment où je vous parle. C’est vrai que quelqu’un comme Khalifa Dia, le Pcr de Guéoul, est dans la Coalition Sopi, alors qu’auparavant il était avec moi. Mais, ce qu’il faut dire en ce qui le concerne, c’est qu’il a été déjà de l’autre camp avant qu’il ne vienne me rejoindre par la suite. C’est une sorte de va-et-vient entre deux tendances.

Le fait de faire une fixation sur ces départs ne constitue-t-il pas une manière d’alléger le poids de Modou Diagne Fada dans le département ?

Non ! Vous savez, ce qu’il faut déplorer, c’est cette tentative de débaucher des gens qui soutenaient Modou Diagne Fada. Je crois que si l’on sent la nécessité de m’enlever des personnes, c’est parce que, quelque part, on craint mon poids électoral. Ce que les gens ont toujours nié. ALors, comme je ne représentais rien, je ne vois pas pourquoi, un chef de coalition sent-il la nécessité d’aller débaucher des gens qui étaient avec moi. Du fait que je ne représente rien, on devrait me laisser avec le peu dont je dispose. C’est la preuve qu’en réalité ils savent que je représente un poids électoral. C’est cela la lecture que j’ai de cette situation.

Ne s’agit-il pas alors d’une stratégie de démantèlement de Modou Diagne Fada et de la Coalition Waar-wi dans le département de Kébémer ?

Cela revient au même. Car, ces tentatives sont la preuve qu’ils admettent que je représente quelque chose. Après deux ans de combat, de mise à l’écart, de marginalisation, de lobbying pour me séparer de certains éléments de ma base, ils se rendent compte que ces gens-là sont toujours avec moi. Quelque part, c’est une certaine impuissance de leur côté pour m’enlever ces présidents de communautés rurales. Mais, maintenant, l’enjeu, c’est de savoir quelle est la tendance qui va partir aux législatives avec le plus grand nombre de Pcr. Et, c’est clair que Fada le sera.

Est-ce que c’est lié au fait qu’à côté de ces Pcr, vous avez investi sur la liste nationale d’autres notabilités du département ?

Je suppose que la Coalition Sopi qui est notre principal adversaire dans le département de Kébémer va mettre beaucoup de moyens financiers, alors que je n’en dispose pas. Alors, la stratégie que j’ai mise en œuvre pour la contrecarrer, c’est d’investir les fils du terroir sur la liste nationale à côté de ceux qui se trouvent sur les départementales.

À un moment donné, les gens ont pensé que Fada avait enterré la liste Waar-wi. Aujourd’hui, vous êtes partant pour les législatives. Qu’est-ce qui explique cette situation, d’autant plus que vous avez été constant dans votre soutien à Me Wade ?

Ce qu’il faut dire, c’est que même au mois de décembre dernier, quand Waar-wi a été créée, nous avions dit clairement que nous allions soutenir Abdoulaye Wade à la présidentielle et nous présenter aux législatives. Nous avons voulu rester constant à l’engagement pris devant les Sénégalais. Car, il faudrait que les hommes politiques apprennent à respecter la parole donnée, à être constants. Nous avions promis aux Sénégalais d’aller seul aux législatives, nous devons respecter cet engagement. C’est vrai qu’après avoir soutenu Abdoulaye Wade, le 25 février dernier, il était plus facile de nous ranger sur sa liste et d’aller battre campagne avec lui pour nous retrouver calmement à l’Assemblée. Seulement, les Sénégalais qui nous avaient entendus, allaient dire que Fada est comme tous les autres politiciens. C’est-à-dire qu’il dit quelque chose aujourd’hui et fait le contraire le lendemain. Alors que je veux cultiver auprès des Sénégalais une certaine image d’un homme constant, d’un homme cohérent et transparent.

Est-ce à dire qu’il s’est agi pour vous d’une sorte de baroud d’honneur pour éviter que l’homme politique qu’est Modou Diagne Fada ne soit enterré définitivement ?

Modou Diagne Fada est difficile à enterrer politiquement. Je pense que si les gens avaient les moyens de le faire, depuis deux ans, on ne parlerait plus de moi. Je trouve que Dieu me protège encore. Et je prie pour qu’Il continue de le faire. Mais, il est clair qu’on ne peut pas m’enterrer.

Alors qu’est-ce qui fait la force politique de Modou Diagne Fada ?

C’est le fait que Fada soit un homme de convictions, d’engagement. Mon histoire politique, assez récente, est jalonnée de combats pour l’approfondissement de la démocratie, pour la défense des causes justes. Aussi, il faut y ajouter le fait que très tôt, j’ai cru à la base. Je me suis dit que ce qui fait la force d’un homme politique, ce n’est pas d’avoir beaucoup de diplômes ou d’être un très grand intellectuel, mais simplement d’avoir une base forte et solide. Mais aussi et surtout de rester collé à celle-ci. Il ne se passe pas de week-end où je ne suis pas dans le département de Kébémer, à Darou Mousty ou dans la région de Louga. C’est cela qui fait qu’il est difficile de me « tuer » politiquement.

Si les choses se passent bien, Fada entre à l’Assemblée nationale. Alors, en ce moment là, qu’est-ce qui va changer dans votre démarche politique ?

Ce qu’il faut d’abord dire, c’est que nous avons un bulletin très joli de couleur blanche avec des contours bleus et comme symbole un dromadaire, un animal apprécié par le Prophète Muhammed (Psl) et très résistant. Ainsi, nous avons voulu montrer que nous sommes un homme politique résistant. Maintenant, l’ambition n’est pas d’être présent à l’Assemblée nationale, c’est d’être, au pire des cas, deuxième derrière la Coalition Sopi. Et nous travaillons sérieusement pour atteindre cet objectif.

Est-ce que dans ce cas, vous allez bénéficier de soutien de militants de votre ami Idrissa Seck, ou bien des autres leaders de l’opposition qui ont choisi de boycotter ces législatives ?

Écoutez, nos cibles sont clairement définies. Il y a d’abord les gens avec lesquels je partage le Pds et qui sont frustrés, marginalisés et combattus par les responsables à la base. La destination naturelle de ces gens, c’est la liste Waar-wi. À cela s’ajoutent les gens de l’opposition. Car, je suppose que ceux qui ont voté pour Idrissa Seck n’hésiteront pas à le faire pour Modou Diagne Fada ; compte tenu d’un certain nombre de paramètres. Mais aussi du fait que, si je traverse une situation difficile, c’est à cause, quelque part, d’Idrissa Seck. Je pense que le moment est venu pour ces militants de me renvoyer l’ascenseur du fait qu’Idrissa Seck n’est pas candidat. Aussi, les militants du parti socialiste doivent savoir que, dans le régime actuel, je fais partie des éléments les plus positifs, les plus progressistes et les plus démocratiques. Et s’ils veulent que l’entourage du président change, ils ne vont pas voter pour Robert, encore moins pour Souty Touré. Pour la bonne et simple raison que si Tanor n’est pas arrivé au second tour, c’est parce que ces gens-là l’ont abandonné. Donc, les militants, pour pouvoir montrer leur détermination et leur représentativité, doivent voter pour la liste Waar-wi. Sans compter les Sénégalais qui pensent que Fada est un homme qu’on a voulu écarter et qui ne le mérite pas.



Mais, véritablement, irez-vous directement vers ces militants ?

J’irai à la pêche de tout le monde. D’ores et déjà, certains m’ont contacté à l’image des frustrés du Pds ou du boycott par le Ps, l’Apf des législatives. Ils ont dit qu’ils vont voter pour moi. C’est pourquoi, lorsqu’on dit que Waar-wi est affaibli, je trouve que c’est tout à fait le contraire. Car, il y a un boulevard à prendre, parce qu’il a été laissé vacant par l’opposition. Mais aussi les militants et les responsables laissés en rade par les investitures du Pds.

L’ambition de Waar-wi, vous l’avez dit, c’est d’être la deuxième force politique à l’Assemblée nationale. Est-ce que ce sera une sorte de monnaie de rechange par rapport au président Wade ?

Me Abdoulaye Wade reste mon idole, ma référence politique. Il ne peut pas y avoir de chantage politique entre Me Wade et moi. Car, j’ai une part de responsabilité dans ce qui va se passer dans les cinq prochaines années pour avoir élu Abdoulaye Wade. Mon souhait, c’est que Me Wade réussisse son mandat, qu’il obtienne de bons résultats pendant son quinquennat. Donc, il n’y a pas de raisons que je puisse, après les législatives, me positionner en opposant qui l’empêche d’exercer sa mission. Les Sénégalais vont nous élire et nous allons être des députés du peuple. Nous accepterons les lois que nous jugerons bonnes pour les Sénégalais et nous combattrons celles que nous trouverons mauvaises pour nos compatriotes.

Ces derniers temps, il a été beaucoup question de Karim Wade, comme probable dauphin de Me Wade. Pour avoir fréquenté cette famille, Me Wade, son fils Karim et les autres, qu’est-ce que vous pensez réellement de cette affaire ?

Je crois que Karim Wade est un Sénégalais qui peut avoir des ambitions de devenir président de la République. Ce n’est pas parce qu’il est le fils du président de la République qu’il ne doit pas avoir des ambitions présidentielles. En ce qui me concerne, il n’y a pas de problèmes. Car, ce sont les Sénégalais qui, à travers des élections, vont décider de celui qui va succéder au président de la République. Georges W. Bush est le fils d’un ancien président américain et il est probable que Hilary Clinton soit la prochaine présidente des Etats-Unis.

Une dernière question. Est-ce que la bataille de Kébémer tant attendue aura lieu ?

En tout cas, la bataille de Kébémer peut avoir lieu, comme elle peut ne pas avoir lieu. Je sais qu’ils ont deux ministres comme tête de liste, un questeur à l’Assemblée nationale investi ; le directeur de la Société nationale de recouvrement, le directeur général du Port autonome de Dakar, un ambassadeur et des hommes d’affaires. C’est sûr qu’ils vont déployer des moyens colossaux pour conquérir le département de Kébémer. Mais, au Cayor, nous sommes des hommes d’honneur qui ne croient pas au pouvoir de l’argent. Nous croyons à certaines valeurs et je suis sûr qu’elles vont nous permettre d’arriver en tête au niveau de ce département. Et, à partir de ce moment, cela ne devra pas être un surprise. Si Modou Diagne Fada gagne, cela entre dans l’ordre naturel des choses. Car, face à toutes ces personnes prises individuellement, je suis de loin, le plus représentatif.

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