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Dialogue national- Karim Wade, l’absent si présent au dialogue

L’ombre de Karim Wade a plané sur les murs du Palais. Il a été beaucoup question de sa libération, lors de la cérémonie de lancement du dialogue national, samedi.

Karim Wade, candidat désigné du Parti démocratique sénégalais (Pds) à la prochaine présidentielle et qui purge actuellement une peine de six ans de prison ferme pour enrichissement illicite, a été tacitement au centre des discussions lors de la cérémonie de lancement du dialogue national, ce samedi, à la présidence de la République. En effet, le détenu le plus célèbre de Rebeuss a été l’absent le plus présent. Plusieurs intervenants ont fait allusion au fils d’Abdoulaye Wade sans le nommer, notamment en demandant au chef de l’État d’accorder sa grâce à ce dernier. Le tonitruant avocat, Me El Hadji Diouf, a été le premier à aborder, sans ambages, le sujet qui ‘’fâche’’ au Palais. Pourtant, avocat de l’État pendant le procès de Karim Wade devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), El Hadji Diouf a interpellé directement le chef de l’État en ces termes : « M. le Président, accordez la grâce à votre jeune frère, Karim Wade. C’est un Sénégalais qui a perdu sa femme, dont les parents sont vieux et qui a des enfants. Vous avez accordé, le 4 avril, la grâce présidentielle à 500 Sénégalais. Karim Wade est un Sénégalais et a droit à cette grâce. » Il ira même jusqu’à implorer le président Sall de faire preuve de magnanimité : « Un président doit avoir le culte du pardon. Monsieur le président, on vous assure que vous êtes le roi des arènes, vous êtes le plus puissant. Le procès de Karim est fini. Donc, je vous demande de le gracier. Ceux qui vous disent quand il sortira, il va vous créer des problèmes se trompent. »
Même son de cloche chez le représentant des libéraux au dialogue national. Embouchant la même trompette, Oumar Sarr, Coordonnateur national du Pds s’adressera à Macky en lui faisant savoir qu’on ne peut pas avoir une démocratie apaisée, alors que « nous sommes la principale force de l’opposition et en même temps le parti le plus traqué du pays ». Et de renchérir : « Notre candidat, Karim Wade, est en prison et nous pensons que vous pouvez nous aider à le faire sortir ». Non sans rappeler l’opposition de son parti à une juridiction d’exception comme la Crei. « On ne peut pas avoir un dialogue constructif dans une démocratie apaisée si le candidat du Pds est maintenu en prison », ajoute-t-il. En tout cas, le chef de l’État n’a pas souhaité répondre dans l’immédiat aux interpellations de Me El Hadji Diouf et Oumar Sarr mais il se susurre dans les arcanes du Palais que l’affaire Karim Wade connaitra un dénouement heureux d’ici sou peu.

Pape Diop, Idy, Gackou boycottent

Idrissa Seck, Pape Diop ou encore Malick Gackou ont tous boycotté l’appel au dialogue de Macky Sall. Pour Pape Diop, président de la Convergence démocratique Bokk Gis-Gis qui est actuellement en tournée dans la région naturelle de la Casamance, un dialogue fécond et inclusif ne peut plus se tenir. À son avis, la classe politique tout comme les organisations de la Société civile qui vont défiler au Palais de la République vont participer à un « cirque ». Un avis largement partagé par Idrissa Seck président de Rewmi qui n’a pas daigné participer au dialogue. Que dire de Malick Gackou, leader du Grand parti ? L’ex numéro 2 de l’Alliance des forces de progrès (Afp) a fait savoir que le dialogue est un échec. Pour lui, c’est un simulacre de dialogue car n’étant pas la résultante d’une volonté politique manifeste afin de discuter sans ambages de l’État, de la Nation et de ses perspectives.

Mouhamadou BA

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