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Abdou Diouf (g.) a passé le témoin le 1er avril 2000 à Abdoulaye Wade. © Pierre Verdy/AFP

Dialogue politique : Diouf et Wade, ces médiateurs improbables

Macky avait visé haut lorsque, confirmé par le Conseil constitutionnel comme le vainqueur de la Présidentielle, il avait demandé aux anciens Présidents Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, de s’impliquer pour la réussite du dialogue républicain auquel il avait appelé.

En fait, il s’agissait d’un appel à la médiation pour rapprocher le camp présidentiel de celui de l’opposition qui se sont toujours regardés en chiens de faïence.

Malheureusement, nous doutons fort que ces hautes personnalités visées puissent agir. Non qu’ils n’en ont pas la volonté pour ‘’l‘intérêt supérieur du Sénégal’’, mais la question est ailleurs.

Pour Abdou Diouf, 18 ans après avoir quitté le pouvoir, il n’aura pas encore envie de ‘’regarder dans le rétroviseur’’. Il s’est limité à une posture républicaine de non-ingérence, a assumé des relations au sein de la Francophonie de fort belle manière et n’aura aucun besoin de se mouiller.

Certes, ses relations avec Macky sont bonnes, pour ne pas dire excellentes. Le jeune étudiant devenu Président admirait sans doute son prédécesseur, n’imaginant jamais le remplacer, un jour. Aujourd’hui, il lui voue un respect presque sacré et ne se prive pas sans doute de l’écouter lui donner certains conseils…

Nous pensons d’ailleurs qu’il y a beaucoup de ‘’diouf’’ dans le ‘’mackyavélisme’’.

En conséquence de quoi, l’opposition ne lui aurait sans doute pas prêté une oreille attentive, étant entendu que Diouf s’affiche, à bien des égards, comme l’ami de Macky.

Quant à Wade, on l’imagine, jusqu’ici, dans le camp de l’opposition, même si son absence de soutien formel à un candidat fait réfléchir.

L’ancien Président qui ne se soucie vraiment que de la mise sur orbite politique de son fil,  a perdu, de facto, l’autorité qu’une bonne frange de l’opposition lui aurait apportée s’il l’avait soutenue.

Personne ne connait les intentions actuelles de Wade qui s’est tu comme une carpe lorsque la victoire de Macky avait été annoncée. Une victoire qu’il avait fortement prédite.

Comme Ousmane Sonko et Idrissa Seck, l’opinion aimerait savoir ce que pense réellement Wade de cet appel au dialogue et surtout à la médiation. Et son silence n’est que pour prolonger la suspicion à son égard. Or, on ne peut pas être juge et parti, médiateur et acteur.

C’est fort de ces raisons que nous pensons que les deux médiateurs désignés ne pourront pas rapprocher les deux camps. Déjà leur ‘’neutralité’’ est sujette à caution.

Et ils ont laissé pourrir la situation et l’opposition s’est, entretemps, davantage radicalisée.

Pourtant, rien n’est encore perdu. D’auteurs acteurs comme la Société civile, le Clergé catholique, les marabouts, les amis du Sénégal, etc. peuvent davantage s’impliquer dans cette dynamique.

Barthélémy Dias, de la coalition Idy 2019, n’a pas rejeté le dialogue sur les ondes de la Rfm hier, il le veut simplement ‘’sincère’’.

C’est ainsi que l’on pourra amener les uns et les autres à rapprocher les positions. Sauf à préciser, encore une fois, que Macky ne pourra y réussir que si des actes forts sont posés, comme la libération de Khalifa Sall et le retour de Karim Wade.

C’est seulement à ce prix que les prémisses d’une restauration de la confiance entre acteurs pourront s’amorcer et un vrai dialogue voir le jour.

Car, ce qui est sûr, c’est que le Sénégal en a besoin. Car, avec la publication prochaine d’un livre blanc par Idy2019, on devra mesurer le degré de suspicion qui pèse sur le fichier électoral venant notamment de cette frange importante de l’opposition.

Ainsi,  toute élection organisée dans ces conditions fera l’objet de graves polémiques, sans oublier le risque de boycott d’acteurs.

Il faudra alors en discuter, sécuriser le processus et tranquilliser tous ceux qui s’y impliquent.

Un travail titanesque.

Assane Samb

 

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