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Dialogue politique : Le camp du « Non » sera peu disposé

  • Date: 20 mai 2016

Le président Sall a finalement fixé la date du dialogue qui se veut national et inclusif. Après l’avoir annoncé avant le référendum, le chef de l’État vient de sacrifier à une tradition bien sénégalaise théorisée, entre autres, par le père de la Nation, Léopold Sédar Senghor, qui disait que « le Sénégal est un pays de dialogue ». Bien sûr, dans l’imaginaire populaire, le mot dialogue renvoie souvent à fourberie, ce qui ne correspond pas du tout à l’entendement que Senghor a voulu lui donner. Il s’agit bel et bien de discussions pour arriver à des consensus forts dans l’intérêt supérieur des Sénégalais.

C’est alors fort heureux que Macky Sall soit dans cette dynamique. Sur le principe, c’est toujours préférable de dialoguer entre acteurs politiques et entre ces derniers et ceux de la Société civile notamment sur les questions sensibles auxquelles notre pays se trouve confronté.

Malheureusement, nous avons peur qu’il ne soit trop tard pour une partie de la classe politique surtout. Nous pensons, en effet, sans être oiseau de mauvais augure, que les partisans du « Non », durant le référendum, seraient peu disposés à dialoguer. Nous tirons notre conviction du fait qu’il est un peu tard de dialoguer. Il aurait fallu le faire avant le référendum. Ne serait-ce que pour bâtir des consensus autour des points qui devraient faire l’objet de consultations populations.

C’est pourquoi l’opposition, en général, avait très mal pris le fait que la Présidence ait décidé, manu militari, de lui imposer la date du référendum et surtout les points qui devraient être soumis au Peuple. Elle reste convaincue, en effet, que les conclusions des travaux de la Commission nationale de réforme des institutions (Cnri) ont été largement ignorées notamment sur des points importants comme la séparation des fonctions de président de la République et de chef de parti, l’indépendance de la Justice, la séparation des pouvoirs, etc.

L’autre aspect qui risque de fonder la réticence de l’opposition tient au fait que le président de la République a fixé la date d’une façon discrétionnaire sans discuter des Termes de références. Personne ne connait les points de discussion encore moins les personnes ou structures qui vont y participer. Contrairement à ce qu’a été dit dans la presse, aucun cadre n’a été défini.

Pis, le principal parti de l’opposition, le Parti démocratique sénégalais (Pds) a estimé n’avoir même pas reçu d’invitation. À ce rythme, on voit mal comment le Pds, Rewmi, Bokk Guis-Guis, l’Ucs, entre autres, vont, têtes baissées, répondre à ce dialogue.

Il s’y ajoute le fait que les conclusions de telles discussions pourraient ne pas être appliquées par le camp du pouvoir. Il a ignoré une bonne partie des travaux de la Cnri en vertu du pouvoir discrétionnaire du président de la République à décider de la marche de la Nation et des réformes à apporter dans un régime présidentiel comme le nôtre, il ne serait pas gêné de le faire pour ceux issus de ces assises.

Qui va répondre à Macky ?

En tout état de cause, le dialogue reste néanmoins utile et même indispensable. Car, la plupart des points ayant fait l’objet du référendum sont des affirmations de principes et restent théoriques. Il en est ainsi du rôle de l’opposition, de la désignation du chef de l’opposition dont les critères ne sont pas définis, etc.

C’est dire que ces alliés au sein de Benno Bokk Yakaar (BBY) ne vont pas hésiter à répondre au dialogue. Qu’il s’agisse du Ps, de l’Afp, des partis de Macky 2012, de mouvements comme le Mrd de Pape Diouf, etc. Ils monteront toute leur disponibilité à répondre à ce dialogue. Car, ce sera une occasion rare de dire à l’Exécutif ce qu’il faudrait changer ou améliorer dans la marche du pays.

Il va de soi que les organisations de la Société civile ne seront pas en reste. En tant que groupes de pression non préoccupés, en principe, par la conquête du pouvoir, ils ne peuvent pas se payer le luxe de ne pas répondre à un appel au dialogue, une occasion rêvée de dire au pouvoir ce qu’ils pensent des nombreux dossiers sur lesquels ils travaillent. Toutefois, certains mouvements citoyens opteront certainement pour le radicalisme.

Donc, il y aura du monde autour du président de la République et de son équipe. Reste à savoir si le Peuple en tirera un réel bénéfice étant entendu que Macky, manifestement, a voulu surtout corriger une anomalie qui pourrait être une erreur historique, celle de n’avoir jamais dialogué sur les questions importantes auxquelles la Nation se trouve confrontée.

Assane Samb

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