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Dialogue politique pouvoir/opposition- La main-tendue d’Aly Ngouille Ndiaye et… celle invisible de Macky

REWMI.COM- Le tout-nouveau Ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, n’a pas fait dans la dentelle pour signifier à la classe politique de l’Opposition qu’il souhaite que « la page des suspicions et des malentendus » soit tournée. Une fois pour toute.

Conscient du fait qu’il est loin d’être le Messie attendu dans ce landerneau politique où la tension est latente, celui qui a remplacé Abdoulaye Daouda Diallo sait qu’il n’aura pas la tâche facile. Car, il s’agit, pour lui, de faire preuve de bonne foi et surtout d’inspirer confiance.

Alors, il met en avant l’esprit de dialogue en parlant notamment de termes de références sur lesquelles tout le monde serait d’accord pour amorcer des discussions sincères.

Son objectif est clairement affiché, il s’agit d’arriver à des consensus forts et de dissiper les malentendus pour que le jeu politique soit acceptable.

En voilà de très belles intentions. Et nous serions même tentés de croire que c’est le Grand Manitou, Macky, qui lui a tracé cette feuille de route via son Premier ministre Boun Abdallah Dionne.

Le Président de la République qui n’est pas étranger à un tel discours dans notre système présidentiel où les ministres prennent peu d’initiatives de peur de heurter, entend ainsi décrisper la situation politique en donnant des gages de sincérité pour que les échéances électorales futures soient organisées sans anicroches. Ces garanties, les Sénégalais en ont besoin, mais aussi la Communauté internationale.

Personne n’a oublié que l’organisation des dernières législatives a été une catastrophe. Tout le monde ou presque a crié : « Plus jamais ça » ! Car même au niveau de Benno Bokk Yakaar, la coalition au pouvoir, on doit être victime des dysfonctionnements observés.

Alors, le discours d’Aly Ngouille Ndiaye, qui l’honore par ailleurs, est le fruit manifeste d’un briefing en haut lieu.

N’oublions pas que c’est Macky lui-même qui avait parlé de dialogue lors de la fête de Tabaski. Tout indique alors qu’il est, enfin, dans une dynamique de dialogue avec son opposition, lequel n’a vraiment jamais eu lieu sous son magistère.

Donc, la main-tendue d’Aly Ngouille cache mal la main invisible de Macky. Le Ministre parle comme s’il avait plein pouvoir de décider de la marche à suivre. Ses déclarations confondent même son prédécesseur. Tout se passe ici comme si toutes les solutions aux nombreux problèmes invoqués vont être trouvées. Or, tout le monde sait qu’il n’en est rien.

Rupture de confiance

Or, le Ministre et le Président Sall oublient une chose : Le point de discorde le plus important entre pouvoir et l’opposition, c’est la rupture de confiance.

Les adversaires de Macky ne veulent pas d’un Ministre partisan comme organisateur des élections. La réaction de beaucoup d’entre eux, c’est qu’entre Abdoulaye Daouda Diallo et son successeur, les mêmes pratiques vont perdurer.

Car, il n’est pas sûr que tout ce qui s’est passé soit imputable à l’ancien Ministre de l’Intérieur. Il a évolué dans un système avec des choix opérés par ses supérieurs comme la refonte du fichier, le choix de la société malaisienne pour les cartes d’identité numérisées, autant de mesures et bien d’autres qui ne lui sont pas forcément imputables.

Donc, si le système ne change pas et toute la stratégie qui l’englobe, le changement de tête n’y fera rien.

Ce que nous voulons dire, c’est que tout dépendra de Macky et non d’Abdoulaye Daouda Diallo ou d’Aly Ngouille Ndiaye. Il s’agit, ici, de boucs-émissaires, de fusibles que l’on fait sauter pour endosser des responsabilités.

C’est pourquoi nous osons espérer qu’à travers ce nouveau Ministre, on peut percevoir un réel changement de cap avec l’intention des pouvoirs publics de rendre crédible le jeu électoral.

Si la volonté existe, alors qu’importe celui qui sera chargé des élections. La machine va rouler correctement et la mayonnaise va prendre.

Assane Samb/Rewmi quotidien

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Un commentaire

  1. En tout cas le financement des partis n’est ni une priorité de développement, ni une priorité de démocratie
    surtout que les besoins d’accompagnement des secteurs comme la modernisation de la pêche artisanale, l’enseignement privé, le transport public, la santé, le consommer sénégalais…