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Et si on en parlait… Dialogue politique : Rien n’explique l’urgence d’un dialogue

La République n’est pas en apnée. Les Institutions ne sont point bloquées. L’État n’est pas immobilisé. Les services publics comme privés fonctionnent normalement. Le Sénégal n’est pas en crise. L’opposition s’oppose et n’a que ça à faire. Le pouvoir gouverne et c’est sa raison d’être. Alors dialoguer autour de quoi et pour aboutir à quoi ?

Rien n’explique donc l’urgence d’un dialogue national et aucun Sénégalais consciencieux ne souhaiterait que le Sénégal soit dans une situation de crise qui impose une concertation nationale.
Macky Sall cède à la supercherie en convoquant un dialogue national. Président de la République convenablement élu, chef de l’État et clé de voute des Institutions, il devrait prendre ses responsabilités, laisser l’opposition jouir de son droit de le combattre, écouter la Société civile, et conduire la Nation en assumant ses responsabilités qui seront jugées aux législatives dans l’attente de la Présidentielle.

Au-delà de l’homme d’État, l’homme politique qu’il est et qui dispose d’un parti jeune favorisé par les aléas du destin, sa stratégie devrait être de mettre en place son propre dispositif de contrôle des appareils d’État et de son parti pour son élargissement et son ancrage. Il aurait dû adopter la méthode Diouf en 1983 par la suppression de la fonction de Premier ministre dont les principales attributions seraient transférées et confiées au Secrétariat général de la Présidence de la République. C’est de cette sorte que Diouf a réussi à imposer son parti, à le renforcer et à avoir un regard capillaire sur l’État pour bien gouverner le pays.

Les concluions d’un dialogue national seraient préjudiciables à l’APR et à la coalition qui le soutient et qui d’ailleurs est mise à l’écart dans la prise des grandes décisions.

L’erreur politique de Macky Sall est double. Il est trop à l’écoute des attaques de l’opposition et formule même parfois des répliques politiciennes ou étaler une apologie. Il alimente également sans cesse des frustrations de son camp par des parachutages en plus finir.
En y ajoutant un dialogue national superfétatoire avec l’opposition, il ouvre la voie à de nouvelles exigences difficilement soutenables par son parti et ses alliés et que ses adversaires utiliseront comme une épée de Damoclès s’il ne les applique pas.

Il tombera alors dans un piège et se retrouvera pris en otage par le jeu politique aux dépens de la gouvernance qui viserait une émergence. Les Sénégalais, particulièrement les électeurs qui ne sont pas des militants de parti en tireraient des conclusions qui pourraient lui être fatales.

Macky Sall est à sa quatrième année de gouvernance. Il n’a pas encore fait plus et mieux que son prédécesseur. Les Sénégalais s’impatientent jusqu’à caricaturer le pays par « deuk bi dafa macky », boutade significative d’un désenchantement.

L’urgence nationale est conséquemment l’accélération de la cadence comme l’avait souhaité l’ancien Premier ministre, Aminata Touré. Mais à cause de la politique politicienne, de la paranoïa des gens de l’APR, des combines partisanes et des petites querelles de préséance, la cadence n’est même pas encore démarrée pour être accélérée.
Les urgences sont donc ailleurs. Les citoyens veulent que le pays change et évolue. Le temps presse. La place du Sénégal dans beaucoup de domaines de développement n’est pas honorable. Cette élévation du taux de croissance dont on parle n’a point permis une élévation du niveau de vie. C’est cette énigme que Macky Sall doit résoudre et non les antagonismes politiques inextricables à une démocratie !

Le Piroguier

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