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«Diaspora des Affaires», Micheline Pace, coordonnatrice

Le huitième symposium international Diaspora des affaires, organisé par le Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS), aura lieu le 6 Octobre prochain, à Genève. Près de 500 convives– décideurs économiques, politiques, représentants des Sénégalais de l’extérieur, partenaires au développement, pouvoirs publics, secteur privé, entrepreneurs et hommes d’affaires sénégalais et belges, institutions financières internationales – sont attendus à cette manifestation internationale dont la coordination générale est à l’actif de Madame Micheline Pace que nous avons rencontrée pour vous.
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Voulez-vous vous présenter, Madame Pace?

Vivant à Genève, ville internationale par excellence, j’ai toujours été sensible aux réalités politiques, sociologiques et économiques du monde ambiant. Très vite, mes intérêts universitaires se sont portés sur les questions épistémologiques et éthiques – la définition de la personne humaine, la hiérarchie des valeurs, la pyramide des besoins et la justice sociale, le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes, le relativisme culturel et l’universalité des principes, l’exercice des libertés individuelles et la responsabilité sociale, le sentiment religieux et la laïcité, l’identité linguistique, les relations entre la pensée et la langue, la construction de la paix, etc. – Lauréate du prix interdisciplinaire de l’Université de Genève, j’ai complété mon parcours par des spécialisations postgrade en droits de l’homme, en techniques de management et de communication, qui m’ont naturellement conduite vers les métiers de communication et de gestion de projets dans différents domaines, dont le développement et la coopération internationale.



Pourquoi vous intéressez-vous autant à l’Afrique? – Êtes-vous une passionnée?


Globalement, toutes les cultures humaines et les paysages naturels uniques me fascinent. L’Afrique m’a toujours intéressée, vu sa proximité géographique avec le continent européen, les amis africains et sénégalais, en particulier, que je connais ici et là, ainsi que notre langue commune partagée avec les pays de l’Afrique de l’ouest, la 2ème langue internationale. Pour preuve, on dénombre plus de 220 millions de francophones dans le monde dont la majorité se trouve chez vous, selon la synthèse officielle de l’Organisation Internationale de la Francophonie, dont l’honneur revient à un éminent sénégalais, l’ancien président Abdou Diouf, à l’occasion du 40e anniversaire au Sommet de Montreux en 2010. Oui, en cela, je suis une intellectuelle passionnée, fuyant la langue de bois et portée par un étonnement toujours renouvelé, notamment, dans le champ du génie humain, de son potentiel à innover et à dépasser les obstacles, en chaque circonstance et, par conséquent, en son aptitude à transformer la réalité. Afro-optimiste convaincue, je reste confiante dans la prise de conscience de la nouvelle génération pour élaborer des relations Nord-Sud et Sud-Sud où, chaque partie est gagnante, où des partenariats win-win peuvent voir le jour grâce à une nouvelle gouvernance de laquelle de nombreux signes empiriques sont quotidiennement observés et à une gestion des projets autant participative qu’inclusive, concertée plutôt qu’imposée.

Parlons de la 8ème édition du Symposium International « Diaspora des Affaires » dont vous êtes le point focal. Qu’en est-il de l’organisation?

Il faut préciser que c’est l’excellent M. Mbagnick Diop, Président du Mouvement des Entreprises du Sénégal – MEDS – qui m’a appelée pour que je m’occupe de la coordination des actions, en vue de l’avènement de ce symposium à Genève. Une task force a été mise en place, à cet effet.

L’objectif de la diaspora des affaires étant de créer un cadre de concertation entre le MEDS, les Africains établis à l’étranger, les organisations non gouvernementales relatives au sort des migrants, les opérateurs économiques et les partenaires au développement, les officiels étatiques et locaux, afin d’encourager l’engagement de la diaspora en faveur du développement du Sénégal, beaucoup d’entreprises ont été approchées pour y participer. Des rencontres ont eu lieu, notamment, entre M. Diop et M. Pierre Maudet, Maire de Genève, son homologue M. Blaise Matthey, Directeur général de la Fédération des Entreprises Romandes (FER), M. Guy Mettan, Président du Club Suisse de la Presse (CSP), M. Thomas Seghezzi, Directeur de Swiss-African Business Circle (SABC) et la direction de la multinationale suisse Nestlé. Le plateau de Genève à chaud a, aussi, invité, en direct, le Président du MEDS, pour une présentation de l’événement. Tout a donc été mis en œuvre pour que cette 8ème édition se déroule aussi bien que les précédentes qui ont eu lieu à Paris, New-York, Barcelone, Milan, Bruxelles, Montréal, Washington … Avec ses 42’400 membres d’organisations internationales (gouvernementales ou non) et ses 3000 conférences et négociations annuelles, Genève demeure le centre de diplomatie multilatérale le plus attractif où une majeure partie du trade international se passe.

Un message à l’Afrique et, singulièrement, au Sénégal?

L’Afrique sera faite par et pour les Africains. Riche en ressources naturelles autant qu’humaines, elle vit, actuellement, un tournant important, plus confiante dans son potentiel. Elle n’a plus à obéir à un modèle paternaliste; elle sait se réinventer, à tous points de vue. Plus particulièrement pour le Sénégal, il est bon de rappeler que ce beau pays a connu des dirigeants hors pairs, grâce à qui l’Indépendance dont on vient de fêter le demi-siècle ne fut pas synonyme de régimes autocrates violents. Bien au contraire. À la veille de 2012, je ne peux que lui souhaiter des élections libres et transparentes car, le peuple sénégalais, autodéterminé, sait ce qu’il lui faut.

Le linguiste et poète Léopold Sédar Senghor croyait fondamentalement à la valeur créatrice du signe et des symboles qui doivent conduire les affaires de la Cité, à la manière de l’idéal du philosophe Platon. Les leviers culturels et intellectuels, ainsi instaurés, ont largement contribué au rayonnement diplomatique du Sénégal. Aussi, la diaspora des affaires initiée par le MEDS, concourt-elle à la reconnaissance de l’immense potentiel des Sénégalais de l’extérieur pour le développement économique et social de leur pays d’origine: elle constitue un instrument incontournable pour un réel (ré-) investissement dans tous les secteurs vivants du Sénégal.


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