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Diatou CISSE BADIANE, secrétaire générale du Synpics : ‘L’Ordre ne va concerner que les journalistes’

Alors que l’Ordre national des journalistes dont la création est envisagée par les professionnels de l’information n’est qu’en gestation, le futur organe d’autorégulation suscite déjà des supputations. Mais pour la secrétaire générale du Synpics, tous les moyens seront utilisés pour mettre sur pied un dispositif capable d’assainir le métier et de moraliser la profession. Entretien.

Source Walf fafdjri
Alors que l’Ordre national des journalistes dont la création est envisagée par les professionnels de l’information n’est qu’en gestation, le futur organe d’autorégulation suscite déjà des supputations. Mais pour la secrétaire générale du Synpics, tous les moyens seront utilisés pour mettre sur pied un dispositif capable d’assainir le métier et de moraliser la profession. Entretien.

Wal Fadjri : Le Synpics vient d’initier un séminaire dans la perspective de la création d’un organe d’autorégulation.. Qu’en est-il des décisions issues de cette rencontre ?

Diatou Cissé Badiane : Je me réjouis, avant tout, du séminaire de Saly que nous venons d’organiser en partenariat avec le ministère du Nepad, de l’Intégration et de la Bonne gouvernance. Ce séminaire s’inscrit en droite ligne du programme d’action du Synpics. D’ailleurs, tout le monde a compris qu’il y avait une orientation ou un positionnement du Bureau exécutif national en faveur d’un organe d’autorégulation de la profession avec des compétences plus élargies et un pouvoir réel. C’est pour cela que nous avons décidé de nous rencontrer à Saly avec des professionnels des médias, mais aussi des acteurs de la société civile pour leur soumettre ce projet afin de recueillir leurs avis, leurs commentaires et suggestions pour mieux affiner les textes que nous voulons proposer et qui doivent être les préalables à la création de cet Ordre.

Wal Fadjri : Est-ce à dire que ni le Cred, ni le Synpics n’a rempli la mission qui lui était assignée ?

Diatou Cissé Badiane : Il faut faire la part des choses. C’est presque par contrainte que le Synpics se retrouve à s’occuper des questions d’autorégulation, alors que son champ de compétence n’était pas d’en faire. Notre mission au Synpics, c’est la défense des intérêts matériels et moraux. C’est parce que le Cred est en léthargie que les citoyens ont plus tendance à saisir le Synpics pour se plaindre plutôt que le Cred. Aussi, avons-nous pensé que le Cred a atteint ses limites. En tout cas, au nom du Synpics, je rends un hommage appuyé à tous ces confrères, à tous ces aînés qui, à un moment de leur vie, ont accepté d’accompagner la profession sur ce terrain. Mais nous pensons qu’il y a lieu de faire quelque chose. Ainsi, l’une des recommandations fortes de ce séminaire, c’est de mettre en place un mécanisme provisoire d’autorégulation qui peut continuer à s’appeler le Cred mais, dont la composition des instances risque de changer. Et il aura, entre autres mandats, d’approfondir la réflexion sur le projet de création d’un Ordre national des journalistes. Je veux juste apporter une information pour rassurer les juristes : le Synpics n’a ni le pouvoir ni les prérogatives de mettre sur pied un ordre. Seul le président de la République, à ma connaissance, a les moyens et le pouvoir de prendre un décret pour mettre sur pied un Ordre des journalistes. Mais, nous pensons que c’est un processus que nous devons contrôler parce que nous ne voulons pas tuer la profession. Au contraire, nous voulons la renforcer et la revaloriser. C’est pourquoi, nous avons pris les devants pour être une force de propositions alternatives, avoir un document bien fait et conforme aux attentes de la profession. Après cela, nous devrons faire le plaidoyer et le lobbying nécessaires auprès de l’opinion et des institutions pour que ce décret soit mis sur pied.

Wal Fadjri : Sur quels critères allez-vous vous fonder pour renouveler le personnel du Cred ?

Diatou Cissé Badiane : Nous allons approfondir la discussion même si le temps nous est compté parce qu’il s’agit d’avoir cette structure avant la fin de ce mois. Les critères fondamentaux restent les mêmes, mais le changement notable, c’est que la structure provisoire ne comprendra, au départ, que des professionnels des médias, qu’ils soient du côté du patronat ou des rédactions. Et il va de soi que lorsqu’on parle d’autorégulation, on ne peut pas faire fi du critère du professionnalisme parce qu’il faut savoir apprécier où est le manquement à l’éthique. On ne peut pas, non plus, faire fi du critère de probité. On va donc faire valoir ces critères de même que la conviction et l’engagement parce que c’est une fonction qui n’est pas rémunérée et c’est presque du sacerdoce qu’il faut faire vis-à-vis de cette profession. Je vous assure qu’on sera très exigeant sur ces qualités que devraient avoir les membres du Cred new-look.

Wal Fadjri : Peut-on avoir une idée de la configuration de l’Ordre des journalistes que vous voulez créer?

Diatou Cissé Badiane : Les recommandations issues du séminaire vont dans le sens d’approfondir les textes. Nous voulons avoir un champ de vision plus large qui doit nous édifier sur les mandats, les missions, les compétences, la nature des sanctions, le fonctionnement, le financement… Et avec notre consultant qui est un grand juriste qui, par ailleurs, a décidé d’accompagner le Synpics, nous espérons avoir une plus large visibilité de ce projet. Un ordre des journalistes, même s’il a la même finalité qu’un ordre des avocats, ou des médecins qui est de moraliser la profession, ne peut pas forcément avoir les mêmes articles parce que les missions et les rôles sont différents.

Wal Fadjri : Quand cet Ordre verra-t-il le jour ?

Diatou Cissé Badiane : Nous sommes dans un processus et qui parle de processus, parle d’étape à ne pas brûler.

Wal Fadjri : L’Ordre ne va-t-il prendre en compte que le journaliste ?

Diatou Cissé Badiane : C’est un débat qui a été agité et c’est normal. L’histoire du Synpics a été bâtie sur une forte connivence entre les techniciens et les journalistes. C’est un héritage historique. Le Ben du Synpics a le devoir moral de le protéger parce que, dans des contextes difficiles, les gens ont réussi quelque chose ensemble. Et nous pensons que c’est aussi cela la force du Synpics. Il n’est donc absolument pas question de toucher à cet héritage. Mais, même si nous sommes ensemble, les responsabilités et l’impact de nos boulots respectifs sont différents. Et je pense que c’est la profession de journaliste qui pose problème. En effet, les plaintes que nous recevons, mettent en cause des journalistes et non des techniciens ou des preneurs de son même si, par rapport aux pratiques professionnelles, au respect de l’éthique et de la déontologie, il y a des choses à dire de ce côté là. C’est la fonction de journaliste qui fait problème et l’ordre a la mission de la réguler. C’est pourquoi l’Ordre que nous envisageons de créer ne devrait concerner que le journaliste.

Wal Fadjri : Une chose est de vouloir créer un Ordre, une autre de faire adhérer les éditeurs de presse à ce projet. Comment comptez-vous vous y prendre ?

Diatou Cissé Badiane : Nous n’avons pas d’appréhension. Les éditeurs de presse ont un intérêt dans cet Ordre. Plus vous avez des journalistes crédibles et soucieux de l’éthique et de la déontologie, plus votre entreprise de presse est forte. La jonction est possible. On avait invité les patrons de presse à ce séminaire, ils ne sont pas venus mais, en tout état de cause, nous allons en faire l’évaluation. Il est prévu des séries de concertations et nous aurons le temps nécessaire de rencontrer les patrons de presse et de discuter avec eux qui, sont, pour la plupart, des journalistes. Nous recueillerons leurs avis et suggestions, car notre mission première, c’est de bâtir le consensus le plus large.


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