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DICTATURE AUX PORTES DU SÉNÉGAL- Le peuple gambien « livré » à Jammeh

 Une dictature sévit en Gambie, depuis plus de 20 ans. Le chef de l’État, Yaya Jammeh, y a instauré un régime d’exception basé sur la répression et la violation des droits de l’homme. La presse est muselée et les opposants embastillés.

C’est ainsi qu’une manifestation pacifique a été violemment réprimée, jeudi dernier, à Serrekunda, avec de nombreuses arrestations notamment de responsables du Parti démocratique uni (UDP). L’un de ses leaders, l’opposant Solo Sandeng, le Secrétaire national à l’organisation a trouvé la mort en détention. Or, c’est un secret de polichinelle que la torture est monnaie courante dans les prisons gambiennes.

C’est pourquoi, des organisations des droits de l’homme comme Amnesty International ont demandé l’ouverture d’une enquête indépendante pour déterminer les circonstances de la mort de cet opposant. L’arrestation concomitante de Fatoumata Jawara qui serait gravement blessée a heurté nombre d’observateurs.

Une mort de plus dans un pays où journalistes et hommes politiques disparaissent s’ils ne sont pas simplement assassinés.

Ces évènements surviennent dans un contexte particulier de fermeture de la frontière entre le Sénégal et la Gambie étouffant économiquement  ce pays qui subit des disfonctionnements importants dans la fourniture d’électricité et des hausses de prix de denrées, entre autres désagréments.

Pendant ce temps, la Communauté internationale ne s’émeut nullement. La preuve, l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) a même prévu d’y organiser sa prochaine session après la Turquie. Banjul, la capitale gambienne abrite le siège de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Un paradoxe pour un pays où aucun droit n’est respecté.

De même, la Cour de justice de la Cedeao l’a condamné à trois reprises pour non-respect des droits de l’homme, sans effet. Un coup d’épée dans l’eau.

C’est dire que les Gambiens sont laissés à eux-mêmes. Pire, ils sont à la merci de Jammeh, presque livrés au dictateur. Les condamnations de sa politique sont récurrentes mais rien n’est fait depuis 20 ans pour y mettre un terme.

Pendant ce temps, des pays comme l’Iran ou des élections démocratiques sont organisées ont subi, pendant des décennies des sanctions de la part des pays occidentaux

Jammeh qui a fait sortir son pays du Commonwealth reçoit presque « un blanc-seing ». Il peut tout faire, sans crainte. Tout se passe comme si la Cedeao, l’Union africaine (Ua), l’Onu étaient hypnotisés par un président-charlatan dont les sautes d’humeur sont à la mesure des croyances macho-fétichistes.

C’est à cela qu’il faudra mettre fin. Le manque d’intérêt économique ou géostratégique pour la Gambie ne doit pas justifier l’impunité dont Jammeh jouit. Il a même reçu un coup de pouce des États-Unis qui avaient arrêté un de ses putschistes de nationalité américaine.

Les Gambiens sont sous le coup d’une peur permanente. Ils n’osent même pas prononcer le nom de leur président en public ou en privé. Les services secrets sont partout, la répression permanente.

Il urge alors pour la Communauté internationale d’agir pendant qu’il est encore temps. Jammeh n’est pas un rempart contre l’intégrisme religieux et il est inutile de lui chercher des échappatoires de ce genre. Le peuple gambien est très pacifique et ne comprend pas un tel désintérêt de la Communauté internationale à son égard. Et tant que la situation économique est acceptable, elle peut subir et résister, mais si la donne change comme cela semble et le cas avec la fermeture de la frontière avec Dakar, les révoltes peuvent se multiplier et la répression de même. L’exemple burundais est là pour nous le rappeler à tout moment.

La seule solution est d’obliger Jammeh à respecter le droit fondamental du peuple gambien à exercer ses droits civiques et civils dans un État démocratique respectueux des normes internationales.

Assane Samb

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