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Didier Awadi, un engagement nourri par la foi

Pionnier du rap au Sénégal et plus généralement en Afrique, Didier Awadi est un artiste engagé. Il raconte à La Croix Africa la place de la foi catholique dans sa vie.

 « Un artiste africain, avec un passeport sénégalais », c’est ainsi que se présente Didier Awadi, 49 ans, pionnier du rap en Afrique francophone. « Mon père est venu du Bénin et ma mère, du Cap-Vert. Ils se sont rencontrés à Dakar et nous y sommes nés, raconte-t-il. Je me définis donc comme un Africain. »

Arborant un large sourire sous sa crinière de dreadlocks, le rappeur prévient : « mon sport favori, c’est l’humour ». Mais sa mine devient sérieuse quand il parle de religion. « Toutes mes actions, mes faits et gestes sont guidés par les préceptes de ma religion », confie-t-il.

De père et de mère catholiques, Awadi a reçu cette foi en héritage. « Bien que je ne sois pas du genre à affirmer ma religion partout, elle guide ma vie, et alimente mes valeurs morales », ajoute-t-il.

Pour Awadi, c’est à travers la prière que l’on peut écouter Dieu et lui parler. « Il est le créateur de tous les êtres vivants », rappelle-t-il. Aux yeux de cette icône du hip-hop africain, il est important d’essayer, malgré les faiblesses inhérentes à tout être humain, de rester connecté à Dieu. Vivre à fond son engagement en faveur de la justice sociale est, selon lui, une façon de « concrétiser l’Évangile qu’il écoute tous les dimanches à l’Église. »

Parcours

Awadi a, depuis sa tendre enfance, baigné dans le milieu de la musique. Il a commencé à pratiquer le smurf – danse de rue – très jeune. « C’était la mode pour les jeunes à l’époque puis, nous avons commencé à faire du rap », explique-t-il.

En 1989, il forme le groupe de rap Positive Black Soul, avec Amadou Barry alias Doug-E-Tee. Les deux rappeurs deviennent les icônes de toute une génération en 1994 avec leur premier album, « Boul Falé » – insouciance, en wolof, la langue la plus parlée du Sénégal. L’année suivante, ils signent un contrat avec le label « Island », s’ouvrant ainsi à l’international.

Awadi décide de poursuivre une carrière en solo en 2001. Il sort un premier album « Parole d’honneur – Kaddu gor », avec des influences africaines. En 2003, il reçoit le prix RFI du meilleur artiste francophone avec des reprises de Salif Keita ou encore Alpha Blondy puis le prix Tamani d’or du meilleur rappeur africain. Très engagé, il participe en 2002 au Forum Social mondial de Porto Alegre au Brésil. Il collabore, en outre, avec l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly, dans deux albums.

En 2007, Didier Awadi initie « Présidents d’Afrique », un spectacle musical, dans lequel il dénonce les dérives de la politique en Afrique et expose les problèmes récurrents auxquels les Africains sont confrontés.
Awadi a pour modèle, dans la musique, Bob Marley et Alpha Blondy. Il voue également une grande admiration à l’ancien président burkinabè Thomas Sankara, dont il a donné le nom à son studio d’enregistrement.

Le rappeur sénégalais s’investit, par ailleurs, dans le social. Il parraine les activités du village Djinaki, dans le sud du Sénégal où son père a grandi. « La plupart de nos actions sociales se font loin des caméras. C’est un devoir pour ceux qui en ont les moyens d’aider les plus démunis. »

Charles Senghor

Auteur: Charles Senghor – La Croix Africa – Webnews

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