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DISCOURS POLITIQUE DANS LES SERMENTS DES IMAMS : L’imam ratib Arona Cissé recadre ses collègues

ZIGUINCHOR – L’immixtion de la politique dans les discours des imams n’est pas pour plaire à l’imam ratib de la grande mosquée de la Paix de « Niéfoulène » à Ziguinchor, Arona Cissé. Ce dernier à qui nous avons rendu visite à son domicile, à Djirigho, martèle d’emblée : « Ce que je dénonce, c’est le fait que les imams viennent jusque-là où l’on prêche pour parler de politique. On fait des critiques pour dire que tel leader n’a pas fait ceci, que tel autre n’a pas fait cela, je dis que ça, c’est le domaine des politiciens . Les imams doivent laisser ce domaine aux politiciens. Nous, notre rôle, ce n’est pas de critiquer. Vous savez, l’imam est libre de faire de la politique, mais en dehors des mosquées. S’il est dans un parti politique, il peut aller le faire dans les meetings en faisant ses critiques ».

Pour ce célèbre chef religieux à Ziguinchor, «le ‘Minbar’ (lieu de prêche pour les imams), ne doit pas servir de tribune pour véhiculer des messages politiques ou régler des comptes. « Le ‘Minbar’ n’est pas une tribune politique pour ces imams-là, parce que dans les mosquées, il y a plusieurs fidèles qui ne sont pas dans les formations politiques. Donc, si vous vous attaquez à un leader, mais ses militants peuvent réagir. Si vous parler de la religion, personne ne réagira et les gens vous écouteront attentivement», ajoute imam Cissé.

Notre interlocuteur a aussi rappelé à l’ordre ses collègues qui passent tout leur temps à se plaindre des opérations de «Soukeurou-Kor» organisées par certaines autorités. «Le deuxième aspect que je voudrais évoquer, ce sont les déclarations dans des mosquées pour dire : ‘Oui tel leader n’a pas donné de sucre, tel a donné à tel imam et nous a laissé en rade’. Et ils les critiquent. Je dis que ces dons-là qui viennent des leaders politiques ou de l’administration à l’endroit des imams, ce n’est pas une obligation, c’est juste une faveur. Mais combien d’imams ne reçoivent pas de dons ? Mais, vous ne les avez jamais entendu crier, parce qu’ils savent que ce sucre-là ou le riz ne feront pas vivre l’imam. L’imam vit, au contraire, en comptant sur Dieu, et l’imam a vécu avant et après les aides. Donc, je crois que c’est une erreur de la part de certains imams qu’il faut rectifier ».

Pour terminer, imam Cissé estime que chaque chef religieux a le devoir d’appeler à la stabilité et à l’apaisement dans la perspective des prochaines échéances électorales, pour que ces élections puissent se tenir dans un parfait climat de détente.

Idrissa Benjamin SANE

Le Populaire

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