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Disparition de l’avion de Senegal Air- Retour sur les véritables raisons d’un crash

Le verdict est sans appel : ‘’L’appareil HS125-700 n’a pas respecté son niveau assigné de vol, lorsqu’il croisait le B737-800. Quant à l’avion de CEIBA, il avait bien respecté le sien, de Dakar à Malabo.’’ Ce que dit le rapport technique du Bureau d’Enquête et d’Analyse pour la sécurité de l’aviation civile du Sénégal (Bea) qui a été présenté, hier, au cours d’une conférence de presse.

Le Bureau enquête et analyse (Bea) Sénégal a rendu public son rapport final sur la disparition de l’avion de Sénégal Air. Amadou Lamine Traoré, directeur général du Bea Sénégal et Adama Diaw, l’enquêteur désigné sont revenus hier sur les circonstances et les causes de l’accident entre l’avion de Sénégal Air et celui de CEIBA intercontinental. L’avion HS 125-700A, qui effectuait un vol d’évacuation sanitaire Ouagadougou (Burkina Faso) Dakar, a disparu depuis le 5 septembre vers 18h12 mn, suite a un abordage avec un Boeing 737-800 de la compagnie équato-guinéenne Ceiba qui assurait la liaison Dakar-Cotonou (Bénin), lit-on dans le rapport présenté par le directeur du Bea Sénégal Amadou Lamine Traoré. Ces deux appareils devaient emprunter la même route (UA601) entre Bamako et Dakar avec un écart de niveau de 1000 ft/ 305m selon leur plan de vol respectif. A la suite de l’abordage entre les deux avions, le HS125-700 A de Sénégal Air poursuit son vol au FL 350=35000 ft =10700m et s’abime en mer. Il ne sera pas retrouvé, précise la même source. Et le directeur du Bea Sénégal d’argumenter : ‘’Le 6V-AIM n’a pas respecté son FL de vol lors du croisement avec le Boeing 737-800’’, a-t-il souligné avant d’ajouter : ‘’L’abordage est dû au non respect par le 6V-AIM de son niveau de vol (FL 340). Pis, signale-t-il l’appareil s’est retrouvé au FL 350 qui était le FL assigné au 3Y-LLC. Les problèmes altimétriques ci-après ont peut être contribué à l’abordage en vol.
Selon toujours le rapport, le 23 juillet 2015, l’avion est détecté au niveau 310 au lieu de 320 assigné par le contrôleur ATC. Le 31 aout 2015, le 6V-AIM est détecté au FL 350 dés qu’il est en contact radar alors qu’il devrait être au FL 360. Le 05/septembre 2015, jour de l’accident, vol aller DKR-OUA, cet avion a déclenché deux alarmes radar pour non respect du FL de vol. L’accident s’est produit au vol retour Ouaga-Dakar a cause de problèmes altimétriques qui ont contribué à l’abordage. En conséquence, le HS 125-700 A à disparu avec tous ses sept (7) occupants, le Boeing 737/800 se retrouve avec la partie supérieure de son volet d’extrémité d’aile (Winglet) droit arrachée et non retrouvée.
L’organisation de l’enquête
L’enquêteur désigné Adama Diaw a mené l’enquête en collaboration avec les enquêteurs du BEA France, de la Guinée équatoriale et du NTSB Américain. L’ASECNA, l’ANACIM, les compagnies SENEGALAIR et CEIBA, les Autorités de l’Aviation civile Algérienne, Burkinabé et Sud Africaine ont aussi apporté leurs contributions. L’enquêteur désigné s’est rendu à Malabo afin de récupérer les équipements du 737-800 pouvant servir à l’enquête. Parmi ces équipements, les enregistreurs de vol ont pu être exploités au BEA France et les équipements relatifs au trafic et collision (TCAS) à Rockwell Collins à Atlanta(USA). L’exploitation des enregistreurs de vol par le BEA France a permis de constater que le Boeing 737/800 a maintenu le même niveau de vol (FL350) durant toute la croisière entre Dakar et Malabo, détaille M Diaw. ‘’Au moment du croisement entre les deux aéronefs, des oscillations sur les trois axes sont notées simultanément en 1 seconde. L’événement n’est pas relevé par l’enregistreur de conversation qui n’enregistre que les deux dernières heures de vol.’’, précise-t-il.
La Navigation Aérienne déclenche la phase d’urgence «DETRESFA»
LE 05 Septembre 2015 à 19H 12mn, le Centre Régional de la Navigation Aérienne (CRNA) déclenche la phase d’urgence «DETRESFA». Les recherches débutent aussitôt avec le FALCON 50 des éléments Français du Sénégal (EFS) relayé par le KING AIR 200 de l’Armée de l’Air Sénégalaise. Le patrouilleur « FERLO » de la marine nationale arriva sur zone le lendemain en renfort. A signaler aussi qu’un avion CASA 235 Portugais ainsi qu’un CASA 235 Espagnol ont participé aux recherches. Finalement, toutes les recherches autour de la dernière position connue de l’avion sont restées infructueuses. La disparition du 6V-AIM avec les membres d’équipage et les enregistreurs de vol, entre autres conséquences, limite les possibilités d’analyse des facteurs causaux de l’accident.
L’équipage de HS 125 est resté inerte après l’abordage. Il n’a plus répondu aux messages et n’a pas non plus atterri à Dakar comme prévu. Un problème de dépressurisation pourrait, probablement être à l’origine de sa passivité. Seuls les enregistreurs de vol du HS 125-700 A auraient pu nous édifier. Suite à l’abordage, le Boeing 737/800 a fait une route directe sur Malabo en s’affranchissant de l’escale programmée de Cotonou. La fin des recherches a été arrêtée le 21 Septembre 2015.

Mouhamadou BA

 

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