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Disparition du tronçon de chemin de fer Louga-Linguère Une page d’histoire effacée 

Un spécialiste du transport ferroviaire affirme que le développement du rail est une condition essentielle au progrès économique. Facteur d’intégration, le chemin de fer favorise les échanges et participe à la réduction des inégalités entre les villes et les campagnes. Le même spécialiste donne un exemple bien simple : Si Dakar, la capitale, et les autres grandes villes du pays connaissent chaque année des difficultés d’approvisionnement en moutons lors des fêtes de Tabaski, c’est en grande partie lié à la disparition de l’axe ferroviaire Louga-Linguère. Depuis l’abandon de l’exploitation de ce tronçon, le transport du cheptel vers les autres parties du pays est devenu plus difficile. Des villages qui ne vivaient que par le petit commerce grâce aux facilités du transport ferroviaire, ont pratiquement disparu de la carte.

Et aujourd’hui, plus personne ne passe par Louga pour se rendre à Linguère car la route Touba-Darou Mousty a éclipsé celle qui relie Louga à la capitale du Ferlo. Conséquences, les échanges commerciaux entre Louga et Linguère, entre le Ndiambour et le Ferlo, n’existent pratiquement plus. Ce qui est dommageable pour les populations de ces deux parties du pays qui, dans le passé, ne faisaient qu’une. C’est avec nostalgie que l’on évoque à Louga l’épopée du train. L’un  des plus illustres fils du Ndiambour, feu le milliardaire Djily Mbaye, avait d’ailleurs commencé ses activités de commerçant dans le train sur l’axe Louga-Linguère comme ‘’Bana-Bana’’, avant d’aller découvrir d’autres horizons et de revenir couvert de gloire et d’une fortune fabuleuse. Aujourd’hui, il ne reste plus rien de ce tronçon qui faisait vivre toute une région. Même les rails qui étaient témoins de cette époque n’existent plus.

Ils ont été vendus à des marabouts affirment les uns, à une clientèle politique prétendent les autres. Toujours est-il qu’ils ont été démontés, arrachés de leur ballast et revendus comme de la vulgaire ferraille. Des kilomètres de rails offerts à une clientèle politique et maraboutiques, c’est de dizaines de milliards de Francs entre les poches de deux ou trois personnes, mais c’est aussi la mort programmée du tissu économique de toute une partie du pays. Cette forfaiture s’est produite sous le régime du Parti socialiste alors qu’ils étaient parfaitement conscients du rôle essentiel du chemin de fer dans le développement d’un pays.

Sidy THIAM

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