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Djibo Kâ et les siens- Par Alymana Bathily-

La caste au pouvoir, au Sénégal, est en train de mener ce qu’on appelait naguère la lutte idéologique, c’est-à dire la manipulation de la culture et de la communication pour le contrôle du « coeur et de l’esprit » du peuple

Or notre pays demeure en 2017 un des plus pauvres au monde d’après  les classements établis par toutes les agences internationales. Notamment ceux de la Banque Mondiale, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Fonds Monétaire International (FMI).

Moins de la  moitié de notre population est alphabétisée. Ce qui nous classe derrière des pays tels que le Togo, la Guinée Bissau et le Mozambique notamment. Une grande partie de la population vit encore avec moins de 1000 FCFA par jour.

La famine sévit encore dans certaines contrées du pays comme on vient d’en faire l’expérience récemment. Le chômage et le sous emploi affectent encore la jeunesse pour laquelle l’émigration clandestine vers l’Europe, l’Amérique et l’Asie apparait souvent comme la seule voie de survie.

On se serait donc attendu, qu’après les propos lénifiants de circonstance, que les observateurs nationaux indépendants ou des voix de la société civile disent un mot ou deux sur la responsabilité de l’homme à l’endroit  du Sénégal. On en conviendra aisément : la responsabilité politique de tout titulaire d’un mandat politique de répondre de son exercice devant le peuple au nom duquel il l’a obtenu est inextinguible.

Celui ou celle qui n’en répond pas de son vivant n’en est pas pour autant exonéré. Il/Elle restera comptable devant l’Histoire. Or ce sont les amis de Djibo Ka, ces Socialistes, Libéraux et apparentés qui ont dirigé ce pays au cours des cinquante dernières années ou qui ambitionnent de le faire, qui ont dressé son panégyrique.

Panégyrique pro domo en réalité !

Il s’agit sous le registre de l émotion et de la compassion,  en détournant le sens des funérailles et du deuil  musulman et en utilisant tous les artifices de la communication de se « laver à grandes eaux », comme on dit ici, c’est-à-dire de se légitimer politiquement. Les attributs d’homme d’Etat, les qualificatifs de patriote, de pondération, de rigueur intellectuelle et j’en passe, s’adressent en réalité, au-delà du défunt  à nos gouvernants.

Il faut voir comment les événements familiaux comme les funérailles qui touchent les hommes et femmes politiques, comme les manifestations publiques, notamment religieuses, sont désormais systématiquement mis en scène, comme ils servent à réconciliations politiques, appels au dialogue et distributions de grâces,  en même temps d’ailleurs que d’espèces sonnantes et trébuchantes.

C’est ainsi que la caste au pouvoir au Sénégal est en train de mener ce qu’on appelait naguère, la lutte idéologique, c’est-à-dire la manipulation de la culture et de la communication pour le contrôle du « cœur et de l’esprit » du peuple.

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