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DOUDOU WADE, MEMBRE DU COMITÉ DIRECTEUR DU PDS « Macky Sall a fait de l’escroquerie politique »

  • Date: 22 février 2016

Membre du Comité directeur du Pds, Doudou Wade a été, samedi dernier, l’invité du Grand Oral. Sur la 97.5 Rewmi FM, l’ancien député libéral a longuement débattu sur la décision du Président Sall de revenir sur sa promesse de quinquennat pour faire 7 ans au pouvoir. Ce n’est pas tout. L’ancien président du Groupe parlementaire libéral s’est également épanché sur les plaintes déposées contre Alioune Sall pour blanchiment d’argent via l’implantation de la Banque de Dakar (BDK) et la création de sa société Sahel Aviation.

Le Président Macky Sall a décidé de suivre l’avis du Conseil constitutionnel en faisant 7 ans au pouvoir. Êtes-vous surpris ?

« J’avoue que je ne suis pas surpris par la décision du Président Sall de suivre l’avis du Conseil constitutionnel. Parce que je savais déjà que le candidat Macky Sall était dans la manipulation depuis le 2e tour de la présidentielle. Avec le temps, la vérité a fini par éclater et les Sénégalais avec moi se souviennent que durant la campagne électorale, il n’a jamais été question et pour Macky Sall et pour le Yoonu Yokkute de faire 5 ans mais 7 ans. La précision étant importante, elle a été faite récemment avec Alioune Tine qui a dit que c’est lui avec le M23 qui sont allés voir le candidat Macky Sall en lui demandant d’accepter de faire 5 ans. Lorsqu’il l’a accepté, il a été applaudi pendant 10 minutes et la cause était entendue pour tous ceux qui voulaient 5 ans notamment la population des Assises nationales. Macky Sall venait de montrer à Alioune Tine qu’il n’était pas un homme capable d’avoir des idées, de les défendre et de les poursuivre. À partir de ce moment, on pouvait comprendre que c’est un homme qu’on pouvait manier très facilement. Après, il est arrivé la confirmation de cette promesse électorale qui n’en était pas une. Cependant, c’était beaucoup plus une attitude pour le candidat Macky Sall de tromperie, d’arnaque, d’escroquerie politique pour venir après son élection et sa prestation de serment, dire partout dans le monde, 9 fois disait un cadre de l’Apr, qu’il allait réduire son mandat de 7 à 5 ans. »

Comment analysez-vous cette décision du Président Sall ?

« Le contrat principal qui liait Macky Sall au peuple sénégalais et ses électeurs, était de faire 5 ans et organiser une élection présidentielle en 2017. Tout le reste n’était que balivernes. Alors, on est arrivé à un moment où il a commencé à négocier le virage de l’escroquerie organisée. Il pousse ses alliés, ses amis, son encadrement à dire qu’ils ne sont pas d’accord (…).  Et le rôle est bien joué. Ensuite, il dit que cela ne dépend pas que de lui mais du parlement. Si c’était un décret, je l’aurais fait, c’est de l’arnaque, de la théâtralisation constitutionnelle et politique. Il arrive à un certain moment où il (Ndlr : Macky Sall) dit ceci : ”Écoutez, ce n’est pas la peine d’en faire, ça dépend de moi et je vais le soumettre à l’Assemblée nationale ou au peuple par référendum”. Son constitutionnaliste nous dit que c’est ok et c’est pour mai 2016. Théâtralisation, montage de pièces. Il va encore chez le marabout à Louga, il s’énerve, il est colère contre son peuple, il dit taisez-vous n’en parlez plus. Ensuite, il sort le 31 décembre pour annoncer une révision constitutionnelle et il passe par une loi au référendum. C’est deux choses totalement distinctes. C’est de l’escroquerie. En passant par l’article 51, il fait un contournement politique qui viole tout son serment, qui viole toute sa promesse, qui viole tout son engagement. Entre temps, il se prépare. Il choisit ses éléments pour constituer le Conseil constitutionnel. Il va prendre un retraité pour en faire le Président du conseil. Tout a été bien monté. Les Sénégalais ont découvert, aujourd’hui, que le Président ne nous a pas dit la vérité. Il (Ndlr : Macky Sall) nous a trompés et il a fait de l’escroquerie politique avec un constitutionnaliste qui s’est dédit. Ce dernier a été payé pour faire ce travail contrairement à son travail universitaire et ses cours de Droit constitutionnel. Ismaïla Madior Fall s’est dédit par rapport à ses propres écrits et à la doctrine constitutionnelle de notre pays. Voilà la situation dans laquelle le Président Sall a mis le pays et nous y ferons face. »

Quelle est la responsabilité de nos institutions par rapport à ce qui s’est passé ?

« L’Assemblée nationale n’est pas concernée pour cette affaire. Il ne faut pas qu’on fasse des confusions. C’est le Président de l’Assemblée nationale qui a été interpellé pour donner un avis et cet avis ne peut lier le président de la République conformément à ce qu’a écrit le Professeur Ismaïla Madior Fall dans son livre constitutionnel. Quant au Conseil constitutionnel, son avis est consultatif. Pour preuve, le Conseil a écrit qu’il s’est réuni en matière consultative. Si cela devait être une obligation, les deux avis, le constitutionnaliste serait assez intelligent pour ne pas seulement demander à deux institutions ou à deux personnes. Parce que ces deux institutions peuvent avoir des avis contraires. Le constitutionnaliste sénégalais serait assez intelligent pour dire dans ces cas de choisir une 3e institution ou une 3e personne pour pouvoir départir. Mais, ce n’est pas un problème de constitution, ce n’est pas un problème de droit, c’est un problème d’éthique, c’est un problème moral. Il y a encore des possibilités, aujourd’hui, pour le Président Macky Sall de sortir de cette situation. En retirant son texte, c’est-à-dire de ne pas aller au référendum. Ça ne sert à rien d’aller au référendum et il pourra dans ces conditions poser le problème de manière claire et attendre le 31 décembre 2016 et appeler les Sénégalais à aller aux élections, en mars 2017. En prenant un grand discours de respect de ses engagements et en posant sa démission. C’est moins couteux, c’est mieux pour lui et le Sénégal saura reconnaître parmi les siens en considérant au moins qu’il a essayé au dernier moment de respecter son engagement. Cependant, il n’est pas capable de le faire (…) Parce que tout en faisant ce contournement, ce chemin tortueux qu’il a pris pour en arriver à ce niveau c’est pour montrer que le Président Macky Sall n’a pas respecté les Sénégalais mais aussi il n’a pas rendu la monnaie à ces 65% de Sénégalais, qui à cause de son engagement ont pris la décision de l’élire et de faire de lui le président de la République, et principalement la Société civile et ceux qui lui ont fait cette proposition. C’est pourquoi, les Alioune Tine et les M23 doivent être les premiers, aujourd’hui, à être devant pour effectivement barrer le chemin à Macky Sall. Parce que, c’est eux qui nous ont mis dans cette situation. Ils sont responsables de tout ce qui s’est passé dans ce pays. Par conséquent, il faut ce combat du respect de nos institutions, de la parole donnée, des engagements pris. Ceux qui étaient allés le voir puissent dire aux Sénégalais qu’ils ont été trompés. Je sais qu’Alioune Tine et le M23 ont été trompés. Voilà la situation dans laquelle nous met le Président Macky Sall. »

Quelle est la position du Parti démocratique sénégalais (Pds) qui, on le rappelle, a préféré garder le silence avant de se prononcer sur la question ?

« On a attendu quelques jours après pour nous prononcer parce que c’était flou. C’est comme une pieuvre qui se déplace. C’est comme les avions israéliens, il y avait trop de poussière. Il est extrêmement difficile, depuis 2012, de situer le président de la République. Il a navigué dans le noir, il a pris des contournements, il s’est renié, il a apporté du flou, il a changé des choses qu’il ne devait pas changer alors que tout était possible. En le faisant avec le Sénat, en le faisant avec l’environnement, est-ce qu’ils ont demandé à aller au référendum alors qu’il était possible. D’abord, il faut que les Sénégalais retiennent que le Pds rejette les propositions de Macky Sall qui ne sont pas des propositions. Le seul problème pour lequel Macky Sall avait des possibilités d’aller au référendum, c’est la diminution de son mandat en cours et son application et des élections en 2017.  Mais, un de ses ministres, journalistes, nous dit comment Macky Sall peut-il aller contre l’avis du constitutionnel et être le premier Président à le faire. Mais oui, il doit être le premier Président à le faire parce qu’il a été le premier Président à dire, avant son élection, élisez-moi, je vais diminuer mon mandat. Ni Senghor, ni Diouf, ni Wade ne l’ont dit. Il a acheté son élection par deux choses. La participation d’un financement occulte, ensuite dire aux gens la garantie, l’échange c’est élisez-moi je diminue ce mandat-là pour 5 ans. Il a été élu sur la base de cela. L’autre me dit, c’est-à-dire Madame l’ancien Premier ministre, pour la première fois un Président a diminué son mandat, non. Parce que Macky Sall n’a pas encore diminué son mandat. Des diminutions de mandat ont eu lieu. C’est quand en 1960 après l’avoir amené de 4 à 7 ans que Senghor l’a amené à 5 ans. De 7 ans, Abdou Diouf l’a amené à 5 ans. Ensuite pour l’amener à 7 ans (…) »

Le Pds va-t-il boycotter le référendum ?

« C’est de la tromperie qui est en train d’être organisée et les Sénégalais seront debout. Pour le Pds, on n’a pas le droit d’aller aux élections référendaires. Dans le budget de cette année, il a été prévu un montant pour des élections en 2016 mais, il faut nous dire c’est pour quelle élection ? C’est encore un détournement d’argent qui est en train d’être organisé. Par ailleurs, nous ne disons pas que le Pds va boycotter le référendum. D’abord, le Pds ne veut pas de cette modification de la constitution. Le problème qui importait pour le Pds, c’est l’engagement du président de la République de tenir sa promesse, son engagement devant les autorités sénégalaises (…) pour l’honneur du Sénégal. »

Des plaintes ont été déposées contre Alioune Sall pour blanchiment d’argent et la création de la société Sahel Aviation. Qu’attendez-vous de l’Ofnac et de la Crei ?

« Je n’attends rien de l’Ofnac. Ce n’est pas une nouveauté. C’est une continuation un peu améliorée de la Commission nationale de lutte contre la corruption qui, pour la première fois, a été une institution faite par nous. Il y a deux différences fondamentales. La première, c’est qu’aujourd’hui, on a permis à l’Ofnac de saisir directement le Procureur et pour ça nous étions sur la voie. La deuxième chose, c’est l’argent. La Commission nationale avait 200 millions de francs de budget en 2012. L’Ofnac est à plus d’un milliard. La seule chose que vous avez entendu dans la presse sur l’Ofnac c’est qu’ils ont attrapé quelqu’un qui a vendu deux permis de conduire à Diourbel. Voilà l’Ofnac. Pour la Crei, vous n’avez pas entendu l’ancien Premier ministre, vous n’avez pas aussi entendu le président de la République qui dit qu’il reconnait, aujourd’hui, que la Crei n’est pas une bonne institution. Eux-mêmes, ils décident qu’il faut réformer la Crei et instaurer une chambre d’appel. Sur l’affaire Pétro Tim, vous savez dans quelle condition ces protocoles ont été signés et ces autorisations on été délivrées ?

Aujourd’hui, c’est le gaz et nous sommes à Cosmos énergie. Cela veut dire qu’il y a une organisation qui a été construite avec un délit d’initié pour permettre au président, à la famille, à la dynastie, de s’accaparer aujourd’hui de notre pétrole et de notre gaz. Et c’est ainsi…que nous en sommes venus à la Banque de Dakar. À la Banque de Dakar, on est allé chercher une des meilleures banquières d’Afrique, Sénégalaise de son état, pour la débaucher. Si cette femme a osé claquer la porte pour quitter la banque en démissionnant et si le président Mamadou Seck que je connais, par ses valeurs, démissionne de la présidence du Conseil d’administration de cette banque, c’est qu’il y a à l’intérieur de cette banque,  des choses extrêmement importantes à voir.  Certains démembrements de l’État ont reçu l’ordre de déplacer une partie de leur trésorerie à la Banque de Dakar. »

Cheikh Moussa Sarr

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