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Doungouss Batil, témoin dans l’affaire Hissein Habré : « J’ai des séquelles au niveau des testicules à cause d’un coup de pied qu’on m’a donné »

« J’ai été arrêté chez ma tante et c’est à partir de la Brigade spéciale d’intervention rapide (Bsir) où on a commencé à me torturer. On m’a jeté dans un caniveau où j’ai trouvé 14 personnes. Quand ils sont venus extraire les morts, on m’a amené avec eux parce que j’étais mourant. On m’a amené à la prison où ils m’ont mis dans un trou. Un médecin m’a donné une injection et trois comprimés et 5 jours après, je me suis rétabli. Par la suite, ils m’ont encore demandé de dire la vérité. J’ai été attaché et torturé, c’est pourquoi j’ai des cicatrices un peu partout. Quand on m’a ramené à la prison, j’avais complètement perdu la raison. Parmi les 14 personnes que j’ai trouvées dans la cellule, personne n’avait la forme. Ils étaient tous mourants. Les motifs de mon arrestation étaient qu’on me soupçonnait d’inciter les jeunes à la rébellion. On me reprochait de faire des talismans d’invulnérabilité aux Hajaraïs et pas pour les Gorams. On m’a bastonné à la prison et j’ai eu des infections et quelques cicatrices. J’ai des séquelles au niveau des testicules à cause d’un coup de pied qu’on m’a donné ».

Awada Guéderké, témoin : « J’ai été attaché, électrocuté au thorax et aux jambes »

« J’étais militaire au 5ème Bataillon de l’Armée nationale. J’ai emmené mon enfant qui était gravement malade à l’hôpital où j’ai passé la nuit avant de regagner mon poste le lendemain. Ce jour-là, ils sont venus m’arrêter. On m’a pris et attaché et conduit à la Dds. On m’a bastonné avant de me jeter dans un trou. J’ai été attaché puis électrocuté au thorax et aux jambes. Par la suite, on m’a mis à la disposition de la Dds mais il n’y a pas eu d’interrogatoire. J’ai été tellement torturé que j’ai des traces de plaies partout au niveau de mon corps. J’ai été arrêté parce qu’on m’avait soupçonné d’établir des liens avec Malloum. Je suis Hadjaraï. Après mon arrestation, j’ai été détenu à la Dds jusqu’au retour de Malloum à N’Djamena. En juin 1982, c’est nous qui avons porté Hissein Habré au pouvoir. On ne pouvait pas se promener tranquillement en tant que Hajaraï à N’Djamena ».

Par Cheikh Moussa SARR

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