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DR MABINGUE NGOM, DIRECTEUR REGIONAL DE L’UNFPA «EN AFRIQUE SUB-SAHARIENNE, ON SERAIT A 30 MILLIONS DE CHOMEURS D’ICI A 3 ANS»

En Afrique sub-saharienne, pas moins de 11 millions de jeunes arrivent sur le marché de l’emploi par an. Et d’après le Directeur régional de l’Afrique de l’Ouest et du Centre du Fonds des Nations unies pour la population, on serait à 30 millions de chômeurs additionnels d’ici à 3 ans, si ce taux de fertilité continue.

Prenant part, hier, au symposium de haut niveau sur le dividende démographique et le développement de l’Afrique, le Docteur Mabingué Ngom ne s’est pas voilé la face. «Pour capter ces dividendes démographiques, chacun doit faire ce qu’il peut. On ne peut pas continuer avec ce taux de fertilité. Dans certains de nos pays, les chiffres sont estimés à 5 enfants par femme. Il en résulte de nombreux problème d’éducation de santé et de formation. Et chaque année, 20 000 filles accouchent en Afrique sub-saharienne », a relevé le patron de l’Unfpa.

Le Dr Mabingué Ngom s’est empressé d’ajouter : «D’après les chiffres de la Banque mondiale, chaque année, 11 millions de jeunes arrivent sur le marché de l’emploi en Afrique sub-saharienne. Alors que seulement 2 millions de jeunes sont absorbés. Donc, il faut travailler sur le taux de fertilité. Car, d’ici 3 ans, si rien n’est fait, on sera à 30 millions de chômeurs additionnels par an».

11 millions de jeunes par an sur le marché, seulement 2 millions absorbés

D’après le Dr Ngom, tant que l’Afrique ne vient à bout de sa croissance démographique, en travaillant sur le taux de fertilité, il lui sera difficile de capter ces dividendes démographiques. «Si chacun met 5 enfants au monde, alors qu’il n’est capable de prendre en charge que deux parmi eux, il se pose un problème d’éducation. Ce n’est pas facile d’en parler dans nos sociétés, mais il faut que chacun mette au monde ce qu’il peut prendre en charge. Il faut réduire ce taux de natalité », a lancé le Dr Ngom.

«Ce n’est pas facile d’en parler, mais il faut travailler sur le taux de fertilité» 

«Ce nombre important de jeunes qui sont dans la rue à ne rien faire, c’est une menace. C’est le temps d’investir dans la jeunesse, de protéger les jeunes, pas avec des armes, je pense que c’est un grand malentendu, parce que dans beaucoup de pays, on pense qu’il faut recruter des policiers, mettre en place des barrières, ça n’aide pas beaucoup», a souligné le Dr Ngom. A en croire le patron de l’Unfpa, si les jeunes sont bien formés et ont la chance d’occuper des emplois productifs, ils ’iront pas chercher par la mer le mirage d’un Eldorado ailleurs. «C’est pourquoi nous devons faire attention dans le choix des investissements. Il ne faut pas seulement faire des ponts des routes, des grosses constructions, il faut investir dans le capital humain pour créer l’espoir au niveau des jeunes et leur donner des options autres que l’immigration et la radicalisation ».

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