Accueil / ECONOMIE / Dr Souleymane Keita sur le taux d’intérêt appliqué « 6,75% sera un goulot d’étranglement pour l’économie sénégalaise »

Dr Souleymane Keita sur le taux d’intérêt appliqué « 6,75% sera un goulot d’étranglement pour l’économie sénégalaise »

Après la lavée des fonds par le Sénégal pour un montant équivalent à 2,2 milliards de dollars, soit environ 1184 milliards de Francs CFA, Dr Souleymane Keita, Enseignant-Chercheur à l’Ucad, a largement fait une analyse sur cette situation. Il juge que le taux appliqué est trop excessif.

Dr Souleymane Keita, Enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a fait savoir qu’il faut saluer au moins les innovations pour le Sénégal de lever des fonds sur ces marchés Mais, le taux d’intérêt appliqué, à son  avis, est trop excessif. À titre d’exemple, pour les causes produisant les mêmes effets, a-t-il expliqué, le taux de financement à 10 ans des obligations américaines est de 2,23%. Celui du Canada est 1,88 ; la Chine 1,48% ; le Japon 0,057% ; la France 0,79% ; l’Allemagne 0,48%. C’est une certitude que les Etats-Unis, la Chine ou l’Allemagne ne sont certes pas le Sénégal, mais le taux de 6,75 % sera un véritable goulot d’étranglement pour l’économie sénégalaise. Selon lui, la dette du Sénégal issue des eurobonds est ainsi directement sujette à la politique monétaire de la réserve fédérale américaine (FED). Cette dernière tient compte uniquement des contingences intérieures américaines pour se déterminer et aucunement celles des Etats emprunteurs. Concrètement, une hausse des taux directeurs du dollar américain par la FED, pour quelconque raison de politique intérieure, entraîne immédiatement une hausse des taux d’intérêt. « La dette du Sénégal sur les obligations internationales peut varier d’un niveau à l’autre sans que les débiteurs n’aient eu leur mot à dire et soient réduits à subir passivement. Cela est particulièrement inconfortable, car la réserve fédérale américaine a amorcé crescendo un relèvement de ses taux depuis septembre 2015 », a-t-il dit. A l’en croire, la priorité la plus pressante est de «recontinentaliser» la dette obligataire extérieure. La remontée des taux de la FED renchérit le coût des dettes. Il est plus qu’urgent qu’une banque publique d’investissement de l’Union africaine voit le jour avec pour mission, entre autres, la traque des titres de dette publique africaine sur les marchés secondaires internationaux.

Zachari BADJI

À voir aussi

BRVM: Atépa reconduit  P. C. A

Les Assemblées Générales Ordinaires de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et du Dépositaire …

Importation de la volaille: Le Sénégal maintient toujours l’interdiction

Le ministre en charge  du Commerce, de la Consommation, du Secteur informel et des PME, …