19 avril, 2014
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DROITS HUMAINS : «Le Sénégal menait une politique de bricolage»

DROITS HUMAINS : «Le Sénégal menait une politique de bricolage»

Toutes ces années passées, les rapports sur les droits humains, selon Alioune Tine, étaient mal faits et présentés avec des retards. Noté comme un mauvais élève, le Sénégal cherche à relever la tête, avec l’installation d’un conseil consultatif sur les droits humains.
Les droits humains souffrent de plusieurs maux au Sénégal. C’est l’avis d’Alioune Tine, selon qui, ils pâtissent d’une «vision politique d’ensemble». Et depuis 10 ans, selon le président du comité sénégalais des droits de l’homme, «le Sénégal menait une politique de bricolage par rapport à ses obligations internationales». Il fustige ainsi «des rapports mal faits» et de surcroit «en retard», signes «d’une méconnaissance réelle de la situation sur le terrain». Se prononçant en marge de l’installation du conseil consultatif sur les droits humains, Alioune Tine salue en cette nouveauté «une bonne base de travail» qui permettra, dira-t-il, «d’avoir un système des droits humains qui fonctionne», et d’où naitra «une cohérence du système global de fonctionnement des droits humains au Sénégal».

Apparemment consciente de tous ces bémols dans les droits humains au Sénégal, la garde des sceaux Aminata Touré informe que «chacun des ministères aura un représentant dans le conseil consultatif des droits humains, pour que cette question des droits humains soit fondamentale». Etant transversaux du droit à l’éducation, à la santé, à la sécurité, les droits humains doivent, dans tous les ministères, être signes d’absence de discrimination par rapport à l’accès aux services. Et, pour Mimi Touré, l’excuse de pays pauvre, sans moyens de réaliser les droits de tout le monde, ne saurait prospérer, «les droits humains étant une quête permanente». Aussi, l’état doit-il consacrer une large part de son budget aux questions de droit fondamental. La souscription du Sénégal aux instruments sur les droits humains «ne saurait, donc, être des textes abstraits ou théoriques», selon le ministre de la justice. Pour ce, «des cadres législatives non équivoques, condamnant toute forme de discrimination» sont nécessaires. Mais, avant, il faudra «passer de la dimension normative à la dimension transformative», pour que les droits humains aient une signification réelle pour le citoyen.

Christine MENDY