ACTUALITE

Du syllabaire à la tablette- Génération de cracks ou de cancres ?

  • Date: 9 décembre 2015

Le niveau de l’enseignement baisse de jour en jour. Et ce sont des milliards qui sont injectés dans le secteur. Le corps enseignant, les potaches, les cours, les mass médias. À qui la faute ?

Il faut juste faire un rappel de tous ceux qui font l’actualité. Peu d’entre eux sont issus des zones urbaines. Ils buvaient l’eau du canari, s’éclairaient à la bougie, marchaient pieds nus pour se rendre à l’école. Où ils avaient en face d’eux, des enseignants de qualité de par le port, la démarche, l’amour du métier. Le rêve qui se réalise. À cette période, les enfants avaient des desseins qu’ils réalisaient avec beaucoup de sacrifices.

Dans les classes, les bons livres comme le syllabaire, les livres Doudou et Fatou, les figurines sur le tableau, Baba avec son grand boubou,  la radio scolaire… des livres qui faisaient que très tôt, on éveillait l’enfant.

La bibliothèque, les livres pour enfants

Dès le primaire, le bout de chou n’avait pas de stylo pour écrire. Mais c’était l’encrier. Et le buvard. Pour les premiers cours sur l’application. Il fallait écrire droit sur les cahiers deux lignes. Il fallait de bonnes notes pour avoir droit à des cadeaux de fins de semaines : bons points, images, friandises, etc. L’enseignant était trié sur le volet. Éducateur, grand frère, oncle. Quelqu’un que l’on n’osait regarder dans le blanc de l’œil. Les classes étaient toujours bien entretenues. Et les directeurs, des hommes de principes et valeur. Et l’environnement familial excellent. L’enfant était dans un univers où on lui indiquait les leçons de la vie. À éviter à tout prix. Pour parfaire le français, le symbole. Les enfants se rendaient à la bibliothèque. Le dictionnaire indispensable. Le Bled un compagnon de tous les jours. Dans les classes, les élèves d’un niveau faible recevaient leurs lots. Nez contre le mur, isolation. On les désignait toujours en fin de semaine. Et les moqueries pour le pousser à se surpasser.

Aujourd’hui, l’enfant s’isole dès qu’il sort de sa maison. Le jardin d’enfants le pousse dans un environnement qu’il ne va pas partager. Les chefs de famille rivalisent en fourrant dans les sacoches  aux graffitis des dernières stars de Bd des mioches, toutes sortes de friandises, de rafraîchissements… Il s’emmure dans son coin. Se la joue déjà star. Les enseignants sont les premiers à « marquer à la culotte », ces bouts de chou. Pour être comme des Gavroche. On essaie d’être disponible pour l’enfant de tel Vip. Pour demain, des cours particuliers, histoire d’arrondir les fins de mois. En effet, les cours particuliers sont comme le premier mai : jour des doléances. À la seule différence que le Papa ou la Maman cède tout de suite à ces larmes d’attendrissement.

 

Cours d’aéronautique aux élèves

 

Aujourd’hui, l’école publique fait mal au cœur. Avec dans des villages ou des écoles péri urbaines, le manque total de moyens. Tout fait défaut. Le mobilier est vétuste. Les toilettes dans un état lamentable. Des élèves souvent issus de milieux défavorisés. Et qui n’ont souvent même pas, le cahier pour démarrer un cours d’initiation. Les horaires difficiles les poussent à la rue. Ils sautent des repas. Heureusement qu’un maire visionnaire a lancé des programmes de survie de l’enfance. Les maîtresses sont souvent des femmes d’affaires. Et elles trouvent toujours une petite astuce. Pour faire cotiser ces couches démunies. 100 francs par élève pour la craie, 50 f pour le seau et faites le calcul pour l’effectif.

Dans les établissements privés qui poussent comme des champignons, alors que beaucoup ne sont pas reconnus, c’est la grande ruée. Les frais de scolarité sont excessifs. Et le corps professoral bon. Mais mal payé. Par des actionnaires sans pitié. Ce qui explique les cours de renforcement. À n’en plus finir.

Aujourd’hui, certains thèmes étaient juste inscrits dans les livres de puériculture, de civisme, de morale. Dans des lycées techniques, des professeurs souvent des coopérants n’hésitaient pas à donner même des cours d’aéronautique à leurs élèves. Ces derniers étaient bien dans beaucoup de domaines. Et se passionnaient, avaient des notions sur des sujets qui intéressent le monde actuel. Et ils savaient piloter des avions. Des petits.

De nos jours, la tablette entre dans le quotidien des élèves. Cela le pousse à être paresseux. Àne pas faire une évasion intellectuelle dans les livres, dictionnaires. Combien sont-ils à demander des références dans les grands ouvrages, le dico. Et le niveau d’orthographe baisse. La vue devient floue avec l’ordi. On ne parle plus de concours de dictées, dans l’espace francophone. L’internet coûte cher. Et l’enfant s’initie vite parce que sur le net, il y a du tout.

Aujourd’hui, les gouvernants n’ont plus leurs yeux que pour pleurer. Et les parents sont dans le désarroi. Le taux de réussite faible. Parler français en le massacrant est devenu la tasse de thé des jeunes. Qui pire font dans l’abrégé ou le wolof français. Une manière de s’exprimer sur le mobile et que l’on transfère dans les classes. Un constat amer. Les cancres prennent la place des cracks. Et jusque dans les plus hautes sphères de décision, le parler et l’écrit deviennent la bête noire. À l’Assemblée nationale, le Président Moustafa Niasse a pu rouvrir la bibliothèque. Pour que les députés renouent avec la langue.  Il est donc temps de revoir le système. Pour réorienter cette jeunesse vers de nouveaux horizons. Le génie sénégalais est bien là. Il suffit juste de le réveiller.

Ndèye DIAW

 

Comments are closed.

Numéros Utiles

Indicatif Sénégal (de l’étranger) :

221

Renseignements :

12 12

Horloge parlante :

15

Aéroport :

33 869 50 50 / 33 628 10 10

Sénélec (dépannage) :

33 867 31 00

Sénélec (délestage BCC) :

33 839 94 35

SDE (dépannage) :

800 11 11

Sonatel (dérangement) :

13

Hotline Orange :

41 41

Commissariat Central :

33 823 25 29 / 33 823 71 49

Gendarmerie num vert :

800 20 20

SOS MEDECINS :

33 889 15 15

SUMA ASSITANCE :

33 824 24 18 / 33 824 60 30

POMPIERS :

33 823 03 50

Centre anti poison :

818 00 15 15