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Eau et assainissement: La société civile prône une nouvelle gouvernance

 

L’accès aux services d’eau potable et d’assainissement reste préoccupant pour la plupart des pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne. Pour faire face à ce fléau, des organisations de la société civile qui interviennent dans l’eau et l’assainissement ont mis en place une plateforme dénommée « Poscecas-S ». L’objectif est de fédérer les initiatives des différents acteurs de la société civile pour mieux impacter les performances du secteur de l’eau et de l’assainissement.

Une étude réalisée en 2017 fait noter que 76% de la population en Afrique subsaharienne ne disposent pas d’une alimentation en eau domestique tandis que 72% de cette même population ne sont pas équipés d’installations sanitaires élémentaires. Une situation alarmante au moment où l’accès à l’eau potable et à l’assainissement a été reconnu comme un droit humain par l’Assemblée générale des Nations Unies en juillet 2010. Ladite situation a incité des organisations de la société civile qui interviennent dans l’eau et l’assainissement, à mettre en place une plateforme dénommée « Poscecas-S ». L’objectif est de fédérer les initiatives des différents acteurs de la société civile pour mieux impacter les performances de ce secteur. Selon le porte-parole du jour, Fodé Camara, l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement constitue l’un des objectifs de développement durable adoptés par la communauté internationale en septembre 2015, à savoir l’ODD6 ; qui est de garantir l’accès de l’eau et de l’assainissement à tous et assurer une gestion durable des ressources en eau. « Conscient des importants défis encore à relever pour le secteur de l’eau et de l’assainissement, le Sénégal accorde un intérêt particulier à l’ODD6 qui s’inscrit dans l’axe n°2 du Plan Sénégal  Emergent, à savoir capital humain, protection sociale et développement. Par ailleurs, l’ODD 6 sur l’eau et l’assainissement arrive en tête des priorités nationales  suite aux ateliers de concertations régionales organisés en 2015 par le Ministère de l’Environnement », dit-il. Ce membre de la société civile est d’avis que bien que le niveau d’accès à l’eau potable soit aujourd’hui globalement satisfaisant, aussi en milieu urbain que rural, avec respectivement des taux d’accès de 98% pour l’urbain en 2014 et près de 87% pour le rural en 2015, la qualité du service 24 heures  sur 24  n’est pas effective dans beaucoup de quartiers où bon nombre de ménages éprouvent encore des difficultés pour disposer du liquide précieux en permanence. « En milieu rural, la qualité de l’eau reste un défi majeur pour notre pays. L’étude de base réalisée en 2015, dans le cadre du processus d’élaboration de la stratégie nationale d’amélioration de la qualité de l’eau potable au Sénégal,  est à cet égard édifiante. En effet, plus de 1 062 000 personnes sont exposées à des teneurs en fluor et sels supérieures aux normes de l’OMS », fait savoir M Camara. Et de renchérir: « En matière d’assainissement, les indicateurs sont au plus bas pour le milieu urbain, le taux d’accès à l’assainissement amélioré était de 62,2% en 2015 alors qu’il se situait seulement à 36,7% la même année pour le milieu rural ».

Face à tous ces défis, la société civile juge qu’elle a un rôle essentiel à jouer afin que les politiques publiques pour le secteur eau et assainissement soient mises en œuvre de manière opérationnelle, équitable et pérenne en vue de l’atteinte de l’objectif de développement durable lié à l’eau (ODD6) et de la réalisation effective du droit humain à l’eau potable et à l’assainissement. « La participation des organisations de la société civile au Sénégal dans la définition et la mise en œuvre des politiques et stratégies en eau et assainissement est peu significative. Or, les exigences d’un accès universel à l’eau et participation active des OSC visant principalement à pallier les limites de l’action publique et privée. Au delà de la participation, il est nécessaire qu’un véritable contrôle citoyen s’exerce. Les OSC ne doivent pas aussi pouvoir assurer une vielle de la mise en œuvre des politiques d’Etat et d’assainissement », dit-il. Cette plateforme se veut un espace de concertation de mobilisation d’anticipations de proposition de plaidoyer et de mise en cohérence des actions, des OSC membres en vue d’une contribution efficace et efficiente à la gouvernance du secteur de l’eau et de l’assainissement au Sénégal.

Ngoya NDIAYE

 

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