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Ebullition dans les secteurs névralgiques de la société : 2018, Une année asociale

Le Gouvernement avait décrété que 2018 sera une année sociale. C’est-à-dire une année durant laquelle l’accent sera particulièrement mis sur les questions sociales, comme l’éducation, la santé, l’assistance aux nécessiteux,  etc.

Malheureusement, au lieu d’être une année sociale, 2018 est en passe de devenir une année asociale, c’est-à-dire une année où les fragments les plus névralgiques de notre société, comme la santé et l’éducation, ont suffisamment démontré leur inadaptation au système dans lequel ils évoluent. La preuve, c’est la tension et les grèves permanentes dans ces secteurs qui connaissent une ébullition au point d’en remettre en cause les fondements.

La grève générale décrétée par les étudiants des universités publiques et les manifestations d’hier, suite au décès de Fallou Sène, traduisent un malaise plus lancinant. Ils mettent en avant la problématique de la place de l’étudiant dans notre société en mutation où les études comme moyen d’ascension sociales, ont été concurrencées par des raccourcis comme ‘’faire la politique’’, ‘’voyager à l’étranger’’, etc. Face à la lancinante question des débouchés et donc du chômage, le monde universitaire se trouve confronté à une question existentielle pour laquelle il n’était pas forcément préparé, parce que dépassant ses propres paradigmes et compétences.

Il interpelle alors le politique qui semble ne plus le regarder comme un privilégié de la société. Comme les voix se comptent et non se pèsent, la classe politique ne fait plus forcément des études et donc de l’Université la priorité de ses programmes. Les chantiers à objectifs douteux naissent comme les centres de conférences, le Ter, les autoroutes à péage dans des zones non-engorgées, etc.

Pendant ce temps, les universités étouffent sous le poids du nombre d’étudiants orientés et du point de vue pédagogique, enseignants et administrations savent que la coupe est pleine.

Ce malaise au sein de nos écoles et universités est pratiquement le même qui oblitère le système de santé. Dans notre pays, c’est un truisme de dire que la santé est malade. Les syndicats de la santé ruent dans les brancards pour obtenir de meilleurs traitements et sans doute de meilleurs conditions de travail, alors que ce sont les malades qui, les premiers, devraient aller en grève. On y est mal accueilli, mal soigné, parfois avec un coût exorbitant, pratiquement insupportable. Cela fait bien sûr l’affaire des charlatans qui prétendent pouvoir se substituer aux défiances de notre système sanitaire.

Ça jase de partout. Et ce n’est point le repos pour les autorités étatiques prises sous mille feux. Les pressions sont énormes au niveau social parce que le malaise a été longtemps étouffé. Et comme 2019 s’approche, chacun veut en profiter, histoire de bénéficier de maximum de satisfactions. C’est dans la logique des choses.

Mais, ce qui est moins logique, c’est la mort d’un étudiant. C’est l’erreur de trop. On a ainsi offert aux étudiants une occasion en or pour mettre sur la table ce qui leur fait vraiment mal dans le système. Et ils ne vont pas reculer de sitôt. Après l’entêtement des enseignants du moyen secondaire, c’est au tour des étudiants de monter au créneau pour exprimer un malaise social qui va au-delà de leurs propres conditions d’études. Il s’agit de leurs conditions de vie, de celles de leurs parents, en somme, de leur angoisse existentielle.

Leur dire que l’Etat n’a pas les moyens ne servira à rien. Le mal est déjà fait, dès lors que le train de vie de l’Etat n’a pas été réduit, des institutions budgétivores et peu utiles créées, etc.

Il faudra alors agir avec tact pour sortir d’une crise qui a aussi besoin de la médiation de bonnes volontés. Nous sommes à quelques semaines de la fermeture des classes et le déclenchement de mouvements aussi radicaux ne favorise pas une reprise des cours.

Seules des mesures fortes allant dans le sens de revaloriser le statut de l’étudiant pourrait contribuer à apaiser la tension.

Assane Samb

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