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Echos de la déclaration du candidat Macky Sall à l’endroit de l’Ecole sénégalaise

Cet article est une réaction personnelle consécutive à un interview accordé par la TFM et la RFM à Monsieur Dame Mbodj, porte-parole du SNEMS-CUSEMS juste après l’appel du candidat Macky Sall à l’endroit de l’Ecole sénégalaise

Actuellement, l’éventualité d’une année blanche hante l’école sénégalaise, aussi bien au niveau de ses universités que dans ses cycles moyens et secondaires. En effet, les universités sénégalaises connaissent depuis un certain temps un arrêt systématique des enseignements au moment où, depuis le 02 Décembre 2011, des grèves régionales faites pour pousser l’Etat à honorer ses engagements relatifs au paiement des indemnités liées aux déplacements du bac et du BFEM auxquels s’ajoutent celles relatives à la correction des copies ont été enregistrées sur toute l’étendue du territoire national. A ces perturbations prématurées connues par les Cycles Moyen et Secondaire, sont venues s’ajouter des grèves d’envergure nationale sous la bannière des deux syndicats d’enseignants les plus représentatifs au niveau des collèges et lycées du Sénégal, en l’occurrence le SNEMS-CUSEMS et le SAEMSS-CUSEMS qui, après avoir cheminé ensemble dans un passé récent et marqué glorieusement les annales du syndicalisme enseignant, continuent encore de se battre pour l’atteinte d’objectifs similaires en empruntant des chemins divergents balisés par des principes et idéaux identiques. Dès lors, aucun de ces deux syndicats ne saurait s’autoproclamer le référent, l’acteur principal de la lutte syndicale. Ainsi, même si l’appel du candidat Macky Sall pourrait augurer, à priori, de la venue imminente d’une bouffée d’air pur dans l’atmosphère de dialogue entre Etat et syndicats d’enseignants fortement polluée par le dilatoire et le laxisme de l’Autorité, la puanteur de la déception qui s’exhale de la réaction malhonnête du camarade Dame Mbodji, porte-parole du SNEMS-CUSEMS, est suffocante, asphyxiante et nuisible au syndicalisme enseignant qui, en toute objectivité, n’est pas uniquement animé par la formation de ce camarade que je respecte beaucoup même si la radicalisme et l’extrémisme y sont privilégiés au moment où le SAEMSS-CUSEMS a opté, depuis le 02 Décembre 2011, pour une lutte réfléchie et graduelle dont l’intensité ne s’est accrue qu’avec l’ampleur des déceptions liées aux résultats des diverses rencontres ( 14, 16, 26 et 27 Décembre 2011, 03 et 05 Janvier 2012) avec l’autorité étatique qui continue de regarder de travers les accords déjà signés tout en tardant à se pencher sérieusement sur les revendications actuelles. Fort de ces constats, la réaction du SAEMSS-CUSEMS s’est traduite par une lutte déroulée à travers une série de plans d’actions (dont le septième cette semaine avec un débrayage à 9h pour le Jeudi 1er Mars et grève totale le Vendredi 02 ainsi que le Samedi 03) en privilégiant une intensification croissante ayant débouché sur une association de débrayages et de grèves totales auxquels s’ajoutent une rétention des notes des évaluations déjà faites et un boycott des devoirs et compositions. Ce mot d’ordre suivi par les militants du SAEMSS-CUSEMS présents au niveau de tous les collèges et lycées du Sénégal ne permet non seulement une poursuite sereine des enseignements-apprentissages encore moins la tenue des évaluations du premier semestre. Ces actes de haute portée posés par le SAEMSS-CUSEMS, au même titre que les actions menées par le CUSEMS, ont eu pour conséquence un fonctionnement au pas de caméléon de ces établissements scolaires inquiétant les élèves à telle enseigne qu’ils réagissent par des mouvements d’humeur en faveur d’une reprise normale des cours. D’ailleurs, au lycée Alboury Ndiaye de Linguère, les élèves ont décrété une grève illimitée qui ne prendra fin que si les deux syndicats d’enseignants susnommés regagnent les classes. Cette situation fort préoccupante, à la fois, pour les enseignants, leurs élèves ainsi que leurs parents, parce que pouvant déboucher sur une année blanche au niveau des cycles moyen et secondaire, à défaut d’une satisfaction des revendications des professeurs, est, clamons-le haut et fort, à la fois, le résultat du blocage des enseignements ainsi que de toute forme d’évaluation orchestré par les grèves du SNEMS-CUSEMS et du SAEMSS-CUSEMS. Cette mise au point s’avère nécessaire, à l’issue de la réaction du camarade Dame Mbodji volontairement malhonnête et lacunaire en marge de la déclaration du candidat aux élections présidentielles, Macky Sall, non pas à l’endroit d’un syndicat en quête d’audience ou de notoriété mais à l’égard des acteurs de l’école dans leur globalité et à ce niveau, le SAEMSS-CUSEMS, fortement représentatif, n’a pas besoin d’un cerbère faisant office de mégaphone s’égosillant urbi et orbi, à longueur de journée pour s’assurer de son existence. Mon cher Dame Mbodji, si vous pouvez, un seul instant, être honnête, vous ne nierez pas, en dépit de votre allergie viscérale à l’endroit du SAEMSS-CUSEMS que vous avez cherché à nuire vainement lors de votre tournée syndicale de l’année 2010-2011, à travers les régions de l’intérieur du pays, durant laquelle votre discours n’avait pour objet que de diaboliser notre formation syndicale, de diffamer ses leaders à fin de détourner ses militants. Ce discours n’avait, malheureusement, pas prospéré, ni au Lycée Alboury Ndiaye de Linguère, ni ailleurs et ne le sera jamais puisque les enseignants ne sont pas dupes. Toutefois, je lance un appel solennel à l’endroit de vos proches collaborateurs au niveau du SNEMS-CUSEMS pour qu’ils te ramènent à la raison et t’empêchent de continuer à faire de la scission du CUSEMS originel un problème personnel. Cette permanente posture cavalière de votre discours à l’endroit du SAEMSS-CUSEMS ne saurait ne pas indisposer les enseignants quelle que puisse être la chapelle syndicale dans laquelle ils font leur office étant entendu qu’en dépit de notre diversité nos incantations militent en faveur d’une amélioration du statut de l’enseignant, de ses conditions de travail et, par conséquent, de la qualité des enseignements-apprentissages. De grâce, nous ne sommes ni des rivaux encore moins des ennemis. Votre posture de responsable doit faire de vous une vitrine qui reflète les aspirations des camarades de la base qui rêvent d’un syndicalisme enseignant fort profitable à tous, ce qui ne sera possible tant que ne cessent vos puérils et stériles discours belliqueux, égocentriques et égotistes qui n’honorent aucunement votre syndicat.

Surement que le candidat Macky Sall qui semble accorder une importance capitale à l’assouplissement des écueils défavorables au bon fonctionnement de l’école sénégalaise dispose d’une information véridique lui permettant de se passer de ces déclarations ridicules, risibles, comiques et impertinentes avilissant l’enseignant qui, jadis, se distinguait non pas par un raisonnement teinté de fougueuses envolées mais plutôt empreint du sceau de la mesure, de la pertinence et de la raison. A travers notre plume, nous tenons à rappeler que ce n’est pas parce qu’on a une grande gueule au propre comme au figuré que l’on doit se payer le luxe de débiter toutes formes d’inepties et interpellons les camarades et collègues sur le choix des personnes qui sont censés représenter leur reflet aux yeux de l’opinion.

Cet appel du candidat Macky Sall qui pourrait s’inscrire dans une logique de séduction est loin d’être suffisante pour faire fléchir la dynamique de lutte qui a pris forme depuis près de 90 jours. Le temps presse, le moment fatal approche. Il urge, donc, qu’il n’attende sa probable élection pour jeter les bases d’un futur dialogue salvateur avec les acteurs du syndicalisme enseignant d’autant plus que les senteurs d’une possible année blanche risqueront d’empester davantage l’univers scolaire au lendemain du deuxième tour de l’élection présidentielle. D’ici là, nous scrutons, aussi, avec impatience une réaction du président sortant face aux revendications légitimes des enseignants dont certaines avaient, déjà, fait l’objet de décrets signés mais, malheureusement, en souffrance dans les circuits administratifs, du fait d’une mauvaise volonté de l’Etat, et ne demandent qu’à être matérialisés. Camarades, aujourd’hui, plus que jamais, l’heure est à la mobilisation pour que cette grève ne soit vaine et que son dénouement souhaité dissipe les sombres inquiétudes qui planent sur notre école tout en donnant sur des lendemains meilleurs où l’espoir sera permis, à la fois, pour l’enseignant dans sa très grande diversité, l’élève et ses parents, bref, pour la communauté nationale qui a toujours compté sur l’école publique sénégalaise dont les fruits continuent de se faire bien apprécier au niveau des établissements locaux d’enseignement supérieur ainsi qu’à l’étranger.

M. LO, P.E.S. H-G

Coordonnateur USB/SAEMSS-CUSEMS

Du Lycée Alboury Ndiaye de Linguère

papeleau@yahoo.fr


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