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Ecoles inondées, abris provisoires, déficit de tables-bancs et d’enseignants- l’Etat force la rentrée

Ce n’est pas encore demain et pour de bon la rentrée scolaire 2015-2016 dans toutes les régions du Sénégal. Au moment où le concept « Ubbitey, Jangtey » est déclamé sur tous les toits pour que les élèves démarrent les cours le jour de la rentrée, des difficultés majeures risquent de plomber l’ouverture, notamment à Diourbel, Ziguinchor, Mbour, Kaolack, Sédhiou et Dakar et sa banlieue. Les infrastructures scolaires ne sont pas encore prêtes pour accueillir les élèves (mercredi 07 octobre) et le personnel administratif et enseignant (aujourd’hui, lundi 05 octobre) pour la simple raison que la plupart des réceptifs scolaires sont envahies par les eaux. Qui plus est, le déficit de matériels scolaires comme les tables-bancs et/ou des professeurs comme la non installation des abris scolaires sont partis pour plomber le démarrage effectif des apprentissages. Tour d’horizon pour constater une situation aux allures de forcing de la part de l’Etat pour cette rentrée 2015-2016. Mardi et mercredi, Sud quotidien reviendra sur la qualité des enseignements-apprentissages et le suivi du protocole d’accords.

PIKINE – LES 57 FAMILLES DE SINISTRES QUITTENT L’ECOLE SALIF NDONGO DE JIDAH THIAROYE KAO : Quand l’insalubrité compromet la rentrée

Elles étaient 57 familles de sinistrés à squatter l’école Thierno Salif Ndongo de la commune de Djidah Thiaroye Kao, depuis plus d’un mois. Mais avec l’ouverture des classes les familles ont rejoint leur domicile. A en croire Adja Codou Ka responsable du camp des sinistrés, beaucoup de familles ont déjà quitté l’école la veille de la Tabaski pour aller festoyer à domicile. La dernière famille a quitté la nuit du dimanche a indiqué la responsable. Selon toujours Adja Codou Ka, l’insalubrité a gagné l’établissement fréquenté par les familles de sinistrés dont un daara qui  rassemble presque 80 talibés.

«C’est vrai que la saleté est visible dans l’établissement scolaire, mais on envisage une opération de pompage avec le service d’hygiène, ce mardi pour désinfecter les salles de classe, suivi d’une grande opération de nettoiement le mercredi pour que le corps enseignant puissent effectuer sa rentrée tranquillement» a confié la présidente de la Commission environnement et cadre de vie de la commune de JidahThiaroye Kao. Une opération de saupoudrage sera effectuée par la brigade départementale du service d’hygiène dans l’ensemble des écoles pour désinfecter les salles de classes dans les écoles inondées de Thiaroye où l’eau est devenu verdâtre.

DIAMAGUENE SICAP SBAO :  L’ECOLE SAM SAM3 OUT

Il n y n’aura pas rentrée pour le corps enseignant encore moins pour les 635 élèves que comptent l’école Sam Sam 3 qui est englouti par les eaux de pluies. Celles-ci sont devenues presque verdâtre à cause de la longue durée sur les lieux. Auparavant, l’école abritait 17 salles de classes, mais avec la recrudescence des inondations dans cette localité, l’établissement scolaire se retrouve avec seulement 6 classes qui ne sont pas encore fonctionnelles malgré moult programmes de réhabilitation initié sur ce site.
C’est la même situation dans la commune de TivaouaneDiacksao ou l’école primaire n’est pas toujours sauvée des eaux. Une situation qui perdure.

WAKINANE NIMZATT :LES ASC S’IMPLIQUE DANS LA PROPRETE DE L’ECOLE

La commune de Wakinane Nimzatt a tenu une journée d’investissement humain pour rendre les écoles de la collectivité locale propres pour une rentrée du corps des enseignants sans ambages. Une opération de nettoiement lancée par les Asc dans 11 établissements dont 9 de l’élémentaire, 1 lycée et 1 CEM. C’est l’école DHL qui a été le plus impacté par les herbes qui ont atteint une hauteur de plus d’un mètre qui a été complètement désherbé par le mouvement «navetane», sous la coupole du président de la Commission sportive départementale de Guédiawaye, Mbaye Faye. La commune a magnifié le geste du mouvement navétane qui s’implique dans la propreté des écoles.

SERIGNE MBAYE THIAM DANS LA BANLIEUE : «146 écoles sur 9549 étaient touchées par les eaux»

Le ministre de l’Education nationale s’est rendu,  vendredi dernier, dans quelques établissements de la banlieue fortement envahis par les eaux de pluie. SerigneMbayeThiam a fait le point sur la situation des écoles envahies par les eaux. Pour lui, «sur les 9549 écoles qui existent au Sénégal, seules 146 étaient touchées par les eaux sur l’ensemble du territoire national». C’est pourquoi, «quand j’entends certains parler, c’est comme si c’est la moitié des écoles qui était inondées, ce qui est loin d’être le cas», avait-il relevé. Non sans assurer que l’ensemble des services de l’Etat se sont mobilisés pour que les eaux soient évacuées des écoles touchées.

RUFISQUE – LES CITOYENS EN APPOINT AUX AUTORITES   : Les établissements scolaires disponibles la semaine prochaine

A Rufisque, la plupart des écoles de la commune ont fait les frais de l’hivernage. Les unes ont été inondées tandis que les autres sont envahies par les herbes. Depuis la semaine dernière, les autorités administratives sont mobilisées pour préparer le terrain en attendant l’arrivée des potaches. Mais le fait remarquable, cette année, est que partout ce sont les citoyens qui se sont mobilisés pour procéder au désherbage et à la désinfection.  Aujourd’hui, les travaux se poursuivent encore et les établissements ne seront certainement disponibles que la semaine prochaine.

Malgré les assurances des autorités administratives, le  concept  «UbbiTeyJang Tay» risque d’être un vain mot dans les écoles de la commune de Rufisque. En effet, après les fortes  pluies connues cette année, beaucoup d’écoles  ont  été envahies par les eaux et par les herbes sauvages comme le  reconnaît du reste l’adjoint au sous préfet de Rufisque-Est, Mouhammad Al Amine Fall. «Dans le  département  de Rufisque, il  y a  des écoles  inondées comme vous le  constatez et nous  sommes en train d’y remédier». Pour parer au plus pressé, les sapeurs-pompiers sont mobilisés pour procéder à l’évacuation des eaux dans les écoles les plus touchées comme le CEM Pionniers du syndicalisme africain, l’école Fass et l’école de Diorga Cherif dans la commune de Rufisque-Nord.

«Aujourd’hui, au moment où je vous parle, les sapeurs-pompiers sont au CEM des Pionniers du Syndicalisme africain, pour évacuer les eaux et permettre aux élèves et aux enseignants de pouvoir mettre en œuvre le concept UbbiTeyJangTey. Toutes les dispositions sont prises à cet effet. Nous sommes à pieds d’œuvre avant la rentrée tout sera prêt.  Après le CEM Pionniers, nous serons à l’école de Fass», a assuré M. Fall.

A cette action administrative, les initiatives citoyennes sont venues s’ajouter notamment pour les travaux de désherbage et de désinfection des écoles. Dans la commune de Rufisque-Ouest, Demba Seck, candidat malheureux de la liste Ngalou Sénégal et ses amis ont pris l’initiative d’un investissement humain au niveau des établissements situés dans le périmètre de Diokoul et environs notamment le CEM Maurice Gueye, l’école Médine, l’école Mousa Diallo et l’école El Hadji Alioune Dia. Hier, dimanche, les populations de la localité étaient sorties en masse pour répondre à l’appel de l’investissement humain.

Au niveau de des HLM et environs, un autre mouvement a pris les choses en main. Le mouvement JPF (JeanoProdFamily), a fait le désherbage des écoles de Santa Yalla, avec l’appui de la commune de Rufisque-Nord, du directeur du CDEPS, et d’autres bonnes volontés. La désinfection est prévue pour ce lundi, jour de rentrée des personnels enseignants et administratifs.

A Rufisque-Nord, dans le quartier Diorga, à l’école Cherif également, ce sont les citoyens  regroupés  autour du concept  Nouveau type de Sénégalais qui ont pris l’initiative  du désherbage et de la désinfection de l’école  Cherif, l’une  des  plus  grandes  de la commune. Face à cette situation il n’est pas risqué de dire que l’ouverture et le démarrage des cours connaitront un retard à Rufisque.

SEDHIOU – LES PLUIES BATTANTES RISQUENT DE RETARDER LA RENTREE : La pléthore des abris provisoires inquiète, l’académie rassure

Le personnel de l’éducation reprend service aujourd’hui, lundi 5 octobre, sur toute l’étendue du territoire national suivi, après demain, mercredi 7 octobre, des élèves, indique un communiqué officiel du ministère de l’Education nationale. Toutefois dans le Sud du pays, les pluies encore battantes risquent de retarder cette échéance du fait des nombreuses classes en abris provisoires. A Sédhiou cette typologie de classe foisonne et inquiète les acteurs. Les parents sollicitent de l’Etat une discrimination positive pour résorber ce gap. L’inspection d’académie relativise et invite les acteurs, les parents en l’occurrence, à s’y investir pour la mise sur pied à temps des abris améliorés.

Plus que quelques jours qui nous séparent de la rentrée des classes prévue le mercredi 7 octobre prochain, les pluies continuent de s’abattre sur Sédhiou et sa région en abondance. Situation qui rend difficile la construction des abris provisoires qui, même s’ils sont mis en place, résistent difficilement aux intempéries. Dans cette région, cette typologie de classe en paillote existe en foison avec près de 714 salles, soit 31% des offres d’infrastructures rien que dans le cycle élémentaire. Dans le moyen, le taux oscille autour de 40% alors qu’il est de l’ordre de 50% dans le secondaire. Cet environnement hostile impacte négativement sur l’assiduité de ceux qui l’occupent et donc des performances scolaires.

Cela se manifeste surtout par le démarrage tardif des cours et une fermeture précoce des classes. Le Conseil des ministres délocalisé à Sédhiou en février dernier avait mis le doigt sur le mal et proposait d’y apporter un palliatif par la construction de 18 établissements dans le cadre du Budget consolidé d’investissement (BCI) en sus de l’appui des partenaires de l’école. Pour l’heure, le temps presse et il faut faire avec les moyens du bord. L’inspecteur d’académie de Sédhiou, Cheikh Dione a rendu public une note administrative demandant à tous les chefs d’établissement «de prendre et de faire prendre, en relation avec les collectivités locales et les parents d’élève, toutes les dispositions nécessaires pour une mise à niveau des écoles et établissements scolaires (désherbage et désinfection) avant le 7 octobre, date à laquelle les élèves doivent regagner les classes».

Pour CoumbamangDanso, président de l’Union régionale des associations de parents d’élève, l’Etat doit opter pour une discrimination positive en faveur des zones déshéritées comme Sédhiou pour mettre à la disposition des acteurs de l’école des intrants de qualité afin, dit-il, de relever les indicateurs de performance dans la région. L’inspecteur d’académie Cheikh Dione relative les craintes exprimées par les parents d’élève et les invite plutôt à se ceindre davantage les reins pour mettre sur pied, au plus vite, les abris provisoires en améliorant leur typologie à résister quelque peu à un vent passager ou aux fines gouttelettes de pluies. «L’éducation est une œuvre collective qui requiert la participation de tous les acteurs et à toutes les échelles. Dans le cadre du Budget consolidé d’investissement, des programmes matching, entre autres, sont en cours pour résorber le déficit en salles de classe», a notamment précisé l’IA de Sédhiou.

ZIGUINCHOR – DAME PLUIE «ASSOMBRIT» LE CIEL DE L’OUVERTURE SCOLAIRE : Risque d’une rentrée à deux vitesses

L’effectivité de la rentrée risque d’être perturbée par la pluie qui continue d’arroser la région. Accès difficile dans certaines écoles inondées, absence de désherbage, affaissement de toits ou de murs, c’est à se demander si le concept “UbbiTey, Jangtey” pourra résister à cette série de contraintes malgré les assurances des autorités académiques. En attendant on risque d’avoir une rentrée à deux vitesses.

Le foisonnement d’abris provisoires dans certaines zones, surtout dans le département de Bignona, appliqué aux inondations qui frappent certaines écoles, le décor reste encore hostile à la fréquentation des établissements scolaires par les élèves et le personnel administratif. A Ziguinchor commune, le CEM MalickFall, les écoles élémentaires Jean Kandé, Ibou Camara, David Carvalho… sont des exemples typiques d’écoles sous les eaux et où les potaches vont devoir patienter avant de fouler le sol de la cour de récréation. Des écoles qui vivent quasiment la même situation depuis des lustres. Les autorités ne cessent de manifester leur optimisme sur l’effectivité de cette rentrée 2015-2016, mais tout laisse croire que le concept “Ubbitey, JangTey” est parti pour n’être qu’un simple slogan dans certains établissements inaccessibles en ce moment.

De nombreuses contraintes liées à l’environnement scolaires risquent de plomber cette rentrée dans la circonscription de Ziguinchor. L’accès difficile dans certaines écoles et salles de classes dû aux inondations ou à la présence de boue dans les écoles suivantes: Ibou Camara, Jean Kandé, Goumel , Seydou Kane, MalickFall, école Amitié-Sénégal Canada, Francisco Carvalho. Et comme si cela ne suffisait pas, l’absence de désherbage de la cour de beaucoup d’école, affaissement de toits ou de murs dans les écoles de Banghagha, de KandéBanéto et l’état de dégradation avancé de certains bâtiments qui menacent ruine dans certaines écoles sont entre autres difficultés agitées par les autorités académiques lors d’un CDD tenue la semaine dernière à la préfecture de Ziguinchor.

Occasion saisie par les acteurs de l’école pour souligner une panoplie de contraintes liées à l’encadrement. Car l’IEF de Ziguinchor ne dispose que de 8 inspecteurs dont un en option arabe pour 1179 enseignants, soit un ratio de 1/81 en arabe et 1/151 en français. Un faible ratio qui vient s’ajouter aux besoins en tables-bancs qui tourne autour de 5020 pour la circonscription de Ziguinchor.

Mais tous ces paramètres aux allures d’intempéries sont loin d’ébranler les autorités académiques qui rassurent tout de même sur les dispositions et mesures prises pour une bonne rentrée à Ziguinchor. Pour l’Inspecteur d’Académie, Ismaïla Diouf, «des mesures ont été prises pour que le minimum soit disponible pour une bonne rentrée. Les inscriptions ne devraient pas être un prétexte pour ne pas faire venir les enfants. Une certaine souplesse a été demandée aux chefs d’établissement pour le paiement des inscriptions. Les orientations en seconde et les affectations en 6e ont été faites et tout le monde a été sensibilisé pour mettre à contribution les acteurs et les partenaires pour nettoyer les écoles et bien accueillir les élèves».

Dans l’élémentaire, la cartographie du personnel ne souffre pas de difficultés majeures. Les autorités comptent sur les sortants de la FASTEF pour combler le déficit en personnel dans le moyen-secondaire. Un passif beaucoup plus criant dans les disciplines scientifiques a été relevé. Une situation qui engendre souvent des perturbations en pleine année scolaire avec des grognes chez les élèves qui réclament des professeurs de Mathématiques, de Sciences ou encore de Philosophie.

Dame pluie qui continue ainsi d’arroser la région risque de fixer encore certains élèves à la maison, d’autres dans les champs avec les travaux champêtres qui se poursuivent à la faveur de cette bonne pluviométrie cette année. Face aux autorités qui rassurent sur les dispositions et mesures prises pour une rentrée effective, la balle est désormais dans le camp des élèves. Il reste à savoir si ces derniers qui ont souvent la fâcheuse habitude de prolonger les vacances matérialiseront ce concept du démarrage des cours dès le premier jour de rentrée.

DIOURBEL – TRAVAUX CHAMPETRES, ECOLES OTAGES DES EAUX DE PLUIES ET DES HERBES SAUVAGES : “UbbiTey, JangJey” différé

Le concept “UbbiTey, JangTey” sera loin d’être une réalité au niveau des différentes écoles de la région de Diourbel. La plupart des écoles de la ville sont envahies par les herbes sauvages et les eaux de pluies. Au collège Paul VI, dans la commune de Diourbel, les eaux de pluies sont devenues maitres des lieux. Le collège d’enseignement moyen technique (CEMT)  menace ruine. Le président de l’Association départementale des parents d’élèves, Alioune BadaraNdiaye, estime que «le souhait des parents d’élèves est que la rentrée scolaire soit effective le jour J. Mais il est très difficile d’y arriver. Les écoles ne sont pas encore désherbées. Il faut nettoyer les salles de classes et réparer quelques tables-bancs». En ce qui concerne le cas du CEMT, M. Ndiaye indique qu’il s’agit d’un problème qui peut être réglé par l’Etat. «Il faut refaire le bâtiment. Il y a beaucoup d’élèves qui devraient être orientés au niveau de cette école qui ne le sont pas. Nous avons essayé de décongestionner l’école en attendant que des réparations sérieuses soient faites».

A l’école franco-arabe de Bambey Sérère, le directeur, Cheikh Tidiane Ngom, est catégorique. Selon lui, «la rentrée scolaire ne peut pas être effective parce que notre école est envahie par les herbes sauvages, les enfants sont occupés par les travaux champêtres. Il y aura cette année 7 abris provisoires sur les 10 que compte l’établissement». Et d’ajouter: «nos conditions de travail sont difficiles. Les murs et les toilettes sont inachevés. Nous avons un effectif de 400 élèves sans toilette. Pour faire leurs besoins, les enfants sont obligés d’aller dans les maisons environnantes. Nous sommes fatigués et nous demandons à l’Etat de régler ces problèmes».

Le Secrétaire général de l’Union des enseignants du Sénégal (UES), Ablaye Diouf, a soutenu qu’il «n’est pas possible d’abriter une rentrée dans ses conditions». Il explique qu’il faut nécessairement «désherber les écoles et mettre les équipements. Mais il y a quelque part des problèmes. Si on prend l’exemple du CEMT, nous avons constaté qu’il n’est pas possible de faire une rentrée normale. L’école est sous le poids de l’âge et elle risque de s’écrouler à tout moment». Avant de poursuivre: «la toiture est partie, les salles sont remplies d’eau. En plus, l’école abrite deux collèges, un collège d’enseignement général et un collège EFA (Franco arabe). La solution est entre les mains de l’état». «Nous savons que la rentrée ne peut pas être effective parce qu‘aucun parent n’osera envoyer son enfant dans cet établissement-là. Sinon, c’est envoyer son enfant dans la gueule du loup. C’est une école qu’on doit réparer parce que partout ce sont des fissures, pas de toiture, les tables-bancs endommagés, les salles sont remplis d’eau», a-t-il conclu.

KAOLACK : Près d’une vingtaine d’établissements publics envahis par les eaux

La rentrée scolaire 2015-2016 risque de ne pas se tenir en date échue dans la commune, le département, voire la région de Kaolack. Même si aucune idée liée au report de l’ouverture des classes n’a été soulevée lors de la dernière rencontre du Comité régional de développement (CRD) consacré à l’Education. Au total plus de 15 écoles primaires et 5 collèges d’enseignement moyens (CEM) sont envahis par les eaux. La situation dans les établissements secondaires est beaucoup plus critique, car ces écoles sont non seulement inondées dans leur partie extérieure, mais beaucoup d’entre-elles sont encore immergées même au niveau des salles de classe, les bâtiments administratifs et les latrines. A cela s’ajoutent les établissements envahis par les hautes herbes.

Dans les dispositions prises par le Comité régional de gestion, il est ainsi prévu la diligence des opérations de désherbage et pompage par des équipes qui seront opérationnelles partout au sein de ces établissements. Sur un autre paramètre, le personnel administratif et académique a soulevé la récurrente question des effectifs pléthoriques qui montent de plus en plus à chaque ouverture des classes. Un facteur assez contraignant pour le monde éducatif, car, malgré l’arrivée massive de nouveaux inscrits dans les établissements, aucune politique de renforcement des écoles en infrastructures n’est envisagée pour accompagner ce phénomène.

Kaolack ne compte qu’un effectif de 5 inspecteurs en langue française et un inspecteur en langue arabe pour superviser techniquement les 1122 enseignants en service dans la commune. Sur le reste du département de Kaolack, il est également constaté un nombre exorbitant d’abris provisoires dans les écoles, mais aussi un déficit du personnel enseignant et l’absence des latrines ou points d’eau. Les autorités en charge de l’éducation listent aussi la pléthore des écoles sans mur de clôture ou grille de protection pour sécuriser les usagers et autres pensionnaires de ces établissements. Pour le moment l’incertitude d’ouvrir les salles de classe le jour de la rentrée se corse de plus en plus dans le département de Kaolack. En plus des écoles envahies par les eaux et les herbes, beaucoup de parents peinent à disposer de ressources nécessaires pour financer les inscriptions à de progénitures. La plupart d’entre eux continuent encore de garder leurs enfants chez-eux et s’en servent souvent pour leurs activités champêtres.

MBOUR : Les écoles affectées par les intempéries et la vétusté

La rentrée scolaire 2015-2016 a la particularité de s’annoncer sous divers angles à Mbour: un hivernage pluvieux, avec comme corollaire des installations affectées par les intempéries, une fête de Tabaski impactant sur la bourse des parents d’élèves et une situation syndicale qui souffle le chaud. Mieux, des salles de classe non fonctionnelles, vétustes ou affectées, des écoles non désinsectisées ou non dératisées et des abris provisoires non encore repris ne prêtent pas encore à un début des enseignements dès les premiers jours de la rentrée.
Le département de Mbour compte 234 abris provisoires. Des interrogations fusent encore sur les possibilités du démarrage des cours dès les premiers jours de la rentrée des classes. Des salles de classe méritent des cures de jouvence pour pouvoir accueillir des élèves. Si la commune de Malicounda a anticipé la construction de salles de classe, avec la collaboration d’une Ong américaine, par la réalisation de six classes sur dix prévues, des attentes sont nourries pour la suppression totale des abris provisoires. Aussi plusieurs établissements scolaires vétustes.

L’école Abdel Kader Lèye de la commune de Fissel avec ses 117 ans, l’un des premiers établissements scolaires publics de la région de Thiès attire l’attention. Elle interpelle la conscience et la mémoire collective pour la conservation de cet élément de patrimoine. L’école BadaraSarr, ex-école 1, ex-école régionale, créée en 1921, reste une icône de l’ensemble des cadres de la ville de Mbour. ModouCissé, son directeur actuel, fait remarquer que son établissement compte 16 classes dont douze fonctionnelles. «Deux des quatre classes non utilisées pour des cours sont sous le poids de l’âge et restent des éléments du patrimoine bâti.», a souligné le directeur. Avant d’ajouter: «son état, d’une manière générale, n’est pas trop reluisant. Des pans de murs tombés en plusieurs endroits. Le long de sa clôture, source d’insécurité, des restants du mur de clôture servant d’urinoir, source d’insalubrité».

Selon le directeur de l’école BadaraSarr, la balle est dans le camp des Mbourois et autres cadres de la ville qui doivent faire quelque chose pour leur école. Une lueur d’espoirs jaillit du côté du Comité de gestion de l’établissement scolaire dirigé par MadaroLèye et Amadou Diakhaté de l’amicale des anciens élèves de BadaraSarr. Le directeur de l’école BadaraSarr brandit un courrier à l’endroit de Fallou Sylla, le maire de Mbour qui y a fait son cycle élémentaire.

Tidiane Mané, le 1er  adjoint au maire de la ville de Mbour a reconnu ces remarques. Selon lui, la commune envisage de participer à hauteur d’une trentaine de millions de francs pour la remise à neuf ou la réparation de quelques installations dégradées. A l’en croire, d’autres écoles connaissent les mêmes problèmes à l’image de Cheikh Ahmadou Lo et Cheikh Demba Niang.

Pour lui, les écoles doivent avoir un visage convenable pour être dans un cadre idéal d’acquisition de connaissances et d’enseignement. Pour cela, il appelle à des mesures d’urgence pour prendre des dispositions nécessaires, notamment la mise en place rapide de fournitures scolaires et autres intrants pédagogiques souhaités du côté de la commune. En attendant l’opérationnalisation de ces mesures, la rentrée des classes ne sera pas synonyme de début des enseignements dès les premières heures.

LES INSPECTEURS D’ACADEMIE SE PRONONCENT

Voilà une catégorie d’acteurs du système scolaire qui se tue à la tâche pour les préparatifs de la rentrée scolaire. Ils sont la pierre angulaire d’une bonne rentrée dans les régions. Les responsables des Inspections d’Académies (IA), services déconcentrés du ministère de l’Education nationale, se prononcent sur les dispositions prises pour rendre l’environnement scolaire dans une dynamique d’accueillir le personnel administratif et les élèves. Toutefois les inspecteurs académiques sont revenus sur les difficultés qui risquent de plomber une bonne rentrée.

NGARY FAYE, IA DE DAKAR : « Nous lançons dès lundi la semaine de la propreté »
Préparer la rentrée, c’est prendre des dispositions techniques pour que dès les premiers jours de la rentrée que les cours puissent être effectifs. Par rapport à la préparation matérielle, l’IA de Dakar va abriter la semaine “Ubbitey” de la propreté. L’objectif est de désherber et désinfecter les écoles. Les collectivités locales se font signaler pour la mise en œuvre de la semaine de la propreté. Certains établissements, notamment l’IEF des Parcelles assainies se posent des problèmes de flaques d’eau et des dégâts matériels (toitures envolées). La situation des écoles de notre académie est assez acceptable. Nous convenons que les frais d’inscriptions ne constituent pas une conditionnalité. Cela ne doit pas empêcher les élèves de ne pas faire cours. La mise à disposition du personnel commence à être affectée. La rentrée avec son cortège de dépenses pose aussi un autre problème.

PAPA BABA DIASSE, IA DE RUFISQUE : « Nous organisons la semaine de la propreté de l’école du 05 au 10 octobre »
La rentrée scolaire est un processus qui démarre dès après l’organisation des examens de fin d’année. Ainsi au niveau de l’académie de Rufisque les mesures et activités ont été tenues dans le courant du mois de septembre/début octobre qui ont contribué à une bonne préparation du retour de nos élèves dans les écoles et établissements. Il s’agit entre autres activités une réunion de préparation de la rentrée avec les IEF et les Directeurs du CAOSP et du CRFPE avec comme ordre du jour : le bilan de l’année scolaire 2014/2015 en termes d’analyse des résultats scolaires, la situation des écoles inondées, la gestion des ressources humaines, la mise en place du comité local de dialogue social. Pour ce qui est de la campagne de sensibilisation Ubbitéyjangtéy au niveau des IEF, une correspondance a été élaborée sur les dispositions à prendre à l’adresse des IEF et des Proviseurs de lycées avec ampliations aux autorités administratives et locales, choix d’écoles et établissements à visiter le jour de la rentrée avec le Préfet. Sous ce rapport, chaque IEF et Proviseur devra faire un rapport sur la mise en œuvre du concept au plus tard le 08 octobre. En plus d’une préparation du mouvement interne pour la mise en place du personnel, nous organisons la semaine de la propreté de l’école du 05 au 10 octobre dans toutes les écoles et établissements. Une mise en position de stage des élèves-maîtres au niveau des IEF est prévue.

GANA SENE, IA DE  DIOURBEL : « Nous travaillons pour que le concept Ubbitey, Jangtey soit matérialisé »
L’IA de Diourbel prépare effectivement la rentrée des classes. La première mesure a été de tenir une réunion de coordination avec les inspecteurs pour identifier les difficultés. Nous avons installé à la suite de cela un comité régional de dialogue social qui a élaboré un plan d’actions pour éviter toute source de perturbations.  Heureusement au niveau de Diourbel, nous n’avons pas de d’écoles inondées.  Nous avons mis à contribution la semaine nationale de la propreté pour nettoyer les écoles avec l’appui des collectivités. Nous sommes entrain de procéder à l’orientation des 6 462 en classe de 6ème. Ce qui va prendre une semaine. Nous travaillons sans tambours, ni trompette pour que le concept Ubbitey, Jangtey soit matérialisé et commencer le cours.

Seydou Sy, IA de MATAM : « Une grande action de désherbage et désinfection »
Nous sommes entrain de faire un travail de diagnostic pour voir à l’échelle de la commune sur les résultats. Quel levier agir pour davantage de qualité dans le système. Par rapport à la rentrée, nous avons reçu des instructions pour faire le point des écoles inondées. En faisant le tour des trois inspections d’éducation et de formation, on n’a pas d’écoles qui répondent à cela. Sauf dans une localité où la toiture des salles a été emportée par la foudre et le mur du Cem des Agnam tombé.  Nous avons 29 écoles en chantiers dans le cadre du Paqueeb. Aussi tous les nouveaux chefs d’établissements Cem et Lycées ont reçu les documents de passation de services depuis 15 septembre. On va s’atteler à leur prise de service dans la première semaine de la rentrée.  J’ai pris langue avec les associations de parents d’élèves, les collectivités locales de concert avec les responsables des établissements pour une grande action de désherbage et désinfection pour avoir un environnement être dans la dynamique de “Ubbitey, Jangtey”.

MADA BA, IA DE KAFFRINE : »C’est à cause de l’hivernage que nous n’avons pas encore amené les tables bancs dans certaines écoles »
Nous sommes dans un processus des préparatifs de la rentrée en rencontrant les différents partenaires, notamment les parents d’élèves et les comités de gestion. Nous avons des difficultés liées à l’hivernage parce que 4 à 5 écoles ont été endommagées par la pluie. Pour ce qui est des écoles inondés de la commune de Kaffrine, tout est entrée dans l’ordre. Nous avons fait le point que nous avons déposé à la direction de la construction scolaire. Les écoles peuvent accueillir les élèves. Autre difficulté rencontrée est l’équipement de 37 écoles que nous avons construites dans le cadre du Paqueeb avec un financement de 2 milliards FCfa. Nous les avons déjà réceptionnées. C’est à cause de l’hivernage que nous n’avons pas encore amené les tables bancs. Les écoles seront fonctionnelles en octobre. Nous sommes entrain de résorber en grand pas les abris provisoires. Ils sont une soixantaine. Ils seront un mauvais souvenir dans le cadre du Paqueeb. Certaines écoles ont abrité des champs de mil ou de maïs mais la plupart des champs appartiennent aux comités de gestion des écoles. Nous sommes entrain de discuter avec eux pour qu’ils aient des champs l’année prochaine hors des écoles.

Alioune Ndiaye, IA de Kaolack : « Il y’a des abris à ériger »
Dans la commune de Kaolack, il y’a des écoles inondés. Il ne faut pas se voiler la face. En milieu rural, il y’a des abris à ériger en rapport avec les collectivités, dépositaire de cette compétence. Le pompage aussi d’autres établissement est prévu. Techniquement, la rentrée peut être bloquée pour un élève par son orientation. Tous les élèves de Kaolack qui remplissent les critères sont orientés dans l’enseignement général ou dans l’enseignement technique. Même s’il faut relever que l’orientation dans l’enseignement technique relève du niveau central. Au niveau de l’entrée en 6ème, nous avons reçu tardivement les résultats mais les IEF ont déjà procédé les orientations. Ce sont des dispositions techniques. Dès l’ouverture les chefs d’établissements vont procéder aux derniers réglages.

ISMAILA DIOUF, IA de Ziguinchor : “Le déficit de professeurs est récurrent”
Nous allons procéder au désherbage et à la désinfection des écoles pour la rentrée prochaine. Nous avons recensé 22 établissements, tout niveau confondu, qui sont inondés. Il a été demandé que les dégâts soient réparés pour démarrer le plutôt possible. Nous n’avons pas reçu encore les nouvelles affectations. Le déficit de professeurs est récurrent. C’est en philosophie, mathématiques, Physique-Chimie et Science de la vie et de la Terre. Ces disciplines sont en manque, recourant aux heures supplémentaires en faisant déplacer les professeurs d’un endroit à un autre. Face à ce déficit de professeurs, notamment Philosophie et Mathématiques, nous avons un projet qui a permis à certaines écoles de recevoir du matériel pour permettre le déroulement des cours par vidéo dans ces disciplines. Ce sont des cours enregistrés par des professeurs expérimentés. Nous attendons les affectations, même si on a eu de problèmes avec le Mirador.

Cheikh Dione, IA DE SEDHIOU : « Une bonne partie des infrastructures souffre véritablement d’indisponibilité »
“Nous avons pris un certain nombre de mesures pour préparer la rentrée. Il faut noter l’accueil par les structures le personnel enseignant en mettant à leur disposition des listes d’émargement pour le contrôle des présents. Nous demandons aux IEF et aux chefs d’établissements en relation aux parents d’élèves et des collectivités locales pour mettre les établissements à l’état d’accueillir les élèves. Les problèmes essentiels tournent autour du problème des abris provisoires. Nous sommes dans une région où l‘hivernage s’installe très tôt et se prolonge durant le mois d’octobre. Comme nous avons au niveau de l’élémentaire 30% des salles de classes en abris, plus de 50% au niveau du moyen et 42% au niveau secondaire. Une bonne partie des infrastructures souffre véritablement d’indisponibilité. C’est après l’hivernage que les parents confectionnent les abris provisoires. Cela pose un problème. L’autre difficulté est liée à la présence des élèves dans les écoles. C’est une région où les parents s’adonnent à l’agriculture ; les élèves aident leurs parents dans les travaux champêtres. Pour l’inscription et la réinscription posent problème. Nous cessons de sensibiliser les parents qu’ils amènent leurs enfants à l’école pour sauvegarder un quantum horaire acceptable. La mise à temps des enseignants, surtout les sortants de la formation de la Fastef, pour leur permettre aux élèves de disposer d’un encadrement suffisant et de qualité.

Sud quotidien

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