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Economie mondiale: Rétrospective de l’année 2018

L’extrême pauvreté en Afrique subsaharienne, la hausse de demandes de métiers hautement qualifiés, les emprunts des économies, le raccordement à l’électricité, l’accès à des services financiers sont, entre autres, les faits marquants de l’année 2018 selon la Banque mondiale.

 Alors que l’année 2018 s’achève, le taux d’extrême pauvreté dans le monde est à son niveau historique le plus bas, mais cette pauvreté devrait se concentrer de plus en plus dans une seule région.

L’extrême pauvreté de plus en plus concentrée en Afrique subsaharienne

Contrairement à ce que l’on observe dans la majeure partie du monde, le nombre d’habitants vivant dans l’extrême pauvreté a augmenté en Afrique subsaharienne, pour passer de 278 millions en 1990, à 413 millions en 2015. Sur les 28 pays les plus pauvres du monde, 27 se trouvent en Afrique subsaharienne, et le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté y est supérieur à l’ensemble des autres régions réunies. Alors que l’Inde comptait jusqu’à présent le plus grand nombre d’habitants vivant dans l’extrême pauvreté, le Nigéria est sur le point de la dépasser, si ce n’est déjà fait. Le taux moyen de pauvreté atteint environ 41% en Afrique subsaharienne, contre moins de 13% dans les autres régions du monde. Selon le Rapport 2018 sur la pauvreté et la prospérité partagée, cette situation s’explique par des taux de croissance plus faibles, des problèmes dus aux conflits et à la fragilité des institutions et une incapacité à tirer parti de la croissance pour réduire la pauvreté.

La demande de métiers hautement qualifiés est en hausse

Alors que la technologie est en passe de remplacer une quantité de tâches et certains travaux répétitifs, on recherche de plus en plus des compétences intellectuelles et socio-comportementales et des combinaisons de compétences associées à une plus grande adaptabilité. De nouveaux emplois et de nouveaux secteurs d’activités en font disparaître d’autres, plus anciens, et la technologie transforme bon nombre d’emplois existants. Cette tendance est déjà évidente dans les pays développés et commence maintenant à émerger dans certains pays en développement. Le Rapport sur le développement dans le monde, « Le travail en mutation », publié par la Banque mondiale, explique comment le travail est redéfini en permanence par le progrès technologique, et insiste sur la nécessité impérieuse pour les États d’investir dans le capital humain afin que les travailleurs développent les compétences demandées sur le marché de l’emploi.

Les emprunts des économies à revenu faible ou intermédiaire ont plus que triplés

Les emprunts des économies à revenu faible ou intermédiaire ont bondi en 2017, passant de 181 milliards de dollars en 2016, à 607 milliards de dollars en 2017, le niveau le plus élevé en trois ans, d’après les Statistiques sur la dette internationale. Le total de la dette de ces économies envers les créanciers extérieurs publics et privés a augmenté de 10% en 2017, pour atteindre 7,1 billions de dollars, alors que le taux d’accroissement de l’endettement s’élevait à 4% en 2016. Bien que leur dette extérieure reste en moyenne modérée, un tiers d’entre elles présentaient un ratio dette extérieure/revenu national brut supérieur à 60% fin 2017, un niveau jugé élevé pour des économies en développement. Onze pays à revenu faible ou intermédiaire affichent des ratios dette/RNI de plus de 100%, ce qui signifie que leur dette dépasse leur revenu national brut. L’augmentation de l’endettement des économies à revenu faible ou intermédiaire intervient dans un contexte d’inquiétudes face à la hausse générale de la dette mondiale qui, selon certaines estimations, est 60% plus élevée qu’avant la crise financière de 2018. Le fort niveau d’endettement, s’ajoutant aux récentes tensions commerciales, accentue les risques  pour la croissance économique mondiale et la réduction de la pauvreté. La Banque mondiale collabore avec les pays pour les aider à gérer leurs niveaux d’endettement  et renforcer leurs économies en faisant appel au secteur privé pour investir et en exploitant les possibilités de la technologie, notamment de la fintech.

Depuis 2011, 1,2 milliard d’adultes ont pu avoir accès à des services financiers

Aujourd’hui, environ 69% des adultes possèdent un compte dans un établissement financier ou un service d’argent mobile dont 514 millions de personnes y ayant eu accès entre 2014 et 2017, selon les données de la base Global Findex. Dans les économies en développement, la part des adultes titulaires d’un compte est passée de 54% à 63%. Mais dans un monde où les individus doivent impérativement avoir accès à des services bancaires pour participer à l’économie numérique, près d’un tiers des adultes, soit 1,7 milliard de personnes restent exclus du système financier. Les femmes des économies en développement ont encore 9 points de pourcentage de probabilités de moins que les hommes de posséder un compte. Une étude de 2017 a montré que le manque d’argent et de papiers d’identité, l’éloignement et les coûts, constituaient des freins à l’accès au système financier. Les produits financiers qui utilisent les technologies numériques offrent des possibilités de toucher les petites entreprises et les populations difficiles d’accès. À cette fin, le Groupe de la Banque mondiale et le FMI ont lancé une initiative visant à accélérer l’inclusion financière.

Environ 118 millions de personnes sont raccordées à l’électricité chaque année

L’accès à l’électricité s’est accéléré depuis 2010, 40 pays ayant atteint l’accès universel depuis 2010. Le Bangladesh, l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie font partie des pays ayant fait le plus de progrès. Ils ont tous amélioré leur accès à l’électricité de 3% ou plus par an entre 2010 et 2016. Au cours de la même période, l’Inde a raccordé 30 millions de personnes par an, soit plus que n’importe quel autre pays. Néanmoins, environ un milliard d’individus, soit 13% de la population mondiale, vivent encore sans électricité. Les régions les plus à la traîne sont l’Afrique subsaharienne ainsi que l’Asie centrale et l’Asie du Sud. Près de 87% de la population mondiale sans électricité habitent en milieu rural. Si le constat est accablant, la situation progresse sur de nombreux fronts. Dans beaucoup de pays, de nouvelles solutions à grande échelle alliant réseaux électriques et systèmes hors réseau, ont permis d’améliorer grandement l’accès à l’énergie. Dans d’autres, les mini-réseaux et les installations photovoltaïques domestiques offrent des solutions prometteuses. La transition en cours est favorisée par la forte baisse du coût des énergies propres. Le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à financer un nouveau programme mondial à hauteur d’un milliard de dollarspour accélérer les investissements dans le stockage de l’électricité sur batterie pour les systèmes énergétiques dans les pays en développement et les pays à revenu intermédiaire. Ce programme doit aider les pays à accélérer le déploiement des énergies renouvelables  en particulier l’éolien et le solaire  tout en améliorant la sécurité énergétique, la stabilité des réseaux et l’accès à l’électricité.

Zachari BADJI

 

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