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Économie numérique: La feuille de route de l’IATA  

En matière de nouvelles technologies, l’Initiative africaine des Technologies avancées (IATA) veut prendre le train de la grande vitesse. L’IATA, qui a organisé hier un « Business breakfast » sur les opportunités du numérique et de sa contribution au développement des économies africaines, a mis en exergue la recherche d’une solution concertée pour accroître les bénéfices de l’économie numérique. Le Président de l’IATA, Mbagnick Diop, et non moins Président du Meds, trace les jalons d’un long chemin qui reste à parcourir. Compte-rendu !

 

L’embellie du numérique ne profite pas au sous-secteur des TIC

« La transformation numérique est une priorité numérique stratégique pour le Sénégal, et le plan Sénégal numérique 2016-2025 en est très bien l’illustration la plus parfaite. En effet, les TIC sont un outil essentiel du développement d’un pays. Si elles sont utilisées à bon escient, elles peuvent donner toute la mesure de leur immense potentiel au service du développement économique et social. Toutefois, elles ne constituent pas une fin en soi, elles doivent être considérées comme un moyen, un outil pour concourir justement à la réalisation des objectifs fixés dans le plan Sénégal numérique 2016-2025, qui tourne principalement autour de la réduction de la fracture numérique. Le Sénégal a un réseau qui est numérisé à 100% et touche tous les centres de commutation, les artères de communication et le réseau international. Notre pays est en liaison avec plus de 50 pays du monde entier et est bien intégré au réseau mondial des câbles sous-marins de fibre optique. Cependant, cette description optimiste ne profite pas encore au sous-secteur des TIC, au sein duquel des entreprises compétissent pour un marché dynamique. C’est pourquoi les entreprises sénégalaises et sous régionales doivent se mobiliser. Il existe un différentiel de compétitivité et d’innovation avec les acteurs internationaux dominants qui ont su profiter du potentiel d’internationalisation du numérique. Le décalage prend de plus en plus de l’importance au fur et à mesure que le numérique pénètre le quotidien des usagers et acquiert une dimension transversale. Et cette situation se traduit par le bouleversement de nombreuses règles dans le domaine de la régulation des télécommunications, du droit de la concurrence, de la fiscalité, de la politique d’aménagement du territoire, de l’éducation, des politiques de santé, etc. »

Ce qu’il faut pour développer le numérique

« Pour développer le numérique au Sénégal et en Afrique, il est impératif d’avoir une vision d’ensemble, car le numérique touche aussi bien l’écosystème que le grand public. La phase actuelle de transformation numérique implique que nous passions d’une économie de vente, de distribution classique, de relation client, à une économie de plateformes. Cette économie nouvelle est un enjeu de développement. Elle crée un cercle fructueux de croissance grâce à la chaine des valeurs des Nouvelles Technologies de Management, d’échanges commerciaux, de l’Information et de la Communication. Google et Amazon ne fonctionnent pas seuls par l’unique puissance du marché. C’est l’action concertée entre décideurs publics américains et acteurs privés qui a permis la naissance d’une puissance économique mondiale qui irrigue notre quotidien et transforme les modèles économiques et juridiques. C’est sur cette analyse que nous voulons placer l’action de l’IATA. En effet, notre organisation, qui se veut un cadre d’échanges et de dialogue franc entre les décideurs publics et les acteurs des TIC, ambitionne de positionner nos entreprises aussi bien sur le plan national qu’international, afin de les rendre plus compétitives et qu’elles puissent soutenir la concurrence mondiale. Mais cette ambition ne peut se réaliser que si les décideurs publics comprennent les besoins, attentes et demandes de l’écosystème des TIC. Cette dynamique de concertation et de dialogue constitue un véritable «eldorado» pour nos entreprises. Les briques sont donc là. Nous disposons des usagers et les technologies sont à notre portée. La réussite des grandes entreprises traditionnelles dans ce domaine montre que les managers compétents existent. C’est pourquoi, il me semble impérieux de préserver notre souveraineté numérique en aidant les acteurs locaux à se développer.»

Les recommandations de l’IATA

« La transformation doit être pour le Sénégal et pour le continent africain, et en premier la sous-région, une priorité stratégique régionale, qu’il est indispensable de soutenir et d’accélérer. C’est ce que l’IATA entend faire avec ses membres. Nous pensons qu’il est illusoire et économiquement dévastateur de lutter contre le progrès technologique qu’il faut au contraire accueillir dans le cadre d’une vision partagée avec les acteurs. C’est pourquoi, nous pensons que le Sénégal doit avoir une ambition industrielle pour faire du numérique un levier de croissance durable. En cela, lorsque nous voulions parcourir le plan Sénégal numérique 2016-2025, nous avons été interpellés par la nature fiscale que ce plan ambitionne pour le numérique qui, à notre avis,  doit être rediscuté à l’aune de la compétitivité d’acteurs émergents. L’économie numérique est en pleine construction, il est essentiel de tenir compte de la nécessaire conciliation entre le potentiel économique et la position internationale du Sénégal. »

Les acquis de l’IATA

« L’IATA a réussi sur 1 an d’existence à se positionner comme une association professionnelle incontournable. Dans la même dynamique, nous avons intégré, depuis bientôt un (1) an, l’IUT à Genève comme membre associé. Nous avons signé une convention de partenariat avec le réseau LEXING qui est le plus grand réseau au monde d’avocats et juristes spécialisés dans ce secteur. Nous allons signer prochainement une convention avec Smart Africa basé à KIGALI. Aussi l’IATA va-t-elle intégrer le Haut conseil numérique que l’Etat du Sénégal compte mettre en place prochainement, entre autres actions que l’IATA compte déployer. Ce programme, loin d’être exhaustif, sera discuté et complété entre les membres du bureau et du Conseil d’administration avec vos contributions, suggestions et orientations, en bonne intelligence.

M. BA

 

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