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EDIFICATION D’UN PROJET DE 7 TOURS DE R+30 A 130 MILLIARDS F CFA SUR LE SITE DE «ASSANE DIOUF» : Ce que vous ignorez à propos du projet «Kawsara»

Le projet Kawsara, qui ambitionne d’implanter des tours sur le site de l’actuel stade Assane Diouf, est dans une impasse que lui impose la volte-face du président de la République, au lendemain des élections locales perdues par la Coalition formée autour de son parti, le Pds, interdisant la poursuite des travaux. D’un côté, c’est un Etat souverain, qui s’ouvre à des investisseurs privés pour atteindre son développement. De l’autre, ce sont des hommes mus par des intérêts mercantiles et politiciens, brandissant des arguments aussi fallacieux qu’empiriques.

Des terrains de substitution sont suggérés ça et là, mais les promoteurs restent accrochés au site initialement retenu, le stade Assane Diouf, sans quoi le projet risque d’être délocalisé vers d’autres horizons… Comme c’est le cas, du reste, pour la cimenterie que les mêmes promoteurs projetaient de construire au Sénégal.

Il y a deux ans, le quartier de Rebeuss s’est réveillé dans l’émoi, en constatant que la tribune et des pans entiers du mur du stade Assane Diouf s’étaient effondrés, après le passage d’un bulldozer. Dans les moments qui ont suivi, personne, alors personne, ni le ministre des Sports, ni le maire de Dakar, encore moins celui du Plateau, ne savait (ou ne voulait savoir) d’où venait l’ordre de démolition. Naturellement, des velléités conservatrices se sont manifestées, obligeant les autorités à mettre le bémol. A l’arrivée, il s’avère être un projet de plusieurs milliards de Fcfa, concédé à une société nouvellement créée et à laquelle sont associés des nationaux sénégalais et un magnat pakistanais des finances.

Le projet Kawasara, selon une de nos sources, est né d’une idée du chef de l’Etat, le président Abdoulaye Wade qui, au retour d’un voyage, empruntant la corniche, s’est plaint de la rupture que le stade Assane Diouf imposait au décor déjà chatoyant de cette grande artère dakaroise. Il s’en ouvrit à son conseiller, Chamsédine Ndoye, à qui il aurait même «intimé l’ordre de réfléchir rapidement sur un projet, sur ce site, qui soit agréable à la vue et qui ne heurte pas la proximité avec le mausolée de Thierno Seydou Nourou Tall».

Selon notre source, une société est immédiatement créée, en 2002, dénommée ACCI avec comme principaux actionnaires, des proches de la Présidence de la République, un membre d’une famille religieuse, un architecte sénégalais et un opérateur économique d’origine mauritanienne. Et pour se doter des moyens de ses ambitions, la société, signe un contrat avec un Pakistanais, appelé à lever les fonds nécessaires. Malheureusement, la mort viendra plomber le projet, emportant le bailleur pakistanais.

CAIS SUCCEDE A ACCI

Mais les promoteurs ne se lassent pas, d’autant plus d’ailleurs qu’il s’agissait de «traduire en acte les idées du président de la République ». Aussi, le dossier est-il confié au cabinet d’expertise Abdou Aziz Dièye, qui n’arrive cependant pas à défaire l’écheveau. En 2007, le Cabinet A.A. Dièye refile le bébé à la société nouvellement créée, China Africa Investment Sichuan (CAIS), dont les fondateurs sont un opérateur chinois, Zhang Yun, les Sénégalais Maguette Diop et Ibrahima Bâ. Toutefois, cette dernière a fait appel à sa filiale chinoise, CEIES, qui acquiert 80% du capital de la société mère, ACCI.

Le projet ayant rempli toutes les formalités administratives nécessaires à sa mise en œuvre, notamment l’obtention d’un bail de 30 ans, délivré le 6 mai 2004, d’une autorisation de construire, mise à disposition en aout 2007 et d’une autorisation de démolition, elle aussi délivrée en octobre 2008, rien n’empêchait donc plus le démarrage des travaux. Pour la période de trois ans que devaient durer les travaux de construction, un des actionnaires de la société CAIS assure que «nous avons déjà recruté 200 jeunes de Rebeuss». Mais au total, ils devaient être 3.000 Sénégalais à trouver un emploi sur ce site, à terme.

Kawsara, «c’est un projet de construction de sept (7) tours de R30, dont les deux premières tours, situées à l’entrée, feront usage de bureaux, tandis que les cinq autres, seront réservées à l’habitat», révèle cet actionnaire de la CAIS, qui précise qu’il n’y aura «ni supermarché, ni casino, encore moins de boîte de nuit, pour respecter le voisinage des mausolées des cheikhs de la famille Omarienne, ce qui était un des soucis du président Abdoulaye Wade ».

130 MILLIARDS CFA

Selon lui, le coût global dudit projet est chiffré à 200 millions d’Euros (plus de 130 milliards de Fcfa). En contrepartie, la société CAIS s’est engagée à construire, sur le site du terrain de l’Us Ouakam, un stade Omnisports, une arène nationale de lutte en face du Building communal de Dakar (derrière l’Inseps), un nouveau Centre social, en remplacement de celui de Rebeuss, contigu au stade Assane Diouf et un terrain de football dans une école du quartier (déjà réalisé).

Pourquoi ne pas accepter le transfert du projet Kawsara sur le site du Cerf-volant, communément appelé « Terrain Foyer », vide et quasiment abandonné aux mains des agresseurs, charretiers et autres garages mécaniques, et qui jouxte la Maison du Parti socialiste, l’Ecole multinationale des télécommunications (Esmt) et la mosquée « Massaalik Ul Jinaan » ou Gouy-Mouride ? «Pas question pour nos partenaires de délocaliser le projet, pour des raisons évidentes. C’est ce site-là que nous voulons et c’est pour lui que nos partenaires ont accepté de faire de tels sacrifices financiers ». Ils sont donc obligés de s’entendre avec les décideurs, mais aussi avec les populations à qui certaines hommes, de mauvaise foi, tentent de cacher tout l’intérêt que revêt, pour elles et leur quartier, l’implantation d’un tel projet.

Car, que signifie pour ces populations un stade à quelques encablures d’un autre (Iba Mar Diop), quand il est exigu, délabré (et même s’il était retapé), en plein centre ville, oublié par toutes les anciennes autorités administratives et sportives bien que Rebeuss et le Plateau en aient compté et pas des moindres , qui râlent aujourd’hui, par simple mauvaise foi ? Ce projet Kawsara doit prospérer, sur le site initial, pour l’intérêt des populations de Rebeuss, des quartiers voisins de la capitale et du pays tout entier. Car, à notre avis, Dakar ne refuse pas le développement.

Signalons, enfin, que Mme Gao, la grande patronne de la société CAIS, sera en visite à Dakar à partir de demain, mardi 5 mai. Selon nos sources, elle devrait être reçue par le chef de l’Etat.


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