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Education Le CSFEF contre sa marchandisation

Le Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation (CSFEF) s’oppose contre toute logique de marchandisation de l’éducation.

Le CSFEF s’est réuni hier à Dakar autour d’une conférence sur « la privatisation et la marchandisation de l’éducation ». À cette occasion, son représentant, Luc Allaire, a relevé que leur ambition est de travailler à des réponses spécifiques pouvant approfondir cette problématique, en vue de promouvoir sur cette question un meilleur portage au niveau international. « L’idée est de promouvoir la réflexion, le débat et quand c’est nécessaire, la mobilisation contre la marchandisation de l’éducation afin de garantir que les systèmes éducatifs promeuvent la réalisation du droit à l’éducation », a fait savoir Luc Allaire. Selon lui, il ne faut pas que la présence d’acteurs privés remette en cause ces droits fondamentaux d’éducation publique de qualité pour tous. Et rappelle d’ailleurs que depuis 2015, un consortium international d’organisations travaillait sur la privatisation de l’éducation et les droits de l’Homme afin de mieux cerner les enjeux de ce phénomène et agir de manière collective et constructive.

Samuel Dembélé, coordonnateur du Réseau africain de campagne pour l’éducation pour tous (ANCEFA), de son coté, de souligner qu’il va également militer pour des positions plus nettes sur cette question. Selon lui, la question de l’offre éducative gratuite et de qualité doit être garantie par les Etats, et que la privatisation a été jusque-là considérée comme un appoint. Mais les gouvernements doivent toujours jouer le rôle principal en termes d’offre et de régulation.

Le président du conseil d’administration de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP), Moussa Mbaye, souligne, quant à lui,  que l’accès à une éducation de qualité est un droit, et c’est l’Etat qui en est le garant. Alors que la vérité, c’est que les plus démunis doivent être activement accompagnés pour pouvoir en bénéficier. « Il ne s’agit pas de faire preuve d’étroitesse d’esprit ou d’ostracisme envers les acteurs du secteur privé, mais de convenir qu’une régulation dynamique est nécessaire et qu’elle est basée sur le principe fondamental du droit à une éducation de qualité pour tous », a-t-il souligné.

Pour le PCA de la COSYDEP, à l’initiative de cette rencontre, les écoles dites privées peuvent bien jouer leur partition, mais pas pour remplacer le public, et plutôt comme un choix complémentaire offert aux familles dans un contexte où elles peuvent tout aussi bien choisir une école publique bien dotée, où la qualité est assurée. « Dans cette perspective, les organisations de la société civile doivent jouer un rôle crucial en cherchant ensemble à collaborer avec les gouvernements et les décideurs politiques à tous les niveaux sur des solutions alternatives durables », a-t-il déclaré.

Pour rappel, cette conférence qui prend fin jeudi, réunit une centaine de délégués représentants de la société civile et des Etats de 26 pays francophones ainsi que des chercheurs et des organisations internationales.

Khady Thiam COLY

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