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El Hadji Malick GUEYE, député libéral de Kaolack : ‘Les détracteurs de Karim WADE ne représentent rien au Pds’

Le nouveau député El Hadji Malick Gaye est un farouche défenseur de Me Abdoulaye Wade. Mais aussi de son fils Karim à qui il promet le soutien de toute la région de Kaolack si tel est le souhait du Pape du Sopi. C’est pourquoi le président de la fédération rurale de Kaolack demande aux amis de Macky Sall de se taire. Pour El Hadji Malick Guèye, l’ancien Premier ministre ne devait son poste qu’à la confiance du chef de l’Etat et non à sa représentativité.

Source : Walfadjri
Wal Fadjri : L’idée de refondation du Pds suit son cours. Ce parti en a-t-il vraiment besoin ?

El Hadji Malick Guèye : Cette refondation est une idée géniale puisque chaque chose évolue. Le parti qui existe depuis 1974, a connu, depuis lors, plusieurs évolutions. Il importe donc de l’adapter à la nouvelle situation. Cette refondation fera revivre, à coup sûr, le parti qui s’est beaucoup massifié. Personnellement, je ne suis qu’à l’écoute de Me Abdoulaye Wade. C’est pourquoi je ne prête pas attention aux spéculations des autres. Je suis d’accord avec toute vision qu’Abdoulaye Wade aura du parti. Car nous sommes là pour l’accompagner et non le contredire. Son expérience et ses qualités humaines font de lui un visionnaire qui ne saurait se tromper sur l’avenir de ce parti qu’il a créé.

Wal Fadjri : D’aucuns croient que l’une des raisons de cette refondation, c’est pour faire de la place à son fils Karim Wade.

El Hadji Malick Guèye : Je dis haut et fort que si Abdoulaye Wade donne le parti à son fils ou à son propre frère, je demanderai à tous les militants de suivre et non de se rebeller. Parce qu’il faut se dire la vérité : Si beaucoup de Sénégalais sont aujourd’hui crédités d’une certaine audience, c’est à cause de leurs ascendants. Pas autre chose. Au vu de ce que Me Wade représente dans le landernau politique sénégalais et de ce qu’il a réalisé dans ce pays, il n’est pas exagéré de dire qu’il mérite que son fils ou même son petit-fils assure sa succession. Les Sénégalais qui ont largement fait confiance en Me Wade à la présidentielle de février, doivent avoir la même confiance en son fils. Et je le répète, si beaucoup de Sénégalais représentent quelque chose dans ce pays, c’est grâce aux mérites de leur père : Que ce soit sur le côté spirituel ou temporel.

Wal Fadjri : Seriez-vous alors parmi les souteneurs de la fameuse ‘Génération du concret’ ?

El Hadji Malick Guèye : Pourquoi pas. Et si demain Karim Wade crée un parti politique avec la bénédiction de son père, je serai avec lui. Et ce qui est sûr et certain, c’est que si je décide de soutenir Karim Wade, c’est toute la région de Kaolack qui sera avec moi derrière lui.

Wal Fadjri : Mais apparemment, Karim Wade a beaucoup de détracteurs dans le Pds.

El Hadji Malick Guèye : Vous savez, il y a des gens qui font de la politique un moyen de promotion sociale. Ces gens ne sont pas intéressés par l’avenir du pays, mais par leur propre poche. C’est pourquoi ils ne supportent pas le changement à la tête de certaines structures. Et je clame ici que tous ces détracteurs de Karim Wade ne représentent rien du tout dans le Pds. Vous pouvez le vérifier. Ils sont sans base politique. Abdoulaye Wade est la seule constante dans le Pds. En dehors de lui, nul ne peut se prévaloir d’une quelconque légitimité ou représentativité au plan national. Si le Pds était une religion, j’allais dire que Me Wade en est le prophète. C’est pourquoi quand un responsable prend la décision de quitter le Pds, il va souvent tout seul. Les exemples ne manquent pas. Karim est un citoyen sénégalais qui a le droit d’avoir des ambitions. N’en déplaise à ceux qui nourrissent des ambitions inavouées.



Wal Fadjri : Vous voulez parler de Macky Sall dont certains des proches ne sont pas contents de son départ de la Primature ?

El Hadji Malick Guèye : Je ne cesse de le répéter. Peu de gens connaissaient Macky Sall avant son accession à la Primature. C’est Me Wade qui l’a sorti de l’anonymat pour le propulser au-devant de la scène. Aujourd’hui, il est connu à travers tout le Sénégal parce qu’il a été Premier ministre. Il peut en être de même avec n’importe quel citoyen anonyme. Macky Sall ne devait ce poste ni à son poids politique, ni à son expérience, encore moins à ses compétences. Il devait ce poste à la confiance que le chef de l’Etat avait en lui. Et cette confiance se poursuit puisqu’il est aujourd’hui à un autre haut poste de responsabilité. Je demande donc à ses amis de se taire. Je leur dis surtout qu’on n’est pas éternellement Premier ministre. Macky Sall a remplacé quelqu’un à ce poste. Me Wade aurait pu le remplacer sans lui confier d’autres responsabilités. C’est pourquoi je demande au chef de l’Etat de refuser le chantage. Ça ne doit plus passer. Et je m’adresse également à Aliou Sow, l’ancien ministre de la Jeunesse. Voilà aussi quelqu’un qu’on a sorti de l’anonymat et qui se met à faire la fine bouche en crachant sur un poste ministériel. Qui connaissait Aliou Sow au Sénégal avant l’alternance ? Personne. Il faut donc qu’on arrête avec ces méthodes.

Wal Fadjri : Vous promettez à Karim le soutien de tous les Kaolackois, mais vous n’êtes pas le seul responsable politique du Pds à Kaolack…

El Hadji Malick Guèye : C’est vrai. C’est parce que le Pds a gagné les élections présidentielle et législatives dans le Saloum que chaque responsable cherche à s’approprier la victoire. Mais la réalité est tout autre. Car, parmi ces responsables qui se bombent le torse, il y en a qui n’ont jamais osé tenir un meeting dans leur quartier. Les concernés se reconnaîtront. Quant à nos alliés comme El Hadji Diouf, je ne peux que le remercier, car il était venu nous soutenir. Mais quant à sa représentativité, je n’en dirai pas plus. Chacun sait ce qu’il vaut dans son propre fief. Par exemple, chez moi, à Latmingué, il y avait 4 180 votants. La Coalition Sopi y a obtenu 3 096 voix, grâce à mon travail. Ces résultats prouvent à suffisance ma représentativité. Et pourtant, je ne manquais pas d’adversaires, car il y avait les têtes de liste de Waar wi et du Rp. C’est vous dire que j’ai investi ce qu’aucun responsable politique du Pds n’a investi comme moyens dans la région de Kaolack. Aujourd’hui, à l’heure où je vous parle (l’entretien a eu lieu de mardi, Ndlr), je suis en train de faire distribuer 14 tonnes de semences d’arachide dans la région de Kaolack.

Wal Fadjri : Vous semblez ne pas être en bons termes avec les autres responsables libéraux de Kaolack. Pourquoi ?

El Hadji Malick Guèye : Le vrai problème de Kaolack, c’est le parachutage de responsables qui ne sont pas originaires de la région. A part Khalifa Niasse et moi, vous ne verrez pas un autre responsable du parti qui peut se targuer d’être un Kaolackois de souche. Certains d’entre eux ne peuvent pas vous désigner une maison à Kaolack comme étant leur toit familial. Je citerai le cas de Daouda Faye. S’il a aujourd’hui des problèmes à Kaolack c’est parce qu’il avait déclaré en 1992 qu’il était de Mbour et non de Kaolack. Et les Kaolackois n’ont toujours pas oublié. Il y a aussi Mor Maty Sarr, Abdoulaye Diack et consorts, mais les populations réclament toujours des responsables originaires du Saloum. Ces tiraillements sont à l’origine de nos difficultés. La preuve en est que Kaolack n’est pas représentée dans le gouvernement, encore moins dans le bureau de l’Assemblée nationale. Et ne me parlez pas de Daouda Faye puisque, pour les Kaolackois, le monsieur n’est pas de la région.

Wal Fadjri : Parlons du redécoupage administratif qui fait actuellement des mécontents. Surtout dans votre région, dans la communauté de Makka Yopp. Certains y voient des motivations politiciennes.

El Hadji Malick Guèye : En toute honnêteté et en tant que parlementaire, je demanderai au président de la République de faire très attention à certaines localités. Car cela peut créer beaucoup de difficultés au parti à l’avenir. Surtout en termes de perte de voix.


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