POLITIQUE

ELECTION AU GABON  L’UA et la France ne parlent pas le même langage

  • Date: 6 septembre 2016

Au moment où la France crie partout qu’il faut afficher les résultats par bureau de vote, l’Union africaine demande qu’on respecte la loi gabonaise qui veut que les contestations se fassent auprès de la Cour constitutionnelle

Au moment où la France a clairement emprunté la voie de la partialité en allant dans le sens de Jean Ping, l’Union africaine choisit celle de la légalité. En effet, le président en exercice de l’UA, Idriss Deby Itno, a purement et simplement demandé à l’opposition et au parti au pouvoir de « privilégier le dialogue et la concertation dans le strict respect des procédures légales et constitutionnelles ».

Le président Deby a aussi proposé la médiation de l’Union africaine et appelé les candidats à recourir aux « instruments pertinents de l’UA, pour trouver une solution à la crise née du contentieux électoral ».

C’est une position que l’on peut qualifier d’historique, puisque l’Union africaine a souvent été influencée par les pays occidentaux. Or, aujourd’hui, cet appel à recourir aux voies légales gabonaises tranche avec ce que veut imposer la France qui, sous-couvert de l’Union européenne, s’est rangée dans le camp de Jean Ping. La France demande, en effet, que les résultats soient affichés bureau de vote par bureau de vote. Exactement, ce que souhaite Jean Ping qui ne veut pas aller devant la Cour constitutionnelle.

Il s’agit d’une procédure que ne prévoient ni la Constitution, ni la loi électorale gabonaises. En effet, en cas de contestation des résultats, les candidats peuvent faire un recours devant la Cour constitutionnelle, comme c’est le cas dans tous les pays francophones d’Afrique.  Beaucoup se posent d’ailleurs la question de savoir pourquoi La France veut, aujourd’hui, qu’on procède à un recomptage des voix, alors qu’en 2010, lors des élections ivoiriennes, elle s’était catégoriquement opposée à la demande formulée alors par Laurent Gbagbo.  A l’époque, Jean Ping, alors président de la Commission de l’Union africaine, avait clairement refusé au président ivoirien Gbagbo le droit au recomptage. Mais, aujourd’hui, les choses ont tourné, la France et Jean Ping ont des positions qui font sourire les observateurs.

Le ministre de la Justice démissionne

Le ministre de la Justice du Gabon et deuxième vice-Premier ministre, Séraphin Moundounga, a annoncé qu’il démissionnait hier alors que le Gabon se trouve en pleins troubles post-électoraux après l’annonce de la réélection contestée du président sortant Ali Bongo Ondimba. « Je me décharge de mes fonctions gouvernementales et je prends congé du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) », a déclaré le ministre dans une déclaration à la télévision d’opposition TV+. Il s’agit de la première défection de haut niveau depuis le début des troubles mercredi dernier. L’ex-ministre a demandé le « recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote et procès-verbal par procès-verbal. » Il s’agit de la principale exigence du rival d’Ali Bongo, Jean Ping, qui se déclare « président élu ». En cas de nouveau comptage, « si les résultats annoncés sont confirmés, le PDG en sortirait grandi et son candidat conforté tandis que l’opposition n’aurait plus rien à redire », a déclaré M. Moundounga en référence à Ali Bongo. « Si par contre les résultats sont infirmés, le PDG devra en tirer les conséquences », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Justice et des droits humains, considéré comme l’un des protégés du président, démissionne alors que l’opposition peut déposer un recours devant la Cour constitutionnelle jusqu’à jeudi pour contester les résultats de l’élection. « Nous savons depuis longtemps qu’il est de mèche avec (l’ancien président de l’Assemblée) Guy Nzouba Ndama », a réagi le porte-parole du gouvernement Alain Claude Bilie-By-Nze sollicité par l’AFP. M. Nzouba Ndama avait démissionné de son poste en mars dernier avant de se rallier à Jean Ping.

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