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ELECTION DE LA CHAMBRE DE METIERS DE DAKAR : FRAUDES ET MANIPULATIONS (Par Amdy Moustapha Thiam)

Dans une précédente contribution, les germes d’une  contestation électorale avaient été évoqués pour l’instauration d’un climat, post-électoral apaisé à l’occasion du renouvellement des Assemblées Générales des chambres de métiers. En effet, le processus électoral est entaché par, en amont, la délivrance et le renouvellement des cartes  d’artisan. Le plus renversant est que c’est l’un des candidats, en l’occurrence le président de la chambre de métiers, candidat sortant, qui est le signataire des cartes professionnelles qui symbolisent également les cartes d’électeur.

Autrement dit, la carte  délivrée par le candidat sortant, remplit 2 fonctions : la reconnaissance du titre de qualification et un droit de vote. L’une des dispositions pertinentes du décret 92 – 1191 qui régit la matière électorale dispose : « Sont électeurs et éligibles, les artisans titulaires de cartes professionnelles en cours de validité a la date du scrutin » De surcroit les cartes professionnelles nouvellement délivrée ont une durée de 2 ans. Lors de leur renouvellement, aucun contrôle n’est exercé par quelque autorité administrative qu’elle soit, l’initiative étant laissée entièrement au président candidat sortant.  Quel crédit peut-on accorder à un tel système si l’on sait que les risques de fraude sont nombreux.

Lors du scrutin du 24 janvier 2016, des irrégularités manifestes qui ont pu entacher les élections et biaiser les résultats, ont été relevées. En effet, de lots de centaines de cartes sont remises à des personnes dument identifiées à  Pikine, Guédiawaye, Keur Massar et Sangalkam. Il est notable que des cars « NDiaga Ndiaye » entiers d’électeurs non ayant droit a une carte d’artisan ont été convoyés dans les lieux de vote et ont pris une part active dans le scrutin. Ce phénomène a été observé dans plusieurs localités notamment à Rufisque, ou des femmes autoproclamées commerçantes, mareyeuses et autre corps de métiers totalement étrangers à l’artisanat, ont brandi des cartes professionnelles d’artisans. Comme par hasard, elles relevaient toutes de la meme section des artisans  d’ART à l’instar du candidat sortant.

Ce qui dénote d’une volonté manifeste d’insinuer la fraude dans la section ART pour non seulement gonfler indument le nombre de sièges attribués à la section d’appartenance du candidat sortant mais aussi, de maximiser frauduleusement ses chances de rempiler. Paradoxalement  dans le département de Dakar, sur 593 inscrits dans la section ART seuls 78 artisans ont voté et c’est un signal fort de la défiance des artisans de sa propre section à son endroit pour qui connait la population d’artisans d’ART du village artisanal de Soumbédioune, Pour la section SERVICE sur 331 inscrits seuls 54 ont voté pour la section production seuls 99 ont voté. En précisant que la liste « AND SOUKHILY CHAMBRE DE METIERS AK AMDY MOUSTAPHA » n’a pas investi dans les sections ART et SERVICE par faute de blocage et de rétention de carte.

Il a été observé que des cartes toutes neuves ont été distribuées sur place ne laissant aucun doute sur la volonté manifeste du candidat sortant de mettre illégalement tous les atouts de son coté pour rempiler. Pour  disposer des preuves tangibles des fraudes massives, des photocopies des cartes incriminées ont été obtenues des porteuses pour alimenter ultérieurement un dossier de contentieux, sans y ajouter la neutralité que devait observer le Sécretaire Géneral de la chambre de métiers qui a accompagner toute la journée le president sortant dans ces visites des differents centres de vote de la région.

Au total, le mode de délivrance et de renouvellement des cartes professionnelles et la double fonction qui leur est attribuée, sont à l’origine de toutes les suspicions légitimes qui frappent le document et lui enlève toute crédibilité malgré la revendication récurrente d’élever la carte d’artisan à la meme dignité que le registre du commerce. Il est donc aisément compréhensible que le répertoire des chambres de métiers n’ait enregistré que moins de 10 % de la population artisanale, d’une part et que le nombre de votants représente moins de 5% des électeurs inscrits qui s’élèvent à 4.493  inscrits dans la région de Dakar avec moins de 300 votants.  Ces tendances montrent à souhait le manque d’attrait et de représentativité des chambres de métiers.

La désaffection des artisans vis a  vis des institutions qui leur sont pourtant dédiées, tire son origine de ce phénomène et entraine la nécessité d’opérer de manière urgente des ruptures dans le sens de réformer les chambres de métiers conformément aux vœux du Président de la République Maky SALL. Les axes stratégiques du conseil des ministres décentralisé de Tamba le 25 Avril 2013 vont dans ce sens.

Lorsqu’une élection repose sur un fichier électoral manipulé, des fraudes massives et une désaffection de l’électorat réel, il est à se demander de quelle légitimité peut se prévaloir un candidat qui rempile dans ces conditions ?

Il est plus que temps de mettre un terme a cette mascarade d’élection par un contrôle effectif du système électoral dans son intégralité par une autorité indépendante, par un découplage des 2 fonctions cristallisées dans la carte professionnelle avec l’impression de bulletins de vote et enfin par le repositionnement des chambres de métiers dans ce que doivent être leurs rôles et missions. C’est a ce prix que les initiatives tendant a la reforme des structures d’encadrement seront saluées par tous les acteurs.

La rupture de l’égalité des candidats et les fraudes massives relevées en amont du scrutin du 24 janvier 2016, sont de nature a affecter la sincérité du vote et par voie de conséquence les résultats qui en découlent.

En outre, il a été noté l’inexistence d’un collège électoral des compagnons de service comme s’il n’éxistait aucun inscrit au répertoire de la chambre de métiers a ce titre. Il est paradoxal que toute la section des services riche de plusieurs corps de métiers n’ait enregistré aucun inscrit. Le décret 92-1191 dit expressément en son article 28 « il existe 6 collèges électoraux….. 3 collèges de compagnons dont 1 pour chaque section ». Il est curieux que le collège des compagnons soit totalement absent de ces joutes électorales. Si c’est avéré que des compagnons service figurent dans le répertoire de la chambre de métiers de Dakar, il en résulte un manquement grave qui peut entrainer l’annulation du scrutin.   Une manipulation du répertoire se répercute négativement sur la totalité de l’élection du 24 Janvier 2016, de plus il a été noté que bizarrement les procès verbaux remis a mes représentants du centre de vote Berthe Maubert ont été repris et déchirés.

Au regard de ce qui précède, l’annulation pur et simple de l’élection du 24 janvier 2016 de Dakar est une exigence incontournable. Des démarches allant dans ce sens seront menées incessamment pour refonder le choix des dirigeants des institutions consulaires des métiers sur de nouveaux paradigmes.

Amdy Moustapha THIAM

Candidat a l’élection du 24 janvier 2016

Président des professionnels de la Métallurgie « URPAM »

thiamamdymoustapha@gmail.com

Tel 775710666

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