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Élection présidentielle Ces candidats déclarés : entre forces, faiblesses et effets d’annonce Pape Diop, Idrissa Seck, Karim Wade, Abdoulaye Baldé, Malick Gackou, Khalifa Sall, Abdoul Mbaye…

  • Date: 13 janvier 2016

Le débat actuel s’articule largement autour de la question du référendum et de la réduction ou non du mandat en cours de Macky Sall. Mais la finalité est l’élection présidentielle, une échéance qui aiguise les appétits des uns, fait affûter les armes des autres et amène même des personnalités publiques, véritables outsiders, à se déclarer candidats. Si la candidature de certains est évidente, celles des autres semble hypothétique à côtés d’autres qui paraissent plutôt amuser la galerie par des effets d’annonce. Forces, faiblesses et prétentions embaument l’atmosphère.
L’échéance électorale pour la Présidentielle est si loin et si proche. Des candidatures sont déjà déclarées. Mais beaucoup de probables candidats ont été aux affaires, jusqu’à une date récente ou sont d’anciens responsables politiques libéraux. Les uns se montrent déjà teigneux et combattifs. D’autres rasent encore les murs ou se font désirer dans l’arène de la contradiction politique après avoir annoncé leurs candidatures. L’investissement du terrain national et l’élargissement des bases partisanes est l’explication fournie pour légitimer leur absence dans le combat pré-électoral. Par contre, certains candidats déclarés anticipent déjà le combat pour arracher le Palais de Roume à son occupant actuel. Quelles sont leurs forces ? Quelles sont leurs faiblesses ? Qui sont les prétentieux ?

Pape Diop, Bokk Guis Guis

Forces : Son nom authentique est Moustapha. Mais Pape Diop est celui auquel sont habitués les Sénégalais. La constance, l’expérience politique et institutionnelle et la combativité font partie de ses atouts. Fils de Thiès, carrefour de refus et de contestation, il a la chance d’être le seul candidat qui a eu, dans son épopée politique, à assumer les charges de suppléant du président de la République en cas de vacance du pouvoir pour avoir été président de l’Assemblée nationale, puis président du Sénat. Son expérience dans la gouvernance institutionnelle et locale est un important avantage pour lui. Il connait les Institutions et a la réputation d’un homme qui apporte plus pour la victoire d’un idéal que l’inverse. En fait, il sait s’engager à fond et mettre les moyens qu’il faut pour atteindre ses objectifs. Depuis plus de deux ans, il investit le Sénégal, installant par-ci son parti et débauchant par-là des personnes ressources et des militants. Il ne personnalise jamais un débat, préférant évoquer des faits, des réalités et des chiffres pour convaincre. Son aura et la masse de militants libéraux qu’il a emmenés peuvent lui être fort bénéfiques.

Faiblesses : L’éloquence lui font encore défaut parce qu’il n’est pas habitué à la polémique. Il est trop circonspect dans ce qu’il dit de sorte qu’il se fait parfois rare dans le débat public pour une opinion publique si malléable par la parole. Malgré un bon bilan à la tête de Dakar dont il fut le Maire, il a perdu aux Locales et doit œuvrer pour reconquérir la Capitale et gagner le pays.

Abdoulaye Baldé : Union centriste du Sénégal (Ucs)

Forces : Sa jeunesse est un atout. Il fait partie des jeunes loups de l’arène politique. Chevronné homme d’Etat ayant commencé à faire ses preuve dans la haute administration de l’Etat français, ancien Commissaire de police, ancien Inspecteur général d’Etat (Ige), ancien Secrétaire général de la présidence de la République et ancien ministre des Forces armées, il a joué un rôle considérable à l’Agence Nationale de l’Organisation pour la Conférence islamique, ANOCI. Il a une base électorale solide, Ziguinchor où il est difficile de le déboulonner. Il accomplit de grands chantiers dans la Capitale du Sud où il jouit d’une popularité incontestable. Beaucoup d’Infrastructures réalisées par l’ANOCI sont à son actif. Il peut bénéficier de soutiens politiques internationaux déterminants, ayant le seul parti à siéger à l’Internationale centriste pleine de forces influentes.

Faiblesses : Il a une voix à peine audible à cause d’une tonalité vocale qui semble difficile à se faire entendre. C’est une faiblesse en politique. Ciblé par la CREI, sa proximité d’alors avec Karim Wade lui colle encore à la peau. Son parti, l’Ucs, n’est pas encore bien ancré dans le territoire national où il se déploie. Dégageant pourtant un certain charisme, il lui manque une grande éloquence qui galvanise et porte de l’avant. Peut-être parce qu’il n’est pas politicien mais très politique.

Idrissa Seck, Rewmi

Forces : Ancien Directeur de Cabinet du Président Wade, ancien Premier ministre et ancien Maire de Thiès, il est actuellement Président du Conseil départemental du même nom. Il a modifié la ville de Thiès et a été « le jardinier des rêves de Wade », alors président de la République. Son principal atout est sa ténacité dans sa lutte pour l’accès au pouvoir. Sa force est sa parole. Il a un génie en métaphore, allégorie, calembour et boutade. Sa maitrise de la langue française et son aise dans le Wolof irradient son éloquence dont la seule épigramme investit l’esprit public et s’impose dans le débat politique. Il est courageux, calculateur et toujours bien inspiré. Il est le seul, pour le moment, à se montrer d’attaque contre l’adversaire de tous, Macky Sall.

Faiblesses : Absentéiste selon beaucoup d’observateurs, il disparait de l’arène politique et n’y surgit qu’à des occasions de manifestations religieuses pour lancer des bombes au régime Macky. Il est également considéré comme un homme trop pressé pour qui un destin présidentiel est d’ordre divin. Son parti Rewmi connait beaucoup de saignées. Il y applique ce qu’il reprochait à Wade : une gestion arbitraire selon des humeurs et des rumeurs. Ses tergiversations supposées entre les confréries écornent son image. Son pourcentage électoral s’est énormément amoindri et il lui est encore difficile de se remettre sur l’orbite populaire qui faisait sa force.

Karim Wade, Pds

Forces : Son nom a grandi quand il est tombé dans les abysses de la CREI. Accusé de prédation et d’enrichissement illicite, il est condamné à purger une peine de 6 ans. Sa gestion ministérielle n’a point été épinglée et c’est à son honneur. Aujourd’hui, sa principale force est d’être considéré comme une victime, voire même un martyr à libérer de la prison où il croupit. Investi candidat du Pds, il jouit de plus en plus d’une popularité en raison de l’impunité dont jouissent beaucoup de ses anciens co-accusés, aujourd’hui, vautré dans le Macky. Une pression internationale et une compression nationale s’expriment pour sa libération. Les Sénégalais étant amnésiques et très sensibles à l’injustice, le prennent, pour ce qu’il fit et ce qu’il fut comme une alternative.

Faiblesses : Sa candidature est hypothéquée par son emprisonnement qui risque d’avoir des effets pervers sur son casier judiciaire. Il a toujours été considéré comme le fils de… auréolé de tous les pouvoirs d’influence. Il est un produit politique de son père dont la volonté de lui transmettre le pouvoir a échoué. Il comprend très bien le Wolof, langue nationale de conquête des suffrages. Mais il ne la parle pas. C’est un de ses plus grandes défaillances politiques. Malgré un accoutrement de talibé couronné d’un bonnet carré et d’un turban de dévoué adepte mouride, il dégage encore l’image de celui qui détenait un pouvoir démesuré et une immense fortune par la grâce de son père et l’argent du contribuable. Une image difficile à amender.

Malick Gackou, Grand parti (Gp)

Forces : Il a du courage et de l’expérience politique. Economiste formé dans les pays de l’Est, il a été à l’école de sages comme Famara Ibrahima Sagna et de diplomates comme Moustapha Niasse dont il a quitté le parti où il était une forte autorité politique. Il a été au Parti socialiste (Ps) où il a eu le courage de créer le CREDIMEES, le Cercle de Réflexion des Diplômés du Mouvement des Elèves et Etudiants Socialistes. Homme de la banlieue où il est populaire, ancien Maire de Guédiawaye, il sait être tenace et regarder fixement le but qu’il se fixe. Ambitieux et passionné, il est altruiste envers les faibles, particulièrement les enfants, n’ayant connu ni son père, ni sa mère. Son parti, dernier des nés, émerge et s’impose. Il fait partie des candidats qui comptent. Ses sorties et ses attaques politiques lui donnent une présence réelle dans l’espace public.

Faiblesses : Il est pertinent surtout dans le débat institutionnel et économique. Mais il n’a pas encore l’éloquence requise pour s’imposer convenablement dans le landerneau politique. Le Grand parti (Gp) qu’il a fondé a une bonne présence dans la banlieue. Mais il n’a pas encore émergé sur l’ensemble du territoire national, ce qui limite ses chances électorales.

Khalifa Sall, Ps

Forces : Il force le respect pour sa nature impavide, sa constance et sa ténacité dans le Parti socialiste (Ps), le seul parti qu’il connait. Ancien député, ancien ministre, il a conquis haut la main la Mairie de Dakar, s’imposant comme une personnalité politique crédible appelée à mener le combat des socialistes pour la reconquête du pouvoir. Combattu par le régime au moyen d’un juridisme pro domo, lacéré dans son propre parti où il fait face à toute sorte de conspiration, son inflexibilité et l’œuvre qu’il exécute pour une belle physionomie de Dakar plaident en sa faveur.

Faiblesses : Nul ne sait ce qu’il veut. Son nom grommelle partout. Mais on ne l’entend nulle part. Les Sénégalais commencent à se désoler de son silence que beaucoup jugent timoré. On ne l’entend pas monter au créneau plaider la cause sociale. Il est hors du pouvoir, son parti étant allié de celui-ci. Sa position est si nébuleuse que beaucoup de ses partisans commencent à exprimer çà et là leur désappointement. Il semble être peu sûr de lui, ne s’engageant pas dans l’arène du refus pour exprimer ses ambitions, ce qui réduit son élan.

Abdoul Mbaye, Indépendant ?

Forces : Banquier chevronné et ancien Premier ministre de Macky, il est le fils du très respecté Kéba Mbaye dont le nom sonne au rythme de la sagesse et de la crédibilité. Devenu Premier ministre de Macky Sall, il a vite imposé un style de gouvernance basé sur une obligation de résultats. Sa maitrise de l’économie banquière et son aise dans les finances et le négoce lui donnent le profil d’un vrai technocrate qui peut prétendre à une élection présidentielle.

Faiblesses : Le nom de son père semble être la seule identité qui lui donnerait une légitimité. Il est célèbre mais ne jouit d’aucune popularité. Il n’a pas duré à la Primature pour convaincre les électeurs de ses capacités de bâtisseur. C’est un technocrate. Mais il n’est pas un homme d’Etat, produit de la haute administration encore moins un homme politique bien préparé à affronter l’arène des coups et des diatribes. L’évocation de son nom dans l’affaire Habré lui porte préjudice.

Papa Ndiaye

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