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Elections de mi-mandat: la débâcle annoncée des Républicains américains en 2018

Les Américains vont retourner aux urnes cette année. En novembre, ils doivent renouveler la composition de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Actuellement, les Républicains détiennent la majorité dans les deux chambres du Congrès américain. Mais cette situation risque de changer lors de ces élections de mi-mandat.

Au sein du parti républicain, tous les voyants sont au rouge : ces derniers mois, les candidats conservateurs ont essuyé différentes défaites électorales dans des Etats remportés pourtant en 2016 par Donald Trump. Et pour novembre prochain, les enquêtes d’opinion semblent annoncer ce qui pourrait se transformer en une véritable déferlante démocrate.

« Les sondages nationaux montrent une avance de 10 points pour les démocrates quand on demande aux Américains pour quel parti ils voteront en novembre prochain, explique Steven S. Smith, professeur en sciences politiques à la Washington University de Saint-Louis, dans le Missouri. Cette tendance se soldera par une perte d’au moins 30 sièges pour les conservateurs, une défaite suffisamment importante pour que le Parti républicain perde sa majorité à la Chambre des représentants. Les Républicains ont donc raison d’être très nerveux ces jours-ci ».

« Les Républicains ont dû gérer l’administration Trump »

Après les huit années de la présidence Obama, que les Républicains ont passées dans l’opposition, le camp conservateur a eu du mal à passer de la parole aux actes, constate Steven Smith. « Leurs efforts pour abolir l’Obamacare ont échoué. La réforme fiscale, qu’ils viennent d’adopter, n’est pas populaire. Et ils ne se sont pas occupés de très nombreux dossiers qui figuraient pourtant parmi leurs promesses électorales, comme la réforme de l’immigration, la construction du mur, le renforcement des infrastructures, le financement d’un programme sur la santé infantile. Tout cela, ce sont des points négatifs. Et, cerise sur le gâteau, les Républicains ont dû gérer l’administration Trump. Or, Donald Trump est très impopulaire ».

De nombreux Américains, et parmi eux une partie de l’électorat républicain, reprochent à Donald Trump sa manière d’incarner la fonction présidentielle. « Ses tweets inconsidérés, son goût de la polémique, son goût de l’invective ont fini par lasser y compris dans le camp républicain. Les sondages montrent clairement que même chez les Républicains, on aimerait un peu plus de dignité dans la fonction de la part de Trump », constate Corentin Sellin, professeur agrégé d’histoire et spécialiste des Etats-Unis.

Sans oublier l’affaire des ingérences russes dans la dernière présidentielle américaine et l’enquête du procureur spécial Robert Mueller qui tente d’élucider les liens supposés entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou.

« Du côté de Trump et de sa défense, on attend une clôture rapide de l’enquête Mueller qui ne pèserait donc pas du tout sur les élections de mi-mandat et qui libérerait le président. Evidemment, du côté démocrate, on espère au contraire l’approfondissement de l’enquête Mueller, poursuit-il. Et donc, s’il devait y avoir de nouveaux rebondissements durant le premier trimestre 2018 ce serait évidemment un enjeu essentiel des élections de mi-mandat qui deviendront à ce moment-là un référendum sur la viabilité de Trump président et surtout sur la poursuite ou pas de l’enquête Mueller ».

Moins de Trump et moins d’actions législatives

Face à cette situation très fluctuante et dont ils ne maîtrisent pas toutes les composantes, les Républicains tentent de s’organiser. « D’abord, ils aimeraient que le président cesse d’être un problème pour eux, croit savoir Steven S. Smith. Mais ce n’est pas évident de trouver une stratégie commune.Il y a des discussions au sein du parti pour savoir, combien de chantiers législatifs ils devraient lancer dans les mois à venir. Beaucoup d’entre eux souhaitent mener une campagne sur des thèmes qu’ils fixeraient individuellement. Ils ne souhaitent pas être trop associés à la réputation du parti national. Les Etats-Unis sont un très grand pays. Les enjeux pour qu’un candidat républicain dans le Sud remporte la victoire ne sont pas les mêmes que ceux d’un candidat de la côte pacifique. Donc beaucoup de ces Républicains voudraient que l’agenda législatif au Congrès ralentisse pour qu’ils puissent mener campagne comme ils l’entendent ».

Et puis, il y en a qui décident carrément de ne pas se représenter. Comme le Républicain modéré Charlie Dent, élu pendant 25 ans à la Chambre des représentants, et qui a décidé de mettre un terme à sa carrière politique. Il ne part pas à la retraite en raison de son âge, explique ce quinquagénaire, mais entre autres à cause de ses désaccords avec la ligne politique imposée par Donald Trump.

« Il est évident que les Républicains vont essuyer des défaites, a-t-il prévenu il y a quelques jours dans une interview accordée à la chaîne ABC. Donc j’ai dit à mes collègues : nous allons nous prendre le vent de face. Vous ferez mieux de vous préparer au pire ».

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