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Elections : La Cena accusée de laxisme et de corrompue…

Dans la lettre adressée le 22 mars dernier au président de la République, l’opposition a fait était d’un certain laxisme de la Commission électorale nationale autonome (Cena) dans son rôle de contrôle et de supervision des élections. Les camarades d’Amath Dansokho ainsi que nombre d’observateurs se posent encore des questions sur cette posture de la structure du président Moustapha Touré. Voilà que des informations sur les largesses accordées par président de la République aux membres de cette structure viennent ouvrir des pistes d’explications.

Source : Le Quotidien
Mise à l’épreuve dans sa mission de contrôle et de supervision du processus électoral au cours de la dernière élection présidentielle, la Commission électorale nationale autonome (Cena) ne s’est jamais remise des critiques acerbes relatives à son indépendance et à son autonomie dans l’exécution de cette mission. Opposition et simples observateurs de la scène politique ou membres de la société civile se posent encore des questions sur les raisons d’un prétendu «laxisme» dont fait preuve la structure du président Moustapha Touré face aux dérives et les nombreuses entorses à la transparence et à la sincérité du dernier scrutin présidentiel. A ce sujet, des informations explicatives de cette fâcheuse situation ont été recueillies de sources sûres et demeurent tout entières car, non démenties par Issa Sall, le chargé de communication de la Cena.

Pour expliquer la «complaisance décriée des membres de la Cena vis-à-vis du pouvoir dans leur responsabilité de contrôle du processus électoral», une source qui semble bien informée, au vu des éléments précis qu’elle avance, révèle les fabuleux moyens que les autorités ont déployés, notamment le président de la République, pour couvrir d’or les membres de la Cena. Il s’agit d’abord, pour ce qui est de leurs rémunérations, de faramineuses sommes présentées comme salaires mensuels et qui vont au-delà de toute prévision, sans compter les autres avantages matériels servis sur un plateau d’or. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Et notre interlocuteur, bien imprégné de la situation, ne met pas des gants pour révéler que tous les membres (soit les onze personnes au niveau national) empochent 1 200 000 francs Cfa par mois pour le président de la Cena, 600 000 francs Cfa pour les dix autres. Ceci, c’est sans compter les véhicules qui leur ont été alloués avec chauffeur et carburant. Si l’octroi de ces derniers «privilèges» peut trouver une explication recevable du fait de l’impératif de mobilité pour de prétendus contrôleurs d’un processus électoral, le côté financier resté encore secret n’est pas sans susciter l’étonnement : «C’est sans doute leur chance, mais la véracité de ces informations nous édifieraient mieux sur les raisons de leur laxisme (Ndlr : membres de la Cena) et leur complaisance à l’endroit de l’autorité.»

Par rapport à la véracité de ces chiffres, le chargé de communication de la Cena, Issa Sall, ne dément pas. Il avoue d’ailleurs : «Je ne vous donnerai pas de chiffre, mais ce qui est sûr, c’est que nous avons été mis dans de bonnes conditions. Les membres de la Cena sont rémunérés selon un décret du président de la République. C’est vrai qu’à la Cena, le président (Ndlr : Moustapha Touré) est mieux payé que les autres. Et si vous avez des chiffres, vous pouvez les publier. Les conditions de rémunération ne sont pas une motivation pour nous. Il n’y a aucun laxisme au niveau de la Cena. Je n’ai vu aucun membre qui a fait preuve de cela depuis tout le temps.» En termes d’avantages matériels aussi, le pouvoir n’a pas lésiné sur les moyens pour gâter Moustapha Touré et ses onze collaborateurs, en plus des membres de la Cena décentralisée de tous les départements du pays. M Sall, dans ses explications, revient sur ces moyens matériels dont il fait l’inventaire avec fierté : «Pour ce qui est des véhicules, tous les responsables départementaux ont un véhicule chacun. Le président de la Cena, lui, on a dit qu’il lui fallait une berline et les autres membres des voitures de marque 4×4. C’est l’Etat qui les a commandées par le biais de la présidence de la République. Les voitures sont là ; elles fonctionnent très bien et permettent de faire le travail correctement. Si on a à se plaindre, c’est ailleurs que sur ce plan-là. Nous avons été mis dans de bonnes conditions.»

Et pourtant, dans leur dernière correspondance au président de la République, les partis d’opposition relevaient une indulgence manifeste de la Cena vis-à-vis du chef de l’Etat: «Monsieur le président de la République (…) N’est-ce pas là, aussi une reconnaissance de la soumission de la Cena à votre volonté ?» Plus grave, la structure a été fortement décriée dans son rôle par rapport au processus électoral. Les camarades d’Amath Dansokho, dans la même lettre adressée au chef de l’Etat, dénonçaient : «La Cena n’a aucune maîtrise du processus électoral et a failli gravement à sa mission de contrôle et la supervision. Le comble de l’incurie de la Cena, c’est son comportement lors des travaux de la commission nationale de recensement des votes (…).»

CONTRATS GENEREUX

Si la création d’une Commission électorale indépendante (Ceni), telle qu’exigée par l’opposition était suspendue à la fin du mandat des actuels membres de la Cena, alors les alliés de Moustapha Niass devraient prendre encore leur mal en patience. Des largesses sont faites également par le chef de l’Etat aux membres de cette structure de contrôle, dans la fixation de la durée de leur mandat. Sur ce point d’ailleurs, notre source ne manque pas d’alerter face au méli-mélo qui entoure cette question : «Le peuple sénégalais a droit à une information complète et officielle sur la nature et la durée de leur contrat.»

La réponse ne se fait pas attendre du côté de M. Sall, avec des révélations au-delà des inquiétudes relevées plus haut. D’abord, c’est une précision qui vient apporter un éclaircissement quant à la nature du document paraphé par ses collaborateurs et lui, dès la prise de leurs fonctions ; pour marquer leur engagement vis-à-vis de l’Etat : «La Cena n’est pas liée à l’Etat du Sénégal en tant que contrat.» Pour ce qui est de la durée du mandat, notre interlocuteur procède par une interrogation qui confirmée, selon lui, participerait à entretenir ses inquiétudes. Ainsi, demande-t-il s’il se trouve exact que les membres de la Cena «bénéficient d’un contrat permanent d’une durée de 5 ans pour une période allant de 2007 à 2012». Le chargé de communication de M. Sall explique et révèle que la durée du mandat est plutôt de 6 ans : «Les membres de la Cena sont des citoyens libres qui ont des obligations. Nous sommes d’abord un organe permanent. Les membres sont nommés pour une durée de six ans. Les premiers membres ont été nommés à la fin du premier trimestre de cette même année. A la fin du premier semestre 2008, il y aura une première vague de quatre membres qui devront quitter. Parce qu’il faut au moins qu’il y ait quatre membres qui ne feront pas six ans. En dehors de cela, tous les autres membres qui arriveront feront six ans.»

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