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Elections présidentielles en Guinée et en Côte d’Ivoire et référendum au Congo La France toujours à la manœuvre en Afrique

Alors que bon nombre d’observateurs épiloguaient récemment sur la fin supposée de la Françafrique, les derniers soubresauts qui n’en finissent pas de bouleverser la marche de l’Afrique, viennent comme pour sonner un cinglant rappel à la réalité : celle d’un continent encore et toujours sous le joug des anciennes puissances coloniales. Je veux parler particulièrement de l’emprise de la Gaule sur l’Afrique francophone. Cela s’est dernièrement manifesté dans la crise au Burkina Faso qui a vu le président Hollande intervenir, en donnant directement des directives à son homologue sénégalais Macky Sall qui agissait en sa qualité de président en exercice de la Cedeao et médiateur désigné par ses pairs, pour soigner la maladie inquiétante du pays des hommes intègres…

Il  y a deux semaines, la Guinée-Conakry a connu une élection présidentielle dont la «transparence» a été saluée par des observateurs africains et européens. Alpha Condé, le président sortant et candidat de Paris a coiffé ses adversaires au poteau, en remportant le scrutin dès le premier tour. Les cris d’orfraie de Cellou Dalein Diallo et de Sidya Touré, dénonçant des irrégularités massives et la manipulation de la dangereuse fibre ethnique n’y feront rien. Car, la France, qui n’a eu de cesse de manœuvrer pour la victoire de son protégé, a mis à contribution les réseaux médiatiques de la Françafrique comme « Jeune Afrique », pour vanter son bilan économique et justifier son hold-up. Tant pis pour la démocratie, les Guinéens attendront encore longtemps.

En Côte d’Ivoire, la manœuvre a été la même et, sauf revirement spectaculaire, Alassane Ouattara, candidat de l’Elysée, va rempiler dès le premier tour. Un scénario plus que probable après le retrait de la course de Charles Konan Bany, Amara Essy, Mamadou Koulibaly et les divisions qui minent les partis comme le Fpi de Laurent Gbagbo et le Pdci d’Henri Konan Bédié.  Au pays de la Lagune Ebrié où le mot d’ordre de boycott et la crainte de la violence ont poussé beaucoup d’Ivoiriens à s’abstenir, la volonté de la France va se matérialiser par une réélection «triomphale» du successeur de Gbagbo. M Ouattara défend bien les intérêts français dans tous les secteurs d’activité économique de son pays. Partant, il a mérité un coup de pouce de Paris.

Pour le cas du Congo, la forfaiture bénie par la France est d’autant plus choquante que le président Denis Sassou-Nguesso n’a pas hésité dans le passé, à utiliser sa milice privée, pour perpétrer un coup d’Etat et reprendre un pouvoir que ses compatriotes lui avaient démocratiquement retiré. Il n’a jamais été inquiété par la suite. Et aujourd’hui, le président français, qui a un œil sur les réserves pétrolières de Brazzaville, l’a publiquement adoubé dans le cadre de cette consultation populaire tant décriée par les démocrates du monde entier. Et par le biais de ce référendum, le président congolais a fait sauter le verrou constitutionnel pour briguer un troisième mandat à l’âge de 72 ans ! Désormais, plus rien ne l’empêchera de gagner haut la main l’élection présidentielle de 2016.

Autant de cas d’écoles qui montrent qu’un peu partout à travers l’Afrique, la France est toujours à la manœuvre.

Serigne Saliou SAMB

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