29 novembre, 2014
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Elle bat sa coépouse, s’érige en avocate des « awoo » à la barre et écope d’un mois avec sursis

Elle bat sa coépouse, s’érige en avocate des « awoo » à la barre et écope d’un mois avec sursis

Le séjour carcéral de Seynabou Mbaye, qui a comparu, le jeudi au tribunal pour avoir porté des coups et blessures sur sa coépouses, n’a pas altéré sa fougue. Elle a poussé le bouchon jusqu’à se faire, devant le tribunal de Mbour, l’avocate des premières épouses, « awoo ».
Largement mieux dotée physiquement que Ndèye Penda Top, sa coépouse, Seynabou portait une camisole et un pagne de même couleur.

Entendue alors sur ce qui est à l’origine de leur différend, la mise en cause a déclaré : « Elle m’a insultée et m’a traitée de prostituée et de Mbour voleuse. Je l’ai alors frappée et elle a répliqué. Nous nous sommes battues et elle m’a même blessée » a débité d’un trait la dame S. Mbaye qui poursuit : « Le problème c’est que les deuxièmes femmes croient qu’elles sont les plus aimées. Elles n’ont qu’à se détromper. Les premières épouses (awoo) sont toujours bien aimées. « Tey lanugnu gueuna aimé » (Nous sommes toujours aimées, aujourd’hui plus qu’hier), clame-t-elle devant le tribunal.

Le plus drôle dans cette affaire est que la dame Seynabou Mbaye, attraite pour coups et blessures volontaires sur la personne de sa coépouse, tout en parlant, semblait trouver du plaisir à se retourner vers son mari qui est sagement assis dans le public.

Il a fallu l’intervention du procureur pour la rappeler à l’ordre : « Ce n’est pas la peine de faire la « diongué » (l’épouse pleine d’astuces), il faut vous tenir tranquille. Ici c’est le tribunal. Vous n’êtes pas chez vous », a-t-il dit à la mise en cause pour la recadrer.

Moins déterminée que sa coépouse, le deuxième épouse drapée dans une robe longue bleu marine, avec un petit foulard sur la tête, a simplement déclaré que sa coépouse l’a battue juste parce qu’elle lui a dit bonjours.

« Je l’ai croisée dans la rue et je l’ai saluée, mais elle n’a pas répondu. C’est à la suite de cela que, continuant tranquillement mon chemin, elle m’a donné des coups par derrière. Elle m’avait d’abord empoignée par la gorge et m’a ensuite mordue sévèrement au cou. Je n’ai même pas eu le temps de riposter, tellement l’attaque m’a prise au dépourvu. Les gens sont accourus et ils nous ont séparées. Puis je suis allée à l’hôpital, et on m’a produit un certificat médical attestant une incapacité temporaire de travail de 10 jours », déclare Ndèye Penda Top, la plaignante.

C’est alors qu’intervenant, le juge a sévèrement savonné les deux parties : « Ce que vous avez fait est très grave. Savez-vous que l’affaire pouvait atterrir devant la Cour d’assises si l’une d’entre vous avait tué l’autre. On ne sait jamais comment se termine une bagarre. Et si vous ne pouvez pas être des amies que chacun se garde de provoquer l’autre », a dit le président du tribunal aux deux coépouses, sur un ton ferme. C’est d’ailleurs, à la suite de ces injonctions que délibérant sur cette affaire, il a condamné la prévenue à un mois avec sursis.

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