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Emigration: La conséquence dramatique des lamentables politiques occidentales

La semaine dernière, la famille Ndiaye qui habite dans la zone de Cayar, célébrait les funérailles d’un de leurs enfants parti quelques jours auparavant dans des pirogues de fortune, pour regagner les côtes espagnoles. Son corps n’avait pas encore été retrouvé au moment de ses funérailles.

Et il est loin d’être le seul. Le jeune Ndiaye qui laisse ainsi une épouse et des enfants, fait partie des centaines de jeunes qui sont décédés parce qu’ils tentaient de regagner l’Europe, généralement dans des pirogues de fortune.

Chaque jour, des départs sont clandestinement organisés au Sénégal, en Gambie, ou ailleurs dans la sous-région, par des passeurs peu scrupuleux face à des gouvernements africains impuissants face à un phénomène qu’ils n’arrivent pas à juguler.

Bien sûr, l’Afrique a manqué de volonté politique, d’intelligence, pour se concerter et prendre le devant sur un phénomène qui, comme une épidémie, ravage ses populations. L’initiative est souvent laissée à l’Europe qui, sous la menace de son opinion publique et face à la montée du populisme, rechigne à trouver de vraies solutions alternatives crédibles et verse dans le tout-répressif.

Les solutions préconisées ici, par exemple au Sénégal avec le Frontex, ont permis de ralentir un moment les choses, mais face à la détermination des jeunes à partir et à complicité de parents irresponsables qui les poussent à l’aventure, le phénomène a repris de plus bel.

Chaque jour, des hommes, des femmes, des jeunes bravent la mer dans des conditions inhumaines, avec des risques incalculables. Des quartiers comme celui de Thiaroye en Banlieue de Dakar, des villes comme Cayar et des dizaines d’autres ainsi que des villages se vident de leurs jeunesses. La plupart d’entre eux ne retourneront jamais chez eux. Des morts qui ne dissuadent pas les autres.

Une situation qui doit tous nous inciter à la réflexion.

Les années 60 ont été marquées, en Afrique noire, notamment par le besoin d’affirmation des populations et l’émergence de concepts rédempteurs comme la négritude, en plus d’indépendance et de souveraineté internationale de la part des Etats.

Aujourd’hui, seule l’émergence sur le plan économique compte vraiment. Et les Etats africains n’y arrivent absolument pas. Et pour cause !

La ‘’pauvreté’’ de l’Afrique a été organisée et entretenue. Depuis en effet le partage de Berlin avec le fractionnement du continuent en petites entités non-viables économiquement, le plan a été ourdi de ne jamais leur permettre de s’émanciper réellement avec l’affirmation des nationalismes qui allaient s’en suivre.

Il s’en est suivi, à l’indépendance, un contrôle stricte des économies africaines avec la mainmise sur leurs monnaies et surtout la détérioration des termes de l’échange, sans oublier l’économie de la dette.

Un arsenal d’initiatives et de mesures qui ont maintenu le continent dans une pauvreté chronique, sans oublier la déstabilisation politique avec les coups d’Etat orchestrés également à partir du Nord.

Dans ces conditions, nos Etats, riches en ressources minières et naturelles, sont devenus les plus pauvres au monde. Il n’est pas alors étonnant que sa jeunesse soit désemparée. Le déséquilibre dans les relations économiques au niveau mondiale est tellement criard que les occidentaux qui l’ont créé et entretenu en subissent les contrecoups. Certes, ce sont les jeunes Africains qui y trouvent la mort, mais ceux qui arrivent à rallier les côtes envahissent leurs villes, marchés, plages, etc. avec son corollaire comme l’insécurité.

A force de trop tirer sur la corde de l’exploitation économique du continent africain, l’Europe a créé de nouveaux parias de la terre, des damnés qui préfèrent mourir en mer que de rester dans leurs pays où ils sont humiliés par leurs propres parents.

Nous avons besoin de notre propre monnaie, de relations économiques équitables entre le Nord et le Sud, d’indépendance et de souveraineté pour prendre nos propres décisions, de partenariat Sud-Sud, de transfert de technologie, d’industrialisation de nos villes et campagnes, etc.

A défaut, l’immigration clandestine va continuer pour finir par menacer la stabilité, même de l’Europe.

Assane Samb

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