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Sous-emploi, dépendance et pauvreté- Les motifs de la souffrance des jeunes

Le Ministère de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la Main-d’œuvre, en partenariat avec la Banque mondiale (BM), a organisé hier à Dakar un atelier de partage des résultats des études « le travail des jeunes hommes et femmes pauvres et vulnérables ».

«Nous vivons aujourd’hui dans des sociétés où des déséquilibres inadmissibles sont encore davantage ancrés : inégalités de tout genre, pauvreté de certaines catégories sociales, violences multidimensionnelles qui sont le plus souvent liées à la structure même de la communauté»,  a reconnu hier à Dakar, Gorgui Ndiaye, Secrétaire général du Ministère de l’Emploi. Pour lui, le marché du travail s’offre en illustration de cette réalité que les trois études qui vont faire tout à l’heure l’objet de restitution, corroboreront certainement après les grandes tendances relevées par les résultats du trimestre 3 de l’Enquête nationale Emploi au Sénégal (ENES) de l’année 2017, effectuée par l’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). En effet, dira-t-il, la précarité, le sous-emploi, la dépendance et la pauvreté sont essentiellement juvéniles et féminines. En atteste le taux de chômage des personnes âgées de 15 ans ou plus qui est de l’ordre de 10,8%. Selon le genre, les femmes restent plus touchées (16,5%) que les hommes (5,9%).

Du point de vue de l’âge, les taux de chômage les plus élevés sont observés chez les jeunes : 10.3% pour la tranche d’âge de 15-19 ans, 19.5% pour celle de 20-24 ans et 17.5% pour les jeunes âgés de 25 à 29 ans. Pour sa part, Mme Sophie Naudeau, Responsable des Programmes Développement humain de la BM, aujourd’hui, la préparation des jeunes à l’emploi productif et le fait de leur assurer leur inclusion professionnelle et sociale sont des questions essentielles. Ici au Sénégal, le défi est majeur car les jeunes femmes et hommes âgés entre 15 et 24 ans représentent près de 20 pourcent de la population, c’est-à-dire l’équivalent de 3 millions de citoyens. « Près de 300 000 jeunes entrent sur le marché du travail chaque année.

Avec de jeunes générations toujours plus nombreuses parce que les 0-14 ans représentent aujourd’hui 44% de la population et on estime que ce chiffre sera de près d’un demi-million (470 000) en 2030, et de près de 700 000 en 2050», a fait savoir Mme Sophie Naudeau. D’après elle, une stratégie globale et ambitieuse pour la jeunesse requiert l’action coordonnée sur de multiples fronts, à savoir s’assurer que les 300 000 jeunes qui entrent sur le marché de travail chaque année ont des compétences en phase avec ce que le marché demande, créer des programmes pour faciliter l’accès à un travail de qualité, ne pas oublier le pilier de l’inclusion sociale et de s’atteler à diminuer les inégalités de genre qui, aujourd’hui, font que presque 2 tiers des femmes sénégalaises ne soient pas actives économiquement.

Zachari BADJI

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