une a khalifa mak-1

EMPRUNT OBLIGATOIRE DE LA VILLE DE DAKAR Macky fait bloquer les projets de Khalifa Sall

La perte de Dakar aux Locales est encore indigestible pour l’APR. Pour ceux de Dakar, c’est un dur revers politique à juguler prestement par une mobilisation de toutes les opportunités politiques qu’offre l’appareil d’État dont ils disposent. Le parti présidentiel fait ainsi sonner ses étriers en fomentant des stratégies politiques pour cuivrer le Maire de Dakar et les Maires de Commune d’arrondissement élus par la Coalition Taxawu Ndakarou. Cela a amené l’État-APR à s’opposer, à la dernière minute, à la levée de fonds de l’emprunt obligatoire de la Mairie élaborée auprès de bailleurs. Pourtant, il avait donné tout son accord. Mais, entre temps, les données politiques ont changé et le Macky fait suspendre tous les projets de la Ville dont l’élu commence à déranger.

Dakar, la grande Capitale du Sénégal, est un enjeu politique. La conquête et la conservation de sa Mairie pèse sur la balance politique. Deux raisons l’expliquent. D’abord, sa forte démographie est un grand réservoir de voix électorales. Ensuite, la Capitale est un moyen d’action pour illustrer des capacités de performances de la force politique qui la gouverne. Cela donne au Maire élu, pour peu qu’il soit ambitieux, l’image d’un génie bâtisseur.

Et c’est Khalifa Sall qui a la chance d’en être le Maire élu. Déjà, pour son halo politique, il se voit déjà prêter une ambition présidentielle. Il ne la confirme pas. Il ne la dément pas non plus. Mais cette générosité politique des observateurs, des responsables socialistes et de nombreux citoyens s’explique surtout par son labeur en cours qui transforme crescendo la physionomie de Dakar. Un destin à la chiraquie est ainsi le scénario qui lui souhaitent ceux qui relèvent de son obédience politique.

Naturellement, il est devenu un Maire encombrant pour le régime. Responsable national chargé de la Vie politique du Parti socialiste (Ps), il a avec l’écrasante majorité des Maires de Commune d’arrondissement une certaine complicité et une convergence de vue qui lui donnent une vraie présence politique
Sa position de refus, soutenue à l’applaudimètre, s’accommode de la culture guerrière des Sénégalais. Certes, il est du PS. Mais il n’est pas dans l’ornière de connivence du Sg du parti, Ousmane Tanor Dieng, avec le régime APR. À cela, s’ajoutent ses monumentaux projets qui risquent de lui donner le profil définitif de grand bâtisseur.
Ainsi, pour l’APR, il est un virtuel challenger de Macky Sall. Tous les moyens sont conséquemment bons pour l’affaiblir. Les Locales étant loin, seul l’appareil d’État est alors l’arsenal à mobiliser.

L’emprunt obligataire : un blocage des projets de Khalifa

Les Sénégalais entendent parler d’emprunt obligataire. Mais cette pratique n’est comprise que par les initiés de l’économie et des tractations financières. Selon des spécialistes, il s’agit d’une réception d’une certaine sommes d’argent de la part de souscripteurs. C’est une créance qui représente une dette remboursable à une date précise et pour un montant fixé à l’avance. C’est un engagement à risque que ne formule qu’une personne morale (État, Collectivité locale, ou Entreprise) qui a la certitude de la solidité de son projet et de sa faisabilité.

La Mairie de Dakar, sous la houlette de Khalifa Sall, a ainsi engagé une procédure auprès de grands bailleurs financiers avec la collaboration de l’État qui, au début, a donné son accord et sa bénédiction par des avis favorables. Mais à deux jours de la levée de fonds, l’État fait volteface et marque son opposition.
En vérité, les positions politiques de Khalifa Sall, son opposition à la voie suivie par le clan Tanor et sa campagne pour le Non ont amené l’État-APR à se dédire pour lui donner une réplique politique.

Le revirement du régime est une volonté politique d’affaiblir le budget avec lequel il mène ses actions. La finalité est d’amener certains grands travaux entamés par Khalife Sall à un blocage et, in fine, à une interruption.

En fait, Khalifa Sall encombre le régime. Il dérange. Son halo politique évolue et s’élargit. Des réalisations de grandes envergures lui donneraient alors une image de bâtisseur et de redoutable challenger de Macky Sall.

Pour lui barrer la route, l’État marque brusquement son opposition à la levée de fonds de l’emprunt obligataire concocté pendant presque quatre ans par la Mairie de Dakar. L’objectif encagoulé est de placer Khalifa Sall dans une Capitale en désordre, aux projets morts nés et aux chantiers inachevés. En faisant volteface, Macky Sall, par son ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, engage ainsi une réduction de ses capacités et une suspension de son programme au bout d’une corde politique et partisane. Avec astuce, il fait ainsi broyer par un véto à l’emprunt obligataire les projets du Maire qui l’encombre et le défie.

À côté, Diène Farba Sarr

Toujours dans la volonté politique d’obstruer la voie que suit Khalifa Sall, Macky Sall a aussi nommé son « Maire de Dakar ». Diène Farba Sarr est son nom. Il est Ministre… du Renouveau urbain et du Cadre de vie. Sa mission est de poser des actes d’aménagement à inaugurer en grande pompe et à vanter juste pour s’arracher l’image d’un régime vrai bâtisseur de Dakar.

Diène Farba Sarr est en mission de concurrence et de rivalité. Les Communes d’arrondissement qu’il vise sont particulièrement celles tenues par des élus de Taxawu Ndakarou. C’est pourquoi, nul ne le voit intervenir à Yoff dont le Maire d’arrondissement, Abdoulaye Diouf Sarr, est un camarade de parti qui a lui aussi une autre mission politique de déstabilisation des élus encombrants. Aida Mbodji est l’une de ses premières victimes.

Avec Diène Farba Sarr, l’épisode de la Place de l’Indépendance est une illustration de cette mission politique qu’il étend à Sicap Mermoz Sacré-Cœur, Commune d’arrondissement du téméraire Barthélémy Diaz.

Les compétences du ministère du Renouveau urbain et du Cadre de vie qu’il dirige ne sont bizarrement circonscrites que dans la Capitale. Diène Farba Sarr n’intervient dans aucune autre Collectivité locale du Sénégal si ce n’est Dakar.

Pourtant, le renouveau urbain et la gestion du cadre de vie ne relèvent que des Communes. Mais dans la perspective d’une bataille électorale future et en vue de briser les ailes d’un épervier aux griffes tranchantes, Macky Sall a eu la présence d’esprit de créer un Ministère exclusivement chargé de talonner celui-ci, Maire de Dakar, ainsi que et ses auxiliaires par un empiétement de compétences volontairement entretenu.
Mais qui perd ? Qui gagne ? La population de Dakar se voit, en tous les cas, dépossédée de grandes infrastructures et atrophiée par une querelle politicienne qui continue de faire perdre du temps et de grandes opportunités.

Rewmi quotidien

Voir aussi

arton157601

LE PM ANNONCE 1000 EMPLOIS AVEC L’ARRIVÉE D’UN « NOUVEAU CLUB MED »

Le Premier ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne a annoncé, vendredi, à Dakar, la construction d’un …