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En nombre insuffisant : Les sages-femmes accouchent leurs difficultés

Le Sénégal compte 782 sages-femmes pour plus de 100 000 femmes en âge de reproduction. Ce qui fait qu’on se retrouve rien qu’à Dakar, avec une sage-femme pour 10 000 à 15 000 femmes en âge de reproduction. Dans les régions une sage-femme s’occupe entre 3 000 et 5 000 femmes en âge de procréer. Une situation pénible que dénoncent les sages-femmes qui célébraient, le week end dernier, la journée mondiale qui leur est dédiée.
Source Walf fadjri
Le Sénégal compte 782 sages-femmes pour plus de 100 000 femmes en âge de reproduction. Ce qui fait qu’on se retrouve rien qu’à Dakar, avec une sage-femme pour 10 000 à 15 000 femmes en âge de reproduction. Dans les régions une sage-femme s’occupe entre 3 000 et 5 000 femmes en âge de procréer. Une situation pénible que dénoncent les sages-femmes qui célébraient, le week end dernier, la journée mondiale qui leur est dédiée.

C’est l’amphithéâtre de l’Ecole nationale pour le développement sanitaire et sociale qui a servi de ‘salle d’accouchement’ pour les sages-femmes qui faisaient une introspection sur leur corporation en vue de redorer l’image écornée qu’on se fait d’elles, à savoir leur incommodité envers les femmes de la grossesse à l’accouchement. Et la journée mondiale de la sage-femme célébrée le 5 mai dernier a servi de prétexte pour l’Association nationale des sages-femmes d’Etat du Sénégal d’accoucher les maux qui gangrènent l’exercice de leur métier. ‘D’abord, il faut signaler que les sages-femmes sont en nombre insuffisant’, révèle Marième Fall, présidente de l’Ansfes. En effet, le Sénégal compte 782 sages-femmes pour plus de 100 000 femmes en âge de reproduction. Ce qui fait qu’on se retrouve rien qu’à Dakar, avec une sage-femme pour 10 000 à 15 000 femmes en âge de reproduction. Dans les régions, une sage-femme s’occupe entre 3 000 et 5 000 femmes en âge de procréer. Ainsi, explique Marième Fall, une sage-femme peut facilement, au cours d’une nuit, se retrouver débordée, car assurant à la fois les soins de trois ou quatre femmes. ‘L’une peut avoir une hémorragie à l’accouchement, une autre une hémorragie de grossesse et en attente sur la table d’accouchement’, explique la présidente de l’Ansfes.

Ce nombre insuffisant de sages-femmes pose le problème de la prise en charge. ‘Quand l’attente est trop longue, la qualité des soins en pâtit gravement’, reconnaît Marième Fall. D’où la nécessité de renforcer les équipes en recrutant dès la sortie d’école. En effet, déplorent les sages-femmes, entre la sortie de formation et le recrutement, elles subissent deux ans de galère. Certaines, entre temps, parviennent à trouver une place dans le privé et y trouvent facilement leur compte. Ce qui fait qu’à l’affectation, plus de 50 % des sages-femmes ne jugent pas nécessaire de rejoindre leur poste. Surtout si elles sont affectées dans les zones défavorisées, loin des capitales régionales.

D’ailleurs, le thème de cette année : ‘Les sages-femmes tendent la main à toutes les femmes où qu’elles se trouvent dans le monde’, vise à résorber cette inégalité entre les différentes localités. Décidées à réduire le taux de mortalité maternelle et néonatale, les sages-femmes comptent se déployer sur tout le territoire national afin de se mettre à la disponibilité de toutes les femmes. ‘Qu’elles soient en zone rurale ou urbaine’.

Autre coin noir dans l’exercice du métier de sage-femme, la formation.

L’Ansfes trouve qu’il y a lieu de revoir les méthodes d’enseignement actuelles, surtout les écoles de formation qui pullulent dans Dakar. ‘Nous demanderons au ministère de la Santé et de la Prévention médicale d’évaluer ces écoles de formation pour voir si elles répondent aux normes qu’exige la formation’, a souligné Marième Fall, ajoutant la nécessité de créer un Ordre pour les sages-femmes à l’image des pharmaciens. Avec la création de cet ordre, l’éthique et la déontologie seront plus respectées. Et des sanctions pourraient tomber sur les fautives


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