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Les encagoulés (Par Demba Ndiaye)

De quelle société parle le Premier ministre ? – De quelle morale veut-il couvrir notre société ? – Qui l’a élu pour qu’il soit garant des préférences sexuelles des citoyens – Hypocrite morale

Mais ils ne sont pas les seuls empêcheurs d’un second mandat. Non, il y en a de plus dangereux, parce qu’avançant masqués, fuyant les lignes Maginot exposées pour se cacher derrière les confortables abris anti-missiles politiques que l’on nomme « société civile ». Le Premier ministre Dionne, croit avoir fait une découverte de portée historique dans l’histoire de la guerre des régimes contre ces spécialistes es-piqûres de rappel, empêcheurs de gouverner en toute irresponsabilité. Les « cagoulards encagoulés » ) Pardi ! Ces faux jetons qui se disent neutres, équidistants, qui ont comme ligne de conduite d’asséner leurs triques contre les gouvernants et leurs opposants

Seulement les voilà pris en flagrant délit de partis pris, d’omissions honteuses, d’accusations faciles « contre le régime ». La presse, qui elle aussi se situe dans la mare nébuleuse de la société civile, est prise dans le sac d’une déplorable censure qui fait oublier dans ces comptes rendus des passages à charge contre la société : ils effacent de leurs comptes rendus les passages de nos sociétés machistes et viriles : les homos, les lesbiennes, les trans… et autres déviances contre-nature.

De quelle société parle le Premier ministre ? De quelle morale veut-il couvrir notre société ? Qui l’a élu pour qu’il soit garant des préférences sexuelles des citoyens. Les choix sexuels, ou simplement de vie, des citoyens ne relèvent pas des diktats de gouvernants. Que la République ne l’intègre pas pour le moment dans son arsenal démocratique, ne signifie pas que ceux et celles qui ont fait le choix d’une autre sexualité doivent être passées par la lame du sabre « purificateur » d’une hypocrite morale. Anthropologues, sociologues et, autres chercheurs, scientifiquement honnêtes, vous diront le caractère civilisationnel de la sexualité humaine. Héritage de notre longue histoire d’évolution. Mais où est donc l’urgence de ce débat ? Où se situe sa pertinence ? Sauf à étoffer une faiblesse argumentaire contre une presse, qui, pourtant, vous épargne souvent vos bourdes. Vous êtes un « épargné » des foudres de la presse, mais qu’elle n’en fasse pas assez dans le lynchage de vos adversaires politiques…

Les « encagoulés » de la prétendue société civile comme vous les appelez, ne viennent pas seulement d’Amnesty ou de cette presse avec laquelle vous entretenez des rapports amour-haine, désir-répulsion. Des gens venus de vos rangs, que vous tentez de museler, d’enterrer vivants, osent dire les tares de votre « khalifat ». Le médiateur de la République, le même week-end, a joint sa voix à celle des pseudos membres de la « société civile « pour vous rappeler certaines vérités. Que le droit à la  manifestations est la règle ; que les prétextes répétés des préfets « de risques de trouble à l’ordre public », pour interdire ce qui est constitutionnellement reconnu, relèvent de l’excès de pouvoir ; que le nombre de flics utilisés pour les interdire aurait largement suffit pour les encadrer… Un encagoulé Alioune Badara Cissé ? Pardi !

Le plus fendard, non, le plus ridicule, c’est que le premier des ministres croit avoir déterré un scoop : il a démasqué des cagoulards… encagoulés ! De Diouf (Senghor n’en a pas connu sous cette forme) à Wade, ils ont toujours voué aux gémonies celles et ceux qui n’entonnaient pas la même trompette pour chanter à leur gloire. Mais tous ont chanté leurs louanges, les ont encensés, ont tenté (ou réussi) à les corrompre, quand ils voient le besoin d’en faire des alliés pour mener certaines batailles.

Mais nous le savons depuis toujours, d’expérience : nos gouvernants ont des mémoires si courtes, si sélectives, qu’on ne devrait plus accorder un quelconque crédit à leur indignation tout aussi circonstanciée. À douze mois du second mandat, on n’a pas encore entendu, lu, ou vu les armes et munitions qu’ils utilisaient contre leurs réels et /ou fictifs adversaires politiques.

Après les enseignants grévistes « maîtres chanteurs », voici les « encagoulés » . Demain, quelle sera leur cible ?

dndiaye@seneplus.com

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