Accueil / ECONOMIE / Energie : Lundi prochain, le gaz risque de manquer

Energie : Lundi prochain, le gaz risque de manquer

Un butanier au large de Dakar attend de décharger son contenu. Mais, faute d’argent, le butanier ne peut accoster. Et si les fournisseurs ne sont pas payés dans quatorze jours, le butanier va repartir et bonjour les pénuries et délestages.

Comme il y a des mois, les agents de la Société de raffinage de Mbao sonnent l’alerte. Un butanier est encore au large. Mais faute d’argent, le butanier ne peut pas accoster. ‘Et si dans quatre jours, le butanier n’est pas vidé de son contenu, alors bonjour la pénurie de gaz. Et puis que c’est le gaz qui fait de l’électricité au Sénégal, donc on peut sans se tromper dire qu’il y aura manque d’électricité dans le pays ’, avertit Abdourahmane Cissokho, coordonnateur du collège des délégués de la Sar.

Le volet combustible de la Senelec est confié à la Sar avec en voie la mise en place d’un fonds de soutien à l’énergie. Cette procédure, selon les travailleurs, a englouti la Sar. ‘Le fonds ne rembourse pas la Sar. Cela entraîne un déséquilibre dans la trésorerie de l’entreprise. Ce butanier qui est au large y a fait neuf jours car la Sar reste devoir à ses fournisseurs en termes d’approvisionnement du brut et du produit pétrolier. Tant que la Sar n’aura pas honoré ses dettes vis-à-vis de ses fournisseurs, aucun bateau ne pourra décharger ni de brut ni de produit pétrolier. Donc bonjour les pénuries’, persiste Abdourahmane Cissokho.

Au début, il était dit que le butanier ne ferait que deux jours. Mais, depuis, neuf jours sont passés sur les quatorze permis. ’Tant que le butanier est au large, il paie des pénalités que la Sar ne doit pas endosser. Donc la demande sociale n’est pas satisfaite et il y a des prestataires à qui la Sar doit trois ou quatre mois de salaires. Cela entraîne une situation pénible. Ce sont des collaborateurs que nous regardons souffrir. Le fonds mis en place pour garantir la Senelec doit 50 milliards à la Sar en plus de ce que la Senelec nous doit. Cela fait un total de 68 milliards. Si rien n’est fait, dans quatre jours, le butanier va repartir avec le produit et il y aura forcément pénurie de gaz au Sénégal’, explique Cissokho.

Il y a quelques années, juste avant la grande pénurie de gaz, les travailleurs avaient décrié la situation de la société qui était au bord du gouffre. Une situation similaire se dessine, selon eux, à l’horizon. A la date du 12 Juillet 2010, la Sar a porté plainte contre son ancien courtier en Assurances, Chérif Sène et contre X. La Sar l’accuse de prélèvements frauduleux sur les assurances maladies. ‘Il y a un manque criard d’éthique dans la gestion de cette entreprise. Les Directeurs et agents impliqués dans la gestion des assurances-retraite continuent d’officier sans qu’aucune mesure conservatoire ne leur soit appliquée. Nous demandons le remboursement des sommes anormalement soustraites des assurances et le versement par la Sar des cotisations non effectuées’, lance Cissokho .

Le personnel manifeste sa détermination à mener le combat pour la préservation de ses acquis et le rétablissement de l’équité au niveau de la Sar. ‘Et si aucune solution n’est trouvée, la crise qui va s’installer risque fort de compromettre sérieusement le développement de l’entreprise. Elle menace également les prévisions dans le domaine de la fourniture de l’énergie à l’échelle nationale’, clame Cissokho.

Walf

À voir aussi

L’Afrique, un eldorado prometteur pour les FinTechs

Les startups africaines ont le vent en poupe ! Après une année 2016 record, les investisseurs …

Flux financiers illicites 50 milliards de dollars américains par an échappent à l’Afrique de l’Ouest

L’Afrique est le continent dont l’économie croît le plus rapidement après l’Asie de l’Est, mais …