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Enrichissement illicite : L`argent des hommes politiques est-il forcément sale?

  • Date: 8 juin 2016

Depuis quelques jours, le débat au Sénégal s`est focalisé sur la fortune de certains hommes politiques comme Idrissa Seck. De déclarations en soi-disant révélations en passant par des analyses ou autres commentaires, les uns et les autres, dans une cadence très calculée, tendent à accréditer la thèse d`un enrichissement illicite de ce leader.
Tout semble aller dans le sens de faire admettre la thèse de prévarications qu`auraient commises ces leaders. On peut ranger cela dans le chapitre de la bataille politique, mais la proportion prise par les choses appelle, de notre part, une réflexion sur cette question.
Un ministre de la République est monté tout récemment au créneau pour dire qu`il détient des preuves de l`enrichissement illicite de cet homme politique. Nous pensons qu`un fait aussi grave aurait pu motiver une saisine ou une autosaisie du Procureur général ou du Procureur spécial près la Cour de Répression de l`enrichissement illicite. Et s`ils ne sont pas avérés, le suspect se retourner contre l`auteur pour dénonciation calomnieuse ou simplement l`attaquer en diffamation.
Ce que nous voulons dire par là, c`est que de telles accusations ou déclarations dépassent le simple cadre des rivalités politiques. Cela pose en effet la question de la capacité de notre propre système judiciaire à faire respecter la loi dans toute sa rigueur. Si un ministre a certaines preuves au point d`en faire cas, c`est que les personnes compétentes au plus haut niveau de l`Etat en savent assez pour que l`argent dont il s`agit revienne à son propriétaire naturel qui est le trésor public.
En agissant de la sorte, le Ministre laisse entendre que nous sommes dans une république bananière ou certains, pour diverses raisons, seraient des délinquants au-dessus de la loi.
Qu`à cela ne tienne, de quoi parlons-nous. Eh bien de l`argent des hommes politiques. Ou plus précisément, de leur train de vie ou de leur capacité à survivre longtemps dans l`aisance après un limogeage et à entretenir leur entourage.
Pourquoi croyez-vous alors que les gens se lancent en politique ? Pour servir l`intérêt général, travailler pour sortir les Sénégalais de la misère, etc. ? Rien n`est moins sûr. Personne ne s`y trompe maintenant, les plus de 250 partis politiques attestent aisément du fait que la politique est un moyen de promotion rapide. Mais de là à taxer tout le monde de « voleur », il y a un pas à ne pas franchir.
Le Sénégal est assez outillé pour réprimer ces types de délinquances. La corruption et délits assimilés sont assez nombreux dans le code pénal pour ne pas laisser s`échapper des auteurs de prévarication. Si tant est que la volonté de réprimer existe.
Cela dit, si les Ministres de la République se mettent à avancer de tels propos, cela pourrait laisser penser que l`Etat, qui est bien informé, est impuissant à réprimer.
En tout état de cause, ce n`est pas un crime que de s`enrichir. Il est même préférable que le maximum de Sénégalais le soit pour le bien de tous. Toutefois, le fait de déclarer un avoir illicite relève des instances compétentes qui ont tous les moyens d`investigations à leur portée.
En attendant alors de reformer la Crei qui a démontré ses limites, il urge, pour les hauts responsables de ce pays, d`éviter de s`ériger en Procureurs spéciaux en dénonçant et en jetant l`opprobre sur leurs adversaires uniquement pour des raisons politiciennes.
Le rapprochement entre le parti au pouvoir et celui de l`ancien président Wade ne doit pas pousser ces inquisiteurs à déplacer leurs accusations vers d`autres hommes politiques ou d`honorables citoyens.
On peut gérer ce pays sans crier « au voleur ».
Hier, c`était Karim et les libéraux, aujourd`hui, c`est Idy, demain, ce sera qui ?

Assane Samb

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