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Enseignement supérieur privé : Des centaines d’étudiants jetés dehors

Ils seront des centaines d’étudiants à devoir, dorénavant, stopper leur formation. Le Cadre unitaire des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal (CUDOPES) en a décidé ainsi, depuis hier, si l’on en croit nos confrères de l’Aps.

Cette décision ferme fait suite au non-respect par l’Etat de son engagement d’éponger la dette publique qu’elle doit à ces établissements. L’ardoise tourne autour de 16 milliards 444 millions 599.167 francs CFA, à la fin de l’année académique 2017-2018, au titre des années 2016-2018.

Ces établissements privés d’enseignement supérieur disent ne pas ‘’avoir le choix’’ et sont‘’obligés’’ de suspendre la collaboration avec l’Etat.

La conséquence d’une telle mesure, c’est le fait que des centaines d’étudiants seront ainsi jetés dehors, leurs cours suspendus, leurs cursus universitaires hypothéqués ainsi que leur avenir.

Des étudiants et leurs parents désemparés qui, même s’ils reprennent plus tard les cours, auront perdu du temps et de la matière qu’il sera impossible de rattraper.

La réalité est que les universités publiques de Dakar, Bambey, Saint-Louis, Ziguinchor et Thiès ne peuvent pas absorber toute la masse de bacheliers qui aspirent à des études supérieures.

Les universités privées sont alors d’un apport conséquent et offrent des formations souvent pratiques qui intègrent des matières devant normalement permettre une intégration professionnelle plus rapide.

Le problème c’est qu’il faudra s’acquitter de mensualités qui sont souvent au-dessus des moyens des parents de ces étudiants. Les droits d’inscription sont élevés et les mensualités de même.

Aujourd’hui, en dehors de l’Université virtuelle, la seconde alternative qui s’offre à l’Etat est l’enseignement supérieur privé. Malheureusement, comme à son habitude, la dette intérieure est tellement salée que ces établissements étouffent faute de pouvoir payer les professeurs, le personnel subalterne, la location et les autres charges subséquentes.

Les autorités étatiques se disent pourtant conscientes de cette situation. Tout récemment par exemple, une ardoise de trois milliards avait été dégagée sous forme d’acompte pour soulager la douleur des responsables de ces établissements.

Mais, apparemment, cela ne suffit pas.

Pourtant, ce partenariat Etat-Universités privées est incontournable. Il faudra alors dare-dare trouver des solutions d’ordre budgétaire et technique.

La situation ne saurait perdurer au risque de sacrifier des centaines de jeunes qui n’ont rien demandé, sinon d’étudier dans de bonnes conditions.

La dette est énorme et les solutions proposées par l’Etat peu encourageantes.

C’est vrai, ces universités ont une mission de service publique et doivent, autant que faire se peut, participer à l’œuvre de construction nationale par l’éducation.

Mais ce sont aussi des entreprises privées qui obéissent aux exigences du profit, donc du business. Leur demander de travailler ‘’gratuitement’’ n’est pas possible. Or le non-paiement des redevances dues par l’Etat est assimilable à cela.

Car, des sociétés nationales comme la Senelec, la Sones, pour ne citer que celles-là, n’hésiteraient pas à mettre fin à leurs services si un citoyen se permettrait de ne payer ses factures.

Dans cette même dynamique, l’Etat doit savoir qu’une dette privée trop lourde pourrait ‘’tuer’’ l’initiative privée et étouffer les entreprises nationales.

On ne le dira jamais assez : l’Etat doit revoir ses priorités en matière de dépenses publiques et mettre l’éducation de ses enfants au-dessus de tout.

Au demeurant, la multiplication d’institutions budgétivores à utilité contestable n’est pas pour encourager le climat social.

C’est vrai qu’à l’approche des élections, ceux qui revendiquent multiplient d’ardeur, mais la situation dans l’enseignement privé a trop mis de temps à trouver des solutions heureuses.

Aujourd’hui, les autorités étatiques ne sauraient laisser ces jeunes et ceux qui doivent être orientés dans ces établissements cette année, voir leur avenir ainsi hypothéqué.

Il faudra nécessairement des solutions d’urgence.

Assane Samb

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