23 octobre, 2014
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[ ENTRETIEN ] ADJA DETHIE PENE, 7 ÉME EPOUSE DE CHEIKH BETHIO TNIOUNE « Je veux mourir auprès du Cheikh »

[ ENTRETIEN ] ADJA DETHIE PENE, 7 ÉME EPOUSE DE CHEIKH BETHIO TNIOUNE « Je veux mourir auprès du Cheikh »

Madïnatou Salam. «Cité de la paix »: posée à quelques encablures de Mbour, fondée par le guide des Thiantacounes, s’est réveillée hier entre bonnes et mauvaises nouvelles. Le 17 avril, jour de fête de la rencontre entre Cheikh Béthio Thioune et le défunt Khalife des mourides, Serigne Saliou Mbacké, s’est levé sous les complaintes des parents de la nouvelle élue de la Cité, Adja Déthié Pène, ingénieur informaticienne de 28 ans, célébrée le week-end dernier comme la 7e épouse du Cheikh. Rencontrée à sa demande dans un bureau du Palais du Cheikh, une sorte d’hôtel particulier aux lambris dorés, Adja Déthié Pène a tenu à dire «ses» vérités. 24 heures après avoir donné la parole à sa famille, L’Observateur ouvre ses pages à la principale concernée qui a réclamé son droit de réponse. Interview.
Adja Déihié Pène, vous êtes sous les feux de l’actualité depuis votre mariage avec le guide des Thiantacounes, Cheikh Béthio Thioune, dont vous êtes la 7e épouse. Un mariage que votre famille qui est venue vous récupérer ici à Madinatou Salam conteste, elle parle même de kidnapping. Comment vivez-vous cette situation ?

Je commence par rendre grâce à Dieu et à mes parents. Je leur souhaite une belle et longue vie. Ils m’ont donné la vie, ils m’ont donné une bonne éducation. J’ai beaucoup de respect pour eux et ils me le rendent bien. J’étais très heureuse à leurs côtés et j’en rends grâce à mon marabout (Cheikh Béthio Thioune). Les commentaires et polémiques que mon mariage a soulevé, m’ont beaucoup étonnée. Je suis âgée de 28 ans, je suis donc majeure et vaccinée. J’ai lu tout ce que mes parents ont dit; j’ai beaucoup de respect pour eux, mais je leur demande d’accepter mon union avec le Cheikh, parce que c’est la volonté divine. Cela a fait couler beaucoup d’encre, des gens ont raconté du n’importe quoi. Mon nom est dans la presse écrite, sur les ondes des radios, sur Internet.



Comment vivez-vous tout ce tollé ?

Je ne dirais pas que c’est facile à vivre. Je ne suis pas habituée à tout ce bruit. C’est la première fois que ma personne suscite autant de tollé. J’étais une anonyme citoyenne et, excepté mon entourage proche, mes camarades de classe et d’Université, personne ne me connaissait. J’étais une illustre inconnue. Et aujourd’hui, les choses ont pris une ampleur qui m’a sidérée et je m’en excuse auprès de mes parents qui ont tout fait pour vivre en toute discrétion et dans l’anonymat le plus total. Je m’en excuse aussi auprès de Serigne Saliou Mbacké (le défunt guide des mourides et marabout de Cheikh Béthio Thiioune). Je suis ingénieur en informatique spécialisée dans le développement des logiciels, mes parents m’ont inculquée des valeurs. Loin de moi, l’idée de faire de l’autoglorification, mais je peux dire que je suis une femme bien éduquée calme et posée. Chaque être humain sur terre a une mission à accomplir. Chaque être humain a deux destins : celui d’ici-bas et celui de l’au-delà. Celui d’ici-bas relève de son pouvoir, niais celui de l’au delà relève des actions que l’être humain aura à accomplir sur terre pour le jour du jugement dernier. Quiconque aspire à atteindre, la voie du mouridisme (chemin qui mène à Dieu) doit faire acte d’allégeance. J’ai fait mon acte d’allégeance au Cheikh en 2006. Je respecte beaucoup la volonté divine et même dans votre article (Une interview accordée à ses parents dans L’Observateur n°2572) j’ai lu que mon frère disait que quand il a été mis au parfum de mon union avec Cheikh Béthio Thioune, il ne cessait de psalmodier des «Lahilaha Ilalah (il n’y a de Dieu que Dieu)». J’en déduis que ma vie se résume à Dieu. Même si j’éternue tout de suite, je dirai que cela révèle de la volonté divine. Ce n’est pas une question de facilité, mais c’est quelque chose qui est en moi. Donc, je prends tout ce qui m’arrive comme la volonté de Dieu.



Vous n’avez pas d’autres explications que la fatalité pour expliquer votre mariage avec Cheikh Béthio Thioune ?

C’est la volonté de Dieu, c’est exactement cela ! Il n’y a pas d’autres explications. Tout ce qui se passe ici-bas relève de la volonté divine. Je ne suis pas une adepte de la bringue. Mes parents m’ont bien éduquée

Donc, pourquoi avez-vous trompé vos parents en prétextant un séminaire à Mbour, alors que c’était pour vous marier avec Cheikh Béthio Thioune ?

Mes parents savent que j’ai fait acte d’allégeance au Cheikh, et pourtant je n’étais pas assidue aux «Thiante » (cérémonie religieuse)», je n’allais pas à Khelcom (pour cultiver les champs de Serigne Saliou, Ndlr). Je ne suis venue qu’une fois à Mbour pour la célébration de la rencontre de Cheikh Béthio avec Serigne Saliou (célébrée chaque 17 avril, Ndlr) et à l’époque, j’étais étudiante à l’Université Gaston Berger. Par respect pour mes parents, je ne faisais pas tout cela. Je me contentais d’aller aux Daaras (Cours d’apprentissage des Khassaïdes (panégyriques) de Serigne Touba. Je ne sortais pas. Ni pour aller à des soirées dansantes, ni pour aller à la plage. Je ne rendais même pas visite à mes amies. J’ai toujours été une fille respectueuse de mes parents et il faut que cela soit clair. Que je me sois cachée pour me marier avec le Cheikh est un signe de respect. Selon moi, toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Je pouvais dire à mes parents que j’allais à Mbour pour un séminaire et aller passer la nuit là-bas avec un homme. Combien de jeunes filles passent leurs vacances en Europe, au Maroc ou ailleurs et leurs parents ne s’en inquiètent guère ? Pour mon cas; il suffisait que je demande à ma mère la permission d’aller à Cambérène (Dakar) pour qu’elle me marcèle de questions. C’est juste par souci de leur éviter de s’inquiéter que je leur ai caché que je venais voir mon marabout. Je sais que ma mère allait s’y interposer. En quittant chez moi le samedi dernier, je ne venais pas pour me marier, contrairement à ce que les gens disent, mais pour rendre visite à mon marabout.



Donc vous n’étiez pas venue à Mbour pour vous marier au Cheikh ?



Non : Je suis venue le samedi à Mbour pour un «Ziar» auprès de mon marabout. J’ai entendu du n’importe quoi, les gens pensent que les thiantacounes ne réfléchissent pas et qu’ils se contentent de répéter bêtement ce qu’on leur dit. Et pourtant, ce sont des cadres qui composent les talibés du Cheikh. Et il a beaucoup de talibés en Europe, aux Etats-Unis etc. Ce sont de hauts diplômés. Cela ne veut pas dire qu’ils prennent cela pour des frivolités. C’est Serigne Touba qui choisit les talibés qui doivent intégrer sa confrérie. Si Serigne Touba ne voulait pas que je fasse partie de la communauté mouride, je ne serais pas aujourd’hui mouride. C’est comme ça que ça se passe dans cette communauté. C’est pourquoi, je mets tout sur le compte de la volonté divine. Alors pour en revenir à ma famille, j’ai simplement dit à mon grand frère que j’ai un séminaire à Mbour et c’était pour moi un prétexte convaincant pour qu’il me laisse partir. Je m’étais dit que je vais juste faire mon «Ziar» (solliciter des prières auprès du marabout) et rentrer chez moi. Mais quand je suis venue pour solliciter des prières, j’ai eu des bénédictions de toutes sortes, dont la meilleure a été mon mariage avec le Cheikh.



Justement, c’est ce que vous reproche votre famille. Pourquoi avez-vous accepté de vous marier, sans avertir les membres de votre famille ?

Ce n’est pas que je me sois mariée sans les avertir, le principal problème de cette histoire est lié à un problème de caste. Les membres de ma famille s’appesantissent trop sur des problèmes de castes, du genre : tel est un «gnégno» (casté) ou «Guer» (noble) etc. J’ai deux grandes sœurs, l’une a été mariée une fois, elle a divorcé, elle ne s’est toujours pas remariée, alors qu’elle a la trentaine. Souvent, je dis à ma mère que je ne crois pas aux histoires de castes. Parce que nous sommes au 21e siècle et ces histoires de castes sont révolues. Le vrai problème, c’est ça.



Qui d’entre vous deux porte l’étiquette de «casté»

Je préfère ne pas entrer dans ce sujet, parce que ces concepts n’existent pas pour moi. Je ne connais qu’une seule chose : une personne avec qui je partage la même confrérie, la même religion. Je ne comprends pas la raison de la médiatisation de notre mariage. Je ne sais pas pourquoi ça tombe sur moi. Parce qu’il y a une de mes amies qui m’a appelée pour me dire, qu’elle a lu les commentaires sur Seneweb, je lui ai dit que seul Dieu est juge. Je lui ai dit : «Je pardonne à tout le monde, ceux qui racontent des médisances ou de bonnes choses sur moi. » Jusqu’à preuve du contraire, je n’ai rien fait de mal. Mes parents, je les adore et les respecte. Ils ont toujours la place qu’ils avaient dans mon, cœur et je continuerai à m’occuper d’eux comme je le faisais avant. Il ne faut pas que les gens pensent que je vais me tirailler avec eux ou leur manquer de respect. Jamais ! Je me suis mariée et je compte mourir dans ce ménage. Ce n’est pas parce qu’il y a des tiraillements que je vais abandonner ce mariage. Je dois en Serigne Saliou Mbacké et il avait dit et posé des actes que tout le monde a vus. Il y a les archives, les vidéos qui sont là et seules les personnes qui ne veulent pas voir ne voient pas. Quand on vous montre la lune et que vous ne voulez pas voir, personne n’y peut rien.



Que dites-vous à votre famille qui parle de kidnapping ?

(Elle sourit) Je ne suis pas kidnappée et je me veux très claire. Parce qu’une personne victime de kidnapping n’a pas le loisir de vous parler comme je le fais en ce moment. C’est vrai que des membres de ma famille sont venus dire au Cheikh qu’ils voulaient me ramener à la maison et le Cheikh était prêt à me laisser partir. Il disait qu’il allait discuter avec moi et que j’allais retourner sous peu chez mes parents. Quand le marabout m’en a parlé, c’est moi qui ai refusé de retourner chez moi. Je reste ici, voilà.

Comment avez-vous réagi quand votre mère a pleuré, implorant le Cheikh de vous laisser partir ?

C’est vrai que j’ai vu ma mère pleurer…Je suis tellement attachée à elle que je ne veux pas la voir pleurer. Mais quand vous recherchez la grâce divine, il faut s’armer de courage pour tout affronter. Parce que je crois en Serigne Saliou et le temps est meilleur juge. Tout finira dans l’ordre. J’y crois fermement, je suis sûre et certaine que l’histoire me donnera raison, Je sais sur quoi je me suis engagée. Je ne sais pas comment ils peuvent penser que je n’ai plus ma tête avec moi, qu’on m’a fait boire une potion pour m’ensorceler. Si vraiment le Cheikh avait la possibilité d’ensorceler tout le monde, ils n’ont qu’à aller chercher un autre marabout pour faire en sorte que je retourne à la maison. C’est ça, au fait. (Elle désigne des personnes présentes dans la salle au moment de l’interview.) Ces cadres d’entreprise, ces ingénieurs, ces gens-là, on ne peut pas dire qu’ils ont été ensorcelés. Et même les gens disent que les disciples qui sont aux Etats-Unis out été ensorcelés par le marabout… Le Cheikh doit avoir une main bénie pour aller dans des pays comme la Chine, les Etats-Unis ensorceler les gens.

Cela vous a pesé quand même de voir votre mère pleurer devant le Cheikh…

Je suis une personne normale, quand même. Je ne suis pas venue ex-nihilo au monde. Ma mère a tout fait pour moi, elle m’a portée, élevée, chérie, pouponnée. Quand je l’ai vue pleurer, cela m’a fait mal. Mais, quand j’agis dans ma vie, je n’aime pas perdre le contrôle de la situation. Et c’est pour anticiper sur les conséquences futures. Parfois, un individu peut être confronté à des épreuves pénibles, mais il suffit d’une journée pour que tout rentre dans l’ordre. On dit souvent que Dieu aime les endurants. Cela nous renvoie à l’histoire du prophète Ibrahim, quand il est resté longtemps sans avoir de fils et quand Dieu le lui a donné, il n’en croyait pas ses yeux. Il le chérirait tellement qu’il en a oublié Dieu. Pourtant Dieu lui a demandé par la suite de l’égorger dans le seul but qu’il se rappelle de Lui, son Seigneur. Mais comme Dieu n’est pas injuste, quand il a voulu sacrifier l’enfant, Dieu a mis un bélier à la place de son fils. Donc, les choses peuvent être difficiles, mais il faut croire en ce que l’on est. Après, Dieu sera le seul Maître qui va juger et il sera toujours du côté des justes. C’est aujourd’hui que j’ai plus de respect de considération pour ma mère, mon père, mes frères et sœurs.

Est-ce que ce mariage ne risque pas d’entacher le lien avec votre famille ?

Non. Je suis sûre et certaine que c’est juste une mauvaise passe. Je considère que c’est une étape de ma vie que je vais bientôt dépasser. J’en suis convaincue.

Sur quoi vous vous fondez pour dire cela ?

Je ne me fonde que sur ma croyance en Serigne Saliou et je compte sur lui sur ma vie terrestre et dans l’au-delà.

Votre père est fonctionnaire international et il a été très choqué par ce mariage. Avez-vous essayé d’entrer en contact avec lui ?

Je ne vais pas entrer dans les détails, parce qu’il est fonctionnaire international et les nouvelles vont vite à travers le monde. Je le respecte trop pour éviter de le mêler à cette histoire. Actuellement, le mariage a fait grand bruit à cause des médias et je ne vous cache pas que j’ai peur des médias. C’est vrai que mon père a écrit un message, mais je le comprends. Parce que j’ai une place de choix dans son cœur. Je sais ce qu’il pense de moi et je lui demande pardon à travers cet entretien. A cet instant précis, je suis guidé par ma foi, lui me comprendra parce que c’est un homme pieux, qui croit en Dieu. Je suis guidée par ma foi. Cheikh Béthio est un homme pieux, qui croit en Dieu. Et je suis sûre qu’au fond de lui, il se dit que toute cette histoire résulte de la volonté divine.

Mais est-ce que ce n’est pas votre position de 7e épouse qui dérange votre famille ?

(Elle rigole) Il y a des femmes qui sont 50e épouse, ce n’est rien ça. C’est juste que le Cheikh, c’est l’arbre qui cache la forêt. C’est quelqu’un qui a bon dos. Si vous allez chez les autres chefs religieux, vous verrez qu’ils ont plus de sept épouses et souvent le nombre dépasse la trentaine. Le problème est que le Cheikh, lui, ne se cache pas quand, il agit. C’est cela sa particularité par rapport aux autres. Il fait et dit ce qu’il sent, n’en déplaise à ses détracteurs. Il peut se lever demain et dire qu’il a pris une huitième femme et même une neuvième jusqu’à cent femmes. Cela n’engage que lui. Car, il assume toujours ses actes et ne s’en cache pas. Je ne regrette rien. J’ai agi par conviction C’est ma foi qui m’a poussé vers le Cheikh. Le rang n’a pas d’importance, ce n’est pas l’être humain qui choisit, mais Dieu. L’important, c’est ce que l’on a dans le cœur et ce que l’on croit.

Comment le Cheikh a-t-il fait pour vous choisir parmi tant d’autres disciples ?

C’est une très bonne question. Mais je ne saurai y répondre. Je ne sais pas. Demandez aux autres. Je ne suis jamais allée à Khelcom et je suis juste une fois venue à Médinatou Salam. Quand il y a une «Ziarra», je donne juste ma participation au Dieuwrigne (Ibrahima Diagne).

Cela veut dire que vous n’avez vu le Cheikh que le jour où vous avez fait acte d’allégeance à lui ?

Non ! Nous nous sommes revus après et nous avons discuté. Mais, c’est quelque chose qui devait arriver et c’est arrivé. On ne commande pas les sentiments et on ne choisit pas qui on n’aime. C’est un coup de foudre et l’on n’y peut rien.

Votre famille serait prête à engager un combat juridique pour que vous reveniez à la maison.

(Bocoum, lui chef d’entreprise, fidèle parmi les fidèles du Cheikh, intervient pendant presque 08 minutes pour expliquer qu’il n’y a aucun risque par rapport à cela)

Etes-vous prêt à passer le restant de vos jours auprès du Cheikh ?

Bien sûr ! Je veux mourir auprès de Cheikh Béthio Thioune.

Votre famille compte pourtant poursuivre le combat sur le terrain judiciaire pour votre retour. Serez-vous tentée de leur dire d’arrêter tout cela ?

Oui ! Si cela ne tenait qu’à moi, ils n’intenteraient pas une action judiciaire car ils ont toujours été contre tout règlement de conflit au tribunal. Ma famille n’a jamais aimé être au devant de la scène. S’ils décident de le faire, c’est leur choix à eux. Ce n’est pas à moi de leur dire de faire ceci ou cela. C’est eux qui prennent leurs décisions.

Ne pensez-vous pas que cette décision d’intenter une action en justice n’est juste qu’un recours désespéré, une sorte de menace pour vous persuader de regagner le domicile familial ?

Cela aurait été une menace si j’avais senti que je n’étais pas dans mon droit. Je suis majeure et vaccinée. Je ne sais pas sur quelle base ils vont intenter une action judiciaire, mais j’ai, au moins, décidé d’unir ma vie à celle du Cheikh en âme e a conscience, en toute lucidité. Contrairement à eux qui pensent que j’ai été maraboutée. Là, je leur dirai que le marabout doit être super puissant. (Elle rigole) Je suis à Dakar et lui à Mbour, il doit donc avoir de bien longs bras (sic). Le Cheikh doit être vraiment fort pour atteindre mystiquement tous ces talibés.

Pour revenir à vous, qui est Adja Déthié Pène ?

Je suis Adja Déthié Pène, mais j’aime qu’on m’appelle Adja Saliou. Un surnom que le Cheikh adore et depuis lors, on m’appelle ainsi. Je suis née à Dakar et j’ai effectué mon cursus universitaire à l’Ugb (Université Gaston Berger) de Saint-Louis. J’ai fait Mathématiques appliqués et informatique. Par la suite, j’ai fait un Dess en Informatique. Aujourd’hui, je suis ingénieur en informatique et je travaille à Dakar. A part cela, je suis Adja Saliou, un nom que j’aime bien.

Comptez-vous retourner à votre poste à Dakar ou souhaitez-vous devenir femme au foyer ?

Je ne sais pas encore. Mais, j’aimerais bien rester femme au foyer.

Comptez-vous aller présenter vos excuses à votre famille ?

Bien sûr ! Le moment venu, je le ferai.



Quand comptez-vous le faire ?

Je ne sais pas encore. Dieu peut me dicter de le faire aujourd’hui ou plus tard. Ou ne sait jamais. Je salue mes parents et je leur demande encore pardon à genoux. Ils me manquent beaucoup. Ceci n’est rien et les choses vont bientôt s’arranger. Je ne me plains pas et je ne me suis jamais plainte. J’accomplis juste mon devoir envers Dieu et je sais qu’Il me réserve de très très bonnes surprises. Mes parents m’en veulent, mais l’avenir nous éclairera. Ils verront que j’ai fait un bon choix.

CHEIKH BETHIO THIOUNE «Je n’ai pas besoin de kidnapper une fille pour l’épouser»

Cheikh Béthio Thioune n’est pas content du procès médiatique que la famille Pène lui a fait dans le journal L’Observateur (N°2572 du mardi 17 avril 2012). Hier, le guide des « Thiantacounes» a récit à sa demande notre journal à ¬Madinatou Salam (Wbour) pour apporter la réplique. «Je ne reproche rien aux journalistes qui n’ont fait que traduire l’expression de la famille (Pène). Mais, je tiens à préciser que c’est ridicule de parler de kidnapping. Je n’ai pas besoin de kidnapper une femme pour l’épouser. Je pouvais en prendre chaque jour une centaine. Donc, je n’ai vraiment pas besoin de cela. »

Le ton serein, l’humour badine, Cheikh Béthio Thioune, entouré de quatre de ses 7 épouses et très conciliant dans son grand boubou immaculé qui descend sur des babouches de la même couleur, ajoute : «Je comprends que cette famille ne veuille pas accepter mon mariage avec leur fille pour des problèmes de caste. Ce qu’ils n’ont pas dit d’ailleurs dans leur interview, parce qu’ils savent que la société va leur tomber dessus s’ils évoquent le sujet publiquement. Je comprends le fait de vouloir dissimiler le principal problème de tout ce bruit autour de notre mariage, mais delà à parler de kidnapping, je pense que c’est trop. C’est une atteinte à mon honorabilité. D’ailleurs, si ce n’était pas ma belle-famille, j’allais portez plainte, » Cheikh Béthio, qui ne fait pas face pour la première fois à un mariage controversé, a tenu à rappeler les péripéties qui ont jalonné ses épousailles avec sa deuxième femme Sokhna Aïcha Kane. «Cette femme qui est là, dit-il en indexant Sokhna Aïcha Kane, les gens ont dit du n’importe quoi sur notre mariage. Elle est une Torodo (noble), Toucouleur et moi un griot. Et quand je l’ai épousée en 1980 à Kaolack les gens; disaient que je l’avais maraboutée parce que c’était inconcevable qu’un homme «casté» épouse une femme noble. Il y a même des gens qui sont ailés jusqu’à jurer que notre mariage ne durerait pas 2 mois. Aujourd’hui, nous sommes presque à 33 années de mariage. Elle est infirmière d’Etat de formation et aujourd’hui je l’ai envoyée à l’Assemblée nationale où elle siège comme députée du peuple. Les gens vont continuer à me critiquer, me calomnier, mais je tiens juste à leur dire qu’on ne peut pas arrêter la mer avec ses bras et tout ce que je fais est légal aux yeux de l’Islam. »



SOURCE : L’OBS NDEYE FATOU SECK & PAPE SAMBARE NDOUR